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 On recrute!

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Nelly Watts

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Messages : 22
Date d'inscription : 03/02/2016

MessageSujet: Re: On recrute!   Ven 31 Mar - 14:19

Le règlement de la PTE était strict : ne pas intervenir sur son passé. Heureusement, des exceptions existaient. Puisqu’il était LE Commander, Lescot n’allait pas se gêner. La perte d’agents était, hélas, récurrente, un fait dont on se serait bien passé mais incontournable… ou presque. Ce ne fut pourtant pas le décès de Jim Davies qui motiva Lescot quand il accepta que son lieutenant favori retourne réparer une cata. Les implications de la fuite du Tsar étaient beaucoup trop lourdes pour devoir l’éviter à tout prix. Nell Watts fut très consciente de la « faveur » accordée en retournant provoquer certaines choses, et en éviter d’autres. Se prévenir n’était pas donné tous les jours !
La mission remplie en compagnie des nouvelles recrues lui donna beaucoup à penser. D’abord, elle fut convaincue que ces 3 futurs agents seraient à la hauteur. Puis, une autre opinion se confirma : Davies était réellement quelqu’un de… pas correct pour ne pas dire merdique.  Bon, elle pouvait comprendre qu’il batte froid à l’équipe de sauvetage car son intervention signait un échec ; son second voire son 3ème en une année.  De ce fait, il pouvait faire une croix sur une belle promotion. Cependant, son attitude se révéla si… déplorable que Nell se trouva mal prise. Devait-elle le signaler ou passer outre ? Elle préféra attendre te voir car personne n’aime les balances. Pas qu’elle ait particulièrement envie d’être « aimée », elle désirait surtout provoquer le respect, la confiance. Déjà qu’on l’appelait « chouchou » dans son dos en la croyant encore nulle en télépathie...
Bref, Nell se tut tout en gardant Davies à l’œil. Sauf qu’elle ne pouvait exercer une surveillance 24h sur 24. En plus, le boulot ne manquait malheureusement pas, dommage !
Sous prétexte qu’il lui fallait du repos après le choc de sa « mort », Davies fut affecté à la formation des nouveaux. Parmi elles, ceux qui avaient participé à sa récupération.
 
*Ils vont en baver… Pauvre Emilia !*
 
Les garçons aussi allaient déguster mais Nell préféra ne pas y penser. Ce Clayton… Dieu qu’il l’énervait ce gars ! Il lui avait fallu beaucoup de self-control pour ne pas le fustiger verbalement après ses attaques répétitives chez Warrington. À croire que ce gars lui en voulait personnellement !  Oh, il s’était excusé, mais un malaise persistait. D’ailleurs, ce qu’elle avait surpris dans cette tête la laissait… songeuse.
 
*Mélange de rancœur et de tendresse… Pourquoi ? Il est cinglé, et puis c’est tout !*
 
On devait l’être pour accepter les conditions d’enrôlement, non ?  
Que sa cousine les agrée, ces conditions, ne manquait pas de piment. Après tout, peut-être qu’Emilia avait mûri ? Néanmoins, Nell n’eut que peu d’occasion de croiser les recrues. Pourtant, lors de ces brèves rencontre, elle put juger de la résistance physique des uns, de l’étrange cruauté d’un autre.
Elle n’était que lieutenant, Davies son supérieur. Elle dut mordre sur sa chique pour ne pas le réprimander ouvertement sur ses méthodes peu pédagogiques.  L’unique chose possible à faire fut d’arrêter le massacre.
Toutes les semaines, un petit comité supervisé par le haut commandement évaluait les progrès ou régression des recrues. Cette fois, Nell put se retenir de l’ouvrir. Jim était justement en train de saquer Brown, Clayton et Clairborne :
 
Je suis extrêmement déçu par ces nullités ! Sans l’hypnos, ce seraient des canules finies. Point de vue physique, ils ne tiennent pas la route. Je n’ose imaginer ce qu’ils donneraient dans une mission véritable.
 
Sans doute pas pire que lors de notre dernière en commun ! riposta Nell. Si je me souviens bien, tu leur dois la vie, non ?
 
Merci de le rappeler ! Si tu avais fait les relevés comme ils l’auraient dû…
 
Ben voyons, c’est de ma faute, maintenant ? Tu oublies que c’est toi qui devais t’en charger ! *Mais t’étais trop occupé à regarder ton nombril de fat !*
 
Ouille ! Lescot avait lu cette pensée très irrévérencieuse. Elle le sut immédiatement mais fut gré au commander de ne pas en faire état. Celui-là, question télépathie, c’était le pro du pro.  
 
Allons, se contenta de grommeler Lescot, nous ne sommes pas dans une cour de récréation de maternelle. Cessez ces gamineries. Vous, Davies, jugez donc ce trio nul et non avenu. Vous, Watts, pensez le contraire. J’ai vu les bilans, je sais donc à quoi m’en tenir. La période de probation arrive à son terme. Personnellement, je n’ai relevé que du positif. Bien sûr, certaines capacités doivent encore être exploitées avant l’examen final.
 
Commander, avec tout mon respect, je ne comprends pas pourquoi tant d’intérêt pour ces gens. Le lieutenant Watts plaide pour sa chapelle, soit. Clairborne est sa cousine. Et, hormis le fait que tous ont fricoté avec votre aïeul, ce favoritisme est… aberrant ! 
 
Un sourire, très furtif, joua sur les lèvres fines de Lescot. Il ne se départit pas de son calme légendaire et ne riposta pas à cette attaque à peine voilée. Simplement, il déclara en refermant ses écrans :
 
La séance est close. Bilan hebdomadaire maintenu. Bonne semaine à tous.  
 Si Nell fulmina intérieurement, rien dans son attitude ne transparut. Elle avait au moins appris cela à la PTE : devenir un mur… parfois. Son co-équipier actuel était une jeune femme issue de la Grèce antique. Nell l’aimait bien ; elles s’entendaient à merveille au boulot, de plus Anthéa possédait un raffinement et un humour incomparable. Cerise sur le gâteau, son esprit affûté captait bien des choses que Nell – plus terre à terre – n’entrevoyait même pas.  
Leur mission sur le terrain dura plus de six mois. S’assurer qu’Hannibal franchisse bien les Alpes ne fut pas de tout repos, loin de là. Vive la cure de jouvence au retour ! Les patrouilleuses claquées, moulues de longues traversées s’en trouvèrent revigorées. Au camp d’entraînement, seulement quelques jours s’étaient écoulés depuis leur départ. Bien sûr, une fois d’aplomb, Nell s’enquit immédiatement de l’équipe qui tenait au cœur du commander. Avec Anthéa, elle avait discuté du cas de ces gens et des appréhensions de Jim à leur égard. La sagesse de l’hellène parla :
 

Il ne les aime pas. J’ai ma petite idée quant au pourquoi.
 
Éclaire-moi, s’il te plait.
 
Sans ambages, la grande jeune femme blonde dit :  
 
Jim a plus qu’un faible pour toi.
 
C’est pas un scoop ! rit un peu jaune Nell. Au moins, depuis la Russie, il me fout la paix… quoique, tout compte fait, c’est vrai que j’ai encore droit à ses yeux de merlan frit. Remarque que je ne vois toujours pas de rapport avec l’animosité dont il fait preuve vis-à-vis de ceux du 21ème.…
 

Clayton est mignon, n’est-ce pas ?
 
Nell tomba des nues. Voilà bien une question qu’elle ne s’était pas posée.
 

Euh… il est assez bien proportionné, oui, hésita-t-elle.
 

 En tout cas, moi je suis certaine que tu ne lui es pas indifférente.
 
Dans un haussement d’épaules agacé, Nell se hérissa :
 
Tu as raison ! Ce gars ne sait pas me blairer, et c’est réciproque ! Tu n’étais pas chez Warrington pour en juger. Il m’a sorti de ces trucs mordants, je te dis pas !
 
Qui aime bien, châtie bien… Jim déteste Dave parce qu’il sent un rival potentiel.

 
Nell remisa le dérangement de ces paroles en contrant :   
 
Et Brown alors ? Ne me dis pas que ce type a aussi le béguin pour moi ou je te fais illico passer le bilan psycho.
 
La Grecque égrena son rire perlé :
 
Non ! Lui, c’est autre chose. Cela ressemble plus à une aversion, une opposition de caractère.  
 
Anthéa se trompant rarement, Nell devint encore plus soupçonneuse envers Davies. Elle commença à éplucher soigneusement ses rapports, y relevant chaque anomalie en comparant ses conclusions avec les faits avérés par les vidéos de surveillance. Plusieurs bizarreries devinrent criantes : Davies mentait et falsifiait des dossiers. Bien qu’encore un peu novice en hiérarchie, Nell savait qu’avant de convoquer un jury incriminant les agissements de Jim, il lui faudrait plus que ces preuves indirectes. En parler au commander était tentant, sauf qu’on la gratifierait davantage du qualificatif de manche à balle.  Ne restait qu’une solution : le flagrant délit. 
 
Une preuve supplémentaire apparut lorsque Brown fut presque aplati par un taré que l’on tentait de soigner. On l’avait fait sortir en manipulant les données informatiques de l’unité psy. Pour Nell, le responsable ne pouvait qu’être Davies. Mais ce dernier couvrait bien ses arrières, à moins qu’ils ne soient plusieurs dans le coup.
 
Zut ! Alors que Nell espérait pouvoir resserrer sa surveillance, ne voilà-t-il pas qu’un nouvel ordre de mission lui échut. Aussitôt l’info reçue, elle se méfia. Certes, le message portait les signatures adéquates, mais vu les faits antérieurs…
Remisant ses appréhensions, en bon lieutenant, Nell obéit.
Avec Anthéa, elle se plongea en pleine invasion de l’Angleterre par les vikings qu’elles devaient soutenir mais point trop. Une veine que ce peuple dit barbare accorde la parole aux femmes, sinon elles auraient échoué. Les retours de mission étaient systématiquement orchestrés afin éviter de trop grands décalages avec le départ ; jamais plus de deux journées d’écart. Pourquoi pas deux minutes ? Jugeait-on nécessaire de marquer une légère transition ? Nell ne savait pas. Cependant, cette fois, il lui sembla primordial de modifier la donne.  
 
Théa, ne me demande pas pourquoi. Disons que c’est une intuition : faut qu’on rentre comme on est parties, plus tôt que prévu en tout cas.
 
Sans poser de questions, la Grecque ne s’opposa pas au trafic des réglages du sauteur.
Saleté de sécurité ! Un blocage qu’ignorait Nell devait exister sur les engins. Malgré les nouvelles coordonnées temporelles, les filles revinrent plus tard que ce qu’elles espéraient.
 
Bah ! Une journée. Rien de dramatique, dit-elle en vérifiant le chrono une fois posée au hangar de réception.
 
L’endroit était désert. On ne les attendait évidemment pas vu le changement de timing.  
 
Chic ! Pas de débriefing  immédiat en vue. On peut y aller. Soyons discrètes, Théa !
 
En une seule journée d’absence, ce serait bien le diable qu’il se soit passé quelque chose. Et pourtant ! Lisant avidement les rapports tout en absorbant une potion régénératrice, Nell faillit s’étrangler :
 
C’est pas vrai ! Ils sont en cabane, les six sans exception. On les a mis au secret sous prétexte de… NDD, sabotage ? À quoi on joue, là ? Anthéa, faut faire vite. Il se trame des trucs que je ne pige pas. Vérifie les raisons de l’arrestation, moi je file aux nouvelles au sous-sol.
 
Le dédale des couloirs ne gêna pas le lieutenant qui, sans trop savoir pourquoi, se sentait énervée. Quelques signes l’alertèrent aux passages. Bien qu’elle ne connaisse pas exactement les dispositions prises pour un isolement, les lieux traversés lui parurent anormalement… calme. Quand elle découvrit deux gardes profondément endormis, sa cote d’alerte vira au rouge. Devait-elle signaler ce fait ? Après tout, elle n’avait pas à se trouver là… Passant outre, elle progressa jusqu’à ouïr des lamentations incontournables :
 
*Emilia ? Pour pleurnicher ainsi, ce ne peut-être qu’elle.*
 
Étrange… Entendait-elle de ses oreilles ou de sa tête ? En tout cas, on l’appelait.  Peu après, elle franchit le couloir des cellules. Elle ne connut aucun obstacle ni difficultés à trouver sa cousine larmoyante. Signalée par un écossais qu’elle négligea, elle ne s’occupa que d’Emilia :
 
Hey ! Je suis là !... Je t’ai entendue. On n’entend que toi ici. Tous roupillent !  
 
… on est vraiment dans un beau merdier!
 
Les serrures ne résistèrent pas au laser du lieutenant à qui on détailla les événements récents pour peu que les prisonniers s’en souviennent. Le Japonais et la Persane ne furent d’aucune secours puisque plongés dans une léthargie suspecte tandis que – selon Emilia – Brown et Clayton s’étaient échappés en se comportant comme des robots.
 
Ils sont probablement sous suggestion hypnotique ! s’alarma Nell. « On » veut leur faire faire quelque chose, quelque chose de grave, de lourd… non, Emilia, je n’en ai aucune idée. Ils sont partis depuis combien de temps ?...

 
Dix petites minutes, une paille ou une éternité.  
 
Théa ? Théa tu m’entends ?
 
Via son micro-oreillette, Nell espéra un contact qui ne vint pas. Pestant, elle se dirigea vers le premier terminal à portée, prête à déclencher l’alerte quand elle se ravisa :  
 
Faut se méfier de ces bidules : ils sont tous connectés entre eux. Tous nos mouvements peuvent être épiés. J’ignore qui est derrière tout ça mais prudence est mère de sureté. On va se rendre invisible. Ton cou, Emilia…
 
L’ensemble des patrouilleurs, quel que soit leur niveau d’accréditation, était pucé. Nell ne s’en souvenait pas mais elle l’avait déjà été avant son ralliement. Détruire le traceur était indispensable à la suite de l’opération de discrétion.  D’un bref coup de laser dans son propre cou, Nell montra l’exemple. On ne ressentait qu’une pincette à laquelle se soumirent bon gré mal gré Duncan et Emilia. Maintenant, il fallait localiser les fugitifs. Les identifiants furent repérés via la tablette d’un des gardes assommé. La traque débuta au pas de course.  Le dédale de galeries et étages s’enfilèrent en un rien de temps mais, au 4ème niveau, le lieutenant freina ses comparses :
 
La topographie m’apparaît clairement maintenant : ils se dirigent droit vers les quartiers privés de… du Commander. Je sais où c’est exactement. On peut devancer les robots que sont devenus Clayton et Brown par divers raccourcis qui n’apparaissent pas sur ces plans mais qui m’ont été confiés par Lescot. Suivez-moi !
 
La porte visée se dessina bientôt devant eux. Pas âme qui vive ne hantait ce couloir. Emilia émit une remarque très sensée qui fit frémir sa cousine :
 

… j’espère vraiment qu’on arrive avant eux mais tu as raison : vérifions.  
 
Les portes des cellules-habitats des dignitaires ne possédaient pas de bouton-sonnette ni de heurtoir, encore moins de serrure. Un dispositif de reconnaissance de l’iris permettait l’ouverture au propriétaire. Pour les visiteurs, un autre système mêlant empreintes digitales et télépathie était incorporé à côté de l’entrée. Sans hésiter, Nell l’utilisa. Posant la main sur le socle prévu, elle énonça mentalement :
 
Commander, désolée du dérangement. On a une effraction de niveau 7. Demande permission d’entrer.
 
Le panneau coulissa, les quatre pénétrèrent l’antre de Lescot.
La première fois qu’elle y était venue, Nell avait été un peu… choquée. Elle ne s’attendait pas du tout à un tel décor, un tel « musée ». Pour être conservateur, collectionneur, le Commander l’était.
Il s’agissait de la caverne d’Ali baba idéale pour antiquaires. Où que se pose le regard, les étagères, tables, vitrines regorgeaient d’objets de tous âges et civilisations. Mais ni Nell ni ses comparses n’étaient pas là pour faire l’inventaire des trésors du Commander. Délaissant ces admirables reliques, Nell s’adressa directement à leur hôte planté solidement, bras croisés, en attente sévère, au centre d’un magnifique tapis millénaire d’Orient :
 
Permettez-moi de passer outre le protocole, Monsieur. Nous avons de sérieuses raisons de penser qu’en ce moment deux prisonniers – Clayton et Brown – se dirigent ici.
 
Lescot fronça à peine les sourcils. Il ne semblait pas inquiet, à peine contrarié :
 
Clayton et Brown… ? Beau duo. Que faisaient-ils en détention ? En général, je suis au courant, mais…
 
Il semblerait que plusieurs interdits aient été levés. Ils seraient en outre responsables d’un sabotage, mais ce qui est certain est qu’ils sont sous hypnose subliminale.
 
Duncan crut utile de préciser :
 
On aurait dit des somnambules. Ils ne répondaient à rien…
 
Emilia en ajouta une couche. Lescot s’abîma en réflexions à haute voix :
 
Que signifie cela selon vous Watts ? « On »les dirige vers moi dans quel but ? M’éliminer ? Me faire révéler des codes secrets ?
 
Je… nous n’en savons rien. Nous vous rapportons les faits en vrac, et espérons votre soutien pour contrer toute malveillance.
 
Discrètement, Emilia avait rejoint la porte coulissante, y observant la caméra externe. Elle intervint soudain, annonçant des mouvements en approche. Nell se raidit, attendant les ordres.
À la vitesse grand V un plan s’échafauda. Tous se planquèrent comme voulu par le Commander.
Avant de gagner sa position entre une statue d’Anubis et des vases canopes, Watts voulut préciser les rôles :
 
On laisse parler – pour peu qu’ils le fassent -  mais si menace à votre vie, on paralyse. C’est bien ce que vous désirez, Commander ?
 
Tous en piste. Duncan se coinça entre des étagères supportant des petits coffrets ciselés du 17ème tandis qu’Emilia se retrouva entourée de momies de chat égyptiens.  Lescot resta sur le tapis de soie.  
Par quelle magie Brown déjoua-t-il la sécurité ? Son futur sondage de cerveau apporterait la solution. En attendant, les verrous sautèrent et, bientôt, deux semi-zombies confrontèrent le maître de céans. Aux armes qu’ils braquaient sur lui, nul ne douta des intentions malveillantes des sujets.
Brusquement, la lumière s’éteignit.

 
Dans le mugissement des sonneries d’alarme, Nell enfonça l’opérateur vocal. Sa voix énervée retentit tout azimut :
 
Ici le lieutenant Watts. Alerte générale. Le commander Lescot a été assassiné, je répète : le commander est mort. Les auteurs ont été désintégrés. J’attends instructions.
 
Dans une salle blindée en sous-sol, ce fut une explosion de joie. Les conspirateurs se congratulèrent les uns les autres puis, très vite, le barbu brun joua des commandes de communication :
 

Ici, le commander en second – Aaron Dexter. Lieutenant Watts, on vous situe actuellement dans la suite du commander Lescot. Restez sur place, une équipe est en route. Ne touchez à rien. Par le canal 635 faites votre rapport sur-le-champ.
 
Pendant qu’elle s’exécutait, diverses choses se mirent en place. Les ordres déjà prévus fusèrent. Malgré son intense satisfaction, Dexter n’était pas comblé :
 
Que fichait Watts chez Lescot ? Ce n’était pas dans le programme. Davies, vous ne l’aviez pas expédiée en Angleterre ?
 
Jim était aussi contrarié que les autres. Nell n’aurait pas dû être là. Tant pis ou tant mieux car selon ce qui s’inscrivait aux écrans du canal 635, elle avait abattu les assassins. Savoir qu’elle avait réduit en cendre les honnis était plus réjouissant que le reste.
 
Elle ne posera pas de problème dès le nouveau régime en place. Je la soumettrai au besoin.
 
Tous nos arrières sont couverts. Nous pouvons, dès à présent, prendre le pouvoir comme convenu. Félicitation, colonel Davies ! Commander en second Torelli, à votre santé, ainsi qu’à la vôtre, général Pendjabi.
 
On trinqua puis se composa des têtes de circonstance dramatique pour une diffusion instantanée sur les ondes.
Pour faire court, cela donna ceci : on déplorait la perte du Commander Lescot abattu par des traîtres sous-évalués par Lescot lui-même. Un nouvel ordre était en instauration, qu’on se le dise !
Promotions et déchéances se succédèrent à un rythme effréné. En quelques jours, la PTE changea complètement de visage. À aucun moment, Nell ne fut inquiétée d’avoir trempé dans le complot contre Lescot ; Jim y veilla. Cependant, ces changements radicaux interpelèrent certains patrouilleurs. Si nul n’avait contesté l’ascension de Dexter au poste suprême, ses méthodes, elles, ne glissaient pas. En effet, les missions avaient changé d’objectif du tout au tout. Bien sûr, on continuait à préserver la ligne temporelle mais, et surtout,  les voyageurs devaient impérativement rapporter divers objets, de ceux devenus rares voire disparus au fil des siècles. Ce, pour le seul bénéfice du staff de dirigeants, Dexter en tête. Si d’aucuns osèrent critiquer, ils furent « reconditionnés » à coup de séance d’Hypnos.
Enfin, il y eut la grande cérémonie destinée à honorer la mémoire du commander Lescot et introniser officiellement Dexter dans ses fonctions.  Histoire de relâcher les tensions, il fut souhaité d’adopter la tenue vestimentaire de son choix si bien que l’ensemble ressembla à un bal masqué déjanté. Des romains côtoyaient des préhistoriques accompagnés de belles en belle-époque : un vrai cirque. Il va sans dire que Dexter se transforma en César à la barbe frisée pour la circonstance. Une fois n’est pas coutume, un immense banquet était offert. Les tables croulaient sous les piles de mets succulents d’un autre âge à la saveur inconnue pour la majorité des participants. L’ambiance était bon enfant quoiqu’un fond de retenue persistât. Pour calmer les esprits et montrer l’exemple, César – une coupe d’argent en main- monta sur l’estrade où un siège ressemblant étrangement à un trône antique attendait son postérieur. Par le dispositif d’amplification, sa voix s’éleva :
 
Chers tous, fêtons ensemble cette aube nouvelle. Si notre travail initial reste prioritaire, pourquoi n’en tirerions-nous pas de profitables avantages ? Les délices de ce soir ne sont que les prémisses à notre fortune future. Trinquons, goinfrons-nous sans retenue ! À notre futur !
 
Il leva sa coupe, s’attendant à ce que la clape prévue prenne le relai mais, curieusement, il n’y eut aucun écho à son invitation.  Par contre, aux accents graves, une voix très connue retentit :
 
Commander Dexter, vous êtes en état d’arrestation pour crime de haute trahison !
 
La foule s’anima, incrédule. S’avançant dans son uniforme de dignitaire caractérisé par sa chevelure blanche, le Commander Lescot fendit les rangs. Les gardes du corps de Dexter furent désarmés dans la foulée par les fidèles à l’ancien régime. Sur un écran géant apparurent les vidéos d’une certaine attaque. Figée, l’assistance vi ce que Lescot commenta :
 

Il y a une semaine, deux individus – des nouvelles recrues – se sont introduites frauduleusement dans mes quartiers afin de m’éliminer. Trois courageux patrouilleurs vinrent à mon secours. Ils ont paralysés les assassins malgré eux. J’insiste sur ce point : malgré eux ! Ils étaient télécommandés via l’Hypnos trafiqué.  Les manipulations ont été authentifiées par des spécialistes qualifiés autant que fidèles. Une semaine a été nécessaire à la déprogrammation induite par vous, Dexter, accoquiné avec Torelli, Pendjabi et Davies. Inutile de nier, les preuves sont réunies.  Gardes, emparez-vous d’eux.
 
La belle fête de Dexter devint cauchemar pour lui. Après le tumulte des révélations vint la liesse. Dans le fond, tous étaient soulagés par la tournure des événements. La fête reprit quasi comme si rien.  Nell en costume d’amazone rejoignit ses amis du 21ème siècle :
 
Tu vas bien, Emilia ? Ça n’a pas été trop dur ce pseudo internement ? Et vous, vous allez tous bien ?
 
Tiens Brown avait un poing en sang, et Davies encadré par deux agents portait un beau cocard… peut-être plus d’un d’ailleurs.
Oui, sa cousine se portait bien. Durant cette longue semaine, elles n’avaient eu que de très rares contacts afin d’éviter d’éventer l’astuce. Emilia avait sagement suivi les consignes en acceptant un emprisonnement plus que factice, jouant les agents de liaison avec brio. Clayton et Brown avaient été hospitalisés en secret, et avaient doucement repris leurs esprits. Lescot avait blousé tout le monde en présentant à l’équipe d’expert… un clone parfait de sa personne. Tout était-il bien pour autant ? Le regard de Clayton posé sur elle lui donnait des frissons…
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