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 Plan B ou comment recomposer le monde

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Emilia Clairborne-Watts

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Messages : 9
Date d'inscription : 12/11/2016

MessageSujet: Re: Plan B ou comment recomposer le monde   Jeu 21 Sep - 19:00

Adieu l'aventure, bonjour la normalité! Les joies du retour!

*Ouais...vive l'eau chaude, le savon et un bon lit!...Tu deviens basique et banale, ma pauvre fille!*

Emilia cessa brusquement le consciencieux brossage de ses cheveux sentant enfin le bon shampoing et braqua sur l'image renvoyée par le miroir un regard désabusé frayant l'ennui hargneux. Oui, il faisait bon retrouver ses petites habitudes, le confort délicieux, dormir dans un bon lit et avoir une armoire pleine à craquer de belles choses mais à la pair de ces petits bonheurs revenait la réalité, consciencieuse d'un jour le jour qui ne l'enchantait guère. Dans un sursaut de bonne volonté elle avait, après un long temps de silence radio, téléphoné chez elle pour donne de ses nouvelles. Vain effort. Le fidèle Bridges, ému, s'était réjoui de la savoir saine et sauve. Il n'avait eu aucun besoin de le dire mais Emilia devina, le cœur soudain serré, qu'il avait été sans doute le seul à remarquer son absence. Son père voyageait, sa mère était aux Hamptons. Frère et sœurs n'avaient que faire de ce que devenait cette cadette à laquelle ils n’avaient jamais fait attention.

*Tant pis, j'avais plein de trucs à raconter...quoique mieux pas, ils t'auraient faite enfermer chez les dingues...parce que: "Maman j'ai voyagé avec Colomb à bord de la Santa María" passeport sûr pour l’asile !*

Le baptême du petit Lescot occupait tout le monde. Enfin, presque. Elle avait offert le concours de ses talents, mais apparemment avoir été cuistot sur un rafiot du 15ème siècle ne se considérait pas comme la meilleure des recommandations. On lui demanda plutôt de jouer les baby-sitter, or Emilia n'avait aucune expérience et le petit Lescot sembla ne pas apprécier sa compagnie et hurla à fendre l'âme dès qu'elle essaya de le bercer.

*Misère avec le marmot...Kit au moins a la cote avec le chien!*

Nell et Dave eux avaient disparu, en mission spéciale selon les mots de Toni qui semblait ravie de leur avoir trouvé que faire ensemble.

*En voilà une qui joue les marieuses, ma main à couper!*

En tout cas, tout le monde avait à faire, sauf elle, qui errait par là comme âme en peine, cherchant à occuper le temps mort. Faire du shopping parvint à la distraire une demi-journée, du reste...

Je pourrais m'occuper de la déco...des fleurs...parce qu'il faut des fleurs, non?

Ma chérie, c'est un baptême...pas un mariage!, avait doucement informé Louise, bien sûr qu'il y en aura...mais pas trop...

Je sais exactement ce qu'il faut...m'en occupe!!!, elle avait filé avant qu'on ne change d’avis, ravie de se rendre utile.

Satisfaite de ses efforts Emilia rentrait chez les Warrington quand au tournant de la rue, elle découvrit Kit, scotché à son portable, visiblement agité et de mauvais poil alors qu'Oscar gambadait autour de lui en essayant, vainement, d’attirer son attention.

*Pas à dire, il est en rogne...mieux pas m'en mêler...on verra après!*

Le reste de la journée se passa à trotter déci delà en filant un coup de main, obéissant docilement aux ordres de Louise et Toni. Cousine Nell semblait ravie avec son rôle de nounou et les autres vaquaient à leurs affaires, se tenant aussi éloignés que possible de l'épicentre laborieux. Gentil dîner en famille après lequel chacun, plus ou moins, rejoignit ses quartiers en prévision d'une journée agitée le lendemain.

Et voilà que dans le silence épais, un petit bruit alerta Emilia qui n'arrivait pas à dormir. On descendait l'escalier très discrètement. Catimini ultra discret. Pas de sa faute si elle avait si bonne ouïe. Curieuse, la miss enfila sa robe de chambre d'un rose froufrou, seyante mais surtout très confortable, quitta sa chambre et se glissa, aussi discrète qu'une ombre à la suite du "bruit".

Bruit qui avait un nom et des intentions très particulières qu'elle découvrit d'un coup d’œil sitôt passé le seuil du fameux bunker du Dr. Warrington, normalement interdit à toute intrusion non autorisée.

Non mais...tu es devenu fou...ça va plus chez toi c'est sûr!!!, bien entendu découvrir Kit juché sur le sauteur déjà enclenché en fonction ne lui disait rien de trop bon, arrête...tu ne peux pas faire ça!!!

Logiquement M. l'Entêté de service entendait faire les choses à sa façon.

Ce que je fabrique ne te regarde pas. Retourne te coucher, je ne serai pas long.

Vraiment!?, riposta t'elle, tu devrais pourtant savoir qu'on ne peut pas faire ce genre de trucs..., et de réciter la liste de consignes qu'il enfreignait, ce qui, bien entendu, ne fit ni chaud ni froid au canadien.

Ouais, je sais que les patrouilleurs ne se déplacent qu’en binôme mais il ne s’agit pas d’une mission. C’est… disons personnel. Ecarte-toi, je vais embrayer.

Tu veux rire!!!, et sans le penser elle sauta en selle s'accrochant à lui de toute ses forces, *Voilà tu es dingue, folle, malade, idiote...et quoi!?*

Elle appuya le front contre le dos du conducteur, le sachant tendu, furieux mais s'en fichant allègrement.

*Ah non, pas sans moi...on a déjà prouvé qu’a deux ça marche...allez, râle pas, mon ébouriffé!*

Mais il râlait. Elle n'entendait rien mais le sentait en appuyant l'oreille sur son dos. Il grondait la traitant sans doute de quelques noms d'oiseau choisis.

M'en fous de ce que tu racontes...T'es en train de faire des bêtises et ça va te tomber dessus...ça va nous tomber dessus...*Sympa, on partage tout genre de misères!* Qu'est ce qu'on fout la, tu veux bien me dire!?

Il fallut quand même mettre le casque pour avoir enfin droit à quelque explication. Et pour une explication, s'en était une.

*Encore sa Beauty!? Il est obsédé par son engin!...Misère, et dire que c'est ma faute!*

Il dit, elle répliqua, on discutailla. Les faits demeuraient. Les gangsters de service s’amenaient, trois voitures au lieu de la seule attendue.

*Zut...ça pue le piège, là!*

Un mauvais pressentiment, des pires en fait, la fit frissonner en voyant Kit avancer vers les truands avec une nonchalance bien feinte, alors qu'en fait elle le savait tendu mieux que corde d'arc.

*Il va se faire descendre comme un con!*

Sans pouvoir entendre la teneur de échanges mais sans le perdre de vue, Emilia ne rata rien de la rencontre et bien sûr quand selon son avis éclairé la chose commença à s'envenimer elle jugea bon d'intervenir. Après tout, elle était patrouilleur de la PTE et avait aidé à sauver le monde, à quelque détail près...

Sauf que, parfois les meilleurs plans foirent lamentablement...à peine entrée en scène, de manière fort glorieuse et retentissante faut le dire, sa prestation connut une douloureuse fin. Son dernier souvenir, assez épouvanté, fut d'une rafale d'arme automatique...et après un flou très flou...en fait plus flou que ça, difficile à trouver!

*Ça y est...suis morte!*

Pas étonnant avoir une idée pareille mais, encore tout chose et secouée Emilia révisa la situation. D'abord elle avait mal, froid et une énorme trouille lui tordait les entrailles, comme quoi si la mort correspondait à l'idée quelque chose clochait par là. Elle était à peine consciente mais assez pour se rendre compte qu'on l'avait posée sur une table.

Tout va aller bien, Emilia, tout va aller bien!

*Tiens, le toubib...c'est gentil!* Suis pas morte?

Il avait un si beau sourire, chaleureux, rassurant.

Mais non voyons, tu ne vas pas mourir, on va te soigner et tu seras comme neuve dans deux trois jours...Tu as eu de la chance!

*Tu parles d'une chance...voulais sauver Kit pas me faire transformer en passoire!*

Nell remplaçait Martin. Elle avait l'air passablement affligée mais s'arrangea pour sourire en lui débitant des mots rassurants en lui assurant, encore, que tout allait bien.

*C'est sûr, suis en train de crever alors...sont si gentils avec moi! Il est où Kit?...Pas un petit adieu...il sera soulagé de se débarrasser de moi...* Ça fait mal!!!, gémit elle.

Nell ou Martin, ou qui sait si les deux la rassurèrent, c'était tout à fait normal d'avoir mal, après tout on lui avait tiré dessus, mais on se chargeait de ça. Pour le prouver on piquait son bras. Tout de suite sa tête se mit à tourner, un peu plus si possible et une brume cotonneuse engourdit ses idées déjà en vadrouille. Moins d'une minute plus tard, Miss Clairborne faisait un gentil trip dans les limbes miséricordieuses de l'inconscience.

Le décor avait changé. Au lieu d'être allongée sur une table, Emilia se retrouva dans son lit, infiniment plus confortable. Très vaseuse, les idées de travers mais en toute évidence vivante, comme promis. Une immense lassitude l'obligea à refermer les yeux, à cesser de penser n'importe quoi et se laisser plutôt aller à un sommeil réparateur. Elle sombrait peu à peu quand on prit sa main.

Emilia pardonne-moi.

*Hein!?*

Je t’ai mise en danger. Je jure que cela ne reproduira plus jamais.

Petit effort pour ouvrir les yeux, pas donné.

*Tu rêves, Clairborne...tu rêves de Kit!*

Un rêve très plaisant, faut le dire. Elle sentait même la chaleur de la main qui retenait la sienne, la pressant avec une angoisse très réelle et sincère.

Tu… tu passes avant tout, sais-tu ?

*Tu m'étonnes, toi!*

Cette fois elle parvint à ouvrir les yeux, et Mr. Brown était bel et bien là, imbu de sincère componction et voilà qu'il allait jusqu’à presser ses lèvres sur sa dextre abandonnée. Sans pouvoir l'éviter, un soupir lui échappa et l'autre réagit comme si on l'avait piqué.

Tu te sens comment ? Tu as mal ? Je… j’appelle Martin !

*Mais non, idiot, continue de me dire des trucs sympas...allez!*

Il allait se lever, d'où tira t'elle la force de refermer ses doigts sur les siens? Peu importait, en tout cas le message passa.

Tu veux que je reste?

*Absolument!*, mais il fallut se contenter d'un languide battement de cils.

Repose-toi. Martin a dit que tu irais bien. Mais(ton de reproche) aussi quelle idée saugrenue que de te mettre en travers de la route !

*Et qu'est ce que tu voulais, sombre crétin, que je les laisse te tuer ?*

Au moins ses yeux restaient assez expressifs comme pour faire comprendre à cette tête de mule qu'il faisait mauvaise route en lui endossant le tort, et même s'il avait raison, ce n’était pas le moment d'en parler. Pour parfaire sa muette prestation, Emilia en rajouta une couche en soupirant, dramatique. Résultat bluffant, non seulement il accepta de porter tous les torts mais lui offrit à boire pour se raviser aussitôt en parlant de bide troué.

*Ah bon? On me l'a troué? Zut...ça fait rien...pas soif! Hey, reste là!!!*

La suite, d'une infinie douceur la fit soupirer, tout bas.

Dors, Milie. Tu m’injurieras tout ton soul à ton réveil, si le cœur t’en dit.

*Wow...le prince charmant!*, et de s'assoupir, le cœur en joie.

Elle s'éveilla deux ou trois fois. La première fois, le canadien était toujours là, endormi, la tête sur le bord du lit et sans lâcher sa main. À la seconde, Nell l'avait remplacé et à la troisième c'était Louise qui veillait.

Il faisait grand jour quand Emilia émergea pour de bon, sans avoir la moindre idée du temps écoulé. À croire qu'elle était branchée à quelque moniteur parce qu' à peine ouvert les yeux que Martin s'amenait, l'air réjoui.

Alors, ma jolie, bien dormi? Tu as une belle mine aujourd'hui...Laisse moi t'examiner!

Apparemment tout allait très bien, le Dr. Lescot émit un pronostic très positif qui en résumé voulait dire qu'elle était bellement tirée d'affaire, que la sienne avait été une blessure avec de la chance, quasi superficielle, sans atteinte à organes vitaux.

Je peux me lever alors?

Pas si vite, mademoiselle, n’exagérons pas...deux ou trois jours de repos ne nuiront pas!

Mais si je me sens mieux je pourrais...

Non, tu ne pourras pas...ni devras non plus! Et pas la peine de bouder, suis irréductible! Mais pas de souci, tu ne vas pas t'ennuyer...on se bouscule au portillon pour venir te voir!

Martin ne mentait pas. Le défilé commença avec Louise qui se montra maternellement adorable, suivit sa tante Elizabeth qui avait toujours le mot juste, sans être méchante, pour la faire se sentir gentiment idiote et inutile.

*Bien sûr, comparée à sa Nell, suis une nullité absolue!*

Dave prit son temps pour venir lui faire causette, puis ce fut le tour de Toni avec son angelot qui dormit tout du long alors que sa mère avec son débit à cent à l'heure haché d'expressions en allemand la mit au courant de tout ce qui s'était passé alors qu'elle jouait à la belle au bois.

Conseil de discipline?...J'espère bien qu'ils ne l'ont pas mis au cachot!?...On va l'aider?...Bien sûr que j'en suis...c'est mon partenaire de binôme!

Toni sembla trouver cela très amusant car elle rigolait en s'en allant. La suivante à entrer en scène fut Nell qui prit de ses nouvelles sans aucun épanchement inutile avant de s'asseoir près du lit, l'air pincé.

Tu en tires une tête, toi!...Ou c'est le colonel qui vient prendre ma déposition!? *Oups, sérieux là!*...Ben si Kit a déjà tout dit vois pas ce que je pourrais ajouter!, jouer les crâneuses lui ressemblant bien Emilia s'y investit, sauf qu'avec Cousine ça ne marchait pas comme voulu, oui, je l'ai suivi et quoi?...Voulais pas qu'il y aille tout seul! *Le pauvre ayant un air si démuni, à toi de le sauver!*...Euh, oui, j'étais en robe de chambre...tu voulais quoi? Que je lui dise d’attendre pour aller me changer?...Désolée, je sais que ça a foiré, que c'était pas bien, qu'on n'aurait pas dû!

S'en suivit un petit sermon sentencieux, sans l'air de l'être, qui lui donna un petit chaud au cœur, car, mine de rien, sa cousine semblait s'être fait du vrai souci et même craint pour sa petite vie de rien du tout. Mais bien entendu Emilia n'était pas de celles qui se laissent avoir si facilement, elle haussa les épaules et releva le menton défiante.

Et si c'était à refaire...je le refaisais!

Nell rigola en lui tapotant la main conciliante au temps d'émettre une vérité, jugée gênante...en ce moment.

Amoureuse de lui!? Tu divagues, tout colonel de la PTE que tu es...Ça va pas, non?...C'est mon partenaire de binôme, elle commençait à faire fort sa petite formule pour mettre les gens de bonne humeur, tout comme Toni, Louise et Dave auparavant, Nell éclata de rire et mit fin à la conversation en lui ébouriffant les cheveux...
Et la laissant songeuse...

*Non mais, ils en ont des drôles d'idées...Oui, bien sûr, ils sont tous dingues et toi tu es hors cause...Il te dit rien, le canadien...enfin...un peu quand même...UN PEU!?...Tu t'en racontes des salades, ma pauvre fille...Tulum, ça te dit?...Non, ça ne compte pas! On était...on était quoi?...Tu lui as sauté au cou, tu l'as embrassé, et pas comme à un frère...et lui!?*, profond, très profond soupir, *et lui!?...ben qu'est ce que tu voulais qu'il fasse!?*

Elle débattait encore avec son alter ego si analytique quand la porte poussée avec force claqua contre le mur, livrant passage à un quadrupède poilu qui ne trouva rien de mieux à faire que gambader comme un fou autour du lit avant de lui tomber pratiquement dessus pour lui lécher le visage en une démonstration d'amour inconditionnel.

Ok...ça va...c'est bon, le chien, aouch, tu m’écrases...Ça suffit, Oscar...mignon chien chien...tu vas me découdre là...et puis...depuis quand tu m’aimes tellement, toi!?...Dave, viens prendre ton chien!!! À L'AIDE!!!

Un jappement plaintif plus tard, le brave Oscar était écarté et mis à la porte sans contemplation, à sa place se tenait un certain canadien qui la regardait d'un petit air mitigé.

Oh, t'en fais pas, ce n'était pas bien méchant..., et à en croire à la tête arborée il n'avait aucunement l'intention de se montrer aussi effusif que le chien, et...toi, ça va?

En guise de réponse Mr. Brown émit un de ses grognements passe partout dont il avait le secret en restant raide comme un piquet à un mètre du lit.

*Quand il te croyait mourante, il était si adorable!*

Évidemment là elle n'avait plus l'air prête à trépasser donc les bonnes vieilles habitudes reprenaient le dessus. Mauvaise chose!

Toni m'a dit ce qui s'est passé! On t'a bien enguirlandé non?...Oui, m'en doute bien...remarque, tu l'auras pas volé...Désolée pour tout, pas mon idée de me faire descendre mais ça n'a pas marché comme voulu...Ah bon? et tu vas encore te fâcher!? Tu en a des bonnes, toi...et comment voulais tu que je sache que tu as des ennuis avec la pègre la plus pègre qui soit!?...Ouais, ta fichue moto...tu donnerais ta vie pour cet engin...Ben oui, si tu savais conduire il n'y aurait pas eu d'acci...mais arrête de me crier dessus...c'est fou ce que tu peux être malappris...

Soupir bien placé en fermant les yeux d'un air las à émouvoir une pierre, le tout accompagné d'une toute petite plainte tout en essayant de s'accommoder. Un instant plus tard, avec une délicatesse de mère, il l'aidait à trouver la bonne position, arrangeait ses oreillers, lui offrait à boire, prêt à hurler en demandant du secours au cas où.

Ça va, merci, souffla t'elle, ça tire un peu...oui, ça fait mal aussi *Son truc c'est le chevalier au secours du démuni...comme quoi, on fait comme si!*

Sans s'en vouloir le moins du monde Emilia poursuivit sa douce comédie et puisque l'ogre de service amadoué autant profiter du moment pour essayer d'avoir une conversation normale.

Je serai débout très vite...Je veux t'aider à récupérer Beauty...Ah bon? Dave va t'aider?...Oui, c'est bon, j'ai pigé...si on a le concours d'un baraqué comme lui...à quoi bon un fille idiote comme moi!, petit soupir voulu insignifiant (sans l'être), je fais tout foirer...la preuve!, geste significatif envers soi même, voulais pas te causer tant de tracas...après tout c'est de ma faute si tu as perdu Beauty...

Il protesta, restant vague sur le point culpabilité même si Emilia le savait convaincu de son tort à elle, l'affaire restait discutable mais elle ne se sentait pas le cœur d’entamer une énième dispute.

Écoute...bonté divine, arrête de déblatérer et écoute moi...cette histoire de moto a trop duré...j'aurais dû le faire depuis le début et on se serait épargné pas mal de problèmes...*Ouais, tu aurais poursuivi ta route sans jamais répondre à l’annonce de Warrington...et...affaire close!*...Kit, écoute moi...je t'en prie...laisse moi racheter Beauty...peu importe ce qu'ils demandent...je peux le faire...s'il y a quelque chose dont j'ai trop c'est bien de l'argent...Laisse moi le faire!!!

Bien entendu avec Mr. Brown et ses principes, sa fierté plus son entêtement légendaire ce n'était pas la facile solution express d’Emilia qui ferait l'affaire.

Hou là! Tu vas en mourir? Ton intégrité d'homme des cavernes se verrait trop affectée si une femme résolvait ton problème!?

Elle ne savait pas exactement quelle partie de son énoncé  l'avait le plus affecté  mais ça se jouait, le plus sûr entre intégrité et femme résolvant quoique ce soit. Apparemment être jugé comme homme des cavernes ne le dérangeait pas trop. Il la fulmina d'un regard féroce qu'elle ignora avec une grâce émouvante.

Excuse moi, murmura t'elle, tout douceur, suis si maladroite parfois...non...non...ce n'est pas ça...je comprends, il en va de ton amour propre...mais ...ok..sans mais...tu feras les choses à ta façon!...Oui, oui...ces pourris ne méritent rien d'autre qu'être éradiqués comme de la mauvaise herbe...oui, bien sûr, si ça te fait plaisir...*L'honneur sera sauve et toi sans doute mort de chez mort!* Mais après, quand tout sera fini, (l'espoir fait vivre dit-on), ...on pourrait demander une petite prolongation des vacances...j'ai une petite maison à la plage...ça nous ferait du bien...à tous, bien sûr...

Le cher homme semblant avoir peur de se retrouver en tête à tête avec elle, il suffit de le rassurer en établissant une liste à rallonge des possibles invités à ces vacances à la plage. Étant donné le numéro croissant, il ne fallait pas être foncièrement malin pour supposer que la-dite maison n'était pas une simple cabane sur pilotis...ce qui n'était absolument pas le cas.

*Mais avant, faudra encore faire ses preuves!*

Vite dit, pas si vite fait! En tout cas pour Emilia qui au bout d'une semaine soupçonnait être victime d'une conspiration en toutes règles. Le Dr. Lescot, ce cher Martin, avait pourtant déclaré qu'elle allait parfaitement bien, allant même jusqu'à s'émerveiller d'une récupération aussi rapide, pour, allez savoir pourquoi, se dédire quelques heures plus tard, juste après avoir eu une étrange réunion à huis clos avec Nell, Dave...et Kit.

Il est vrai que tu te portes fantastiquement bien pour quelqu'un qui s'est pris une balle calibre 38 mais...

MAIS QUOI!?, elle détestait cette petite conjonction qui mettrait, à coup sûr, en échec ses glorieux projets de rédemption.

Martin bredouilla gêné sans doute par "l'énormité" de son mensonge (avis personnel de la miss), donnant une explication à rallonge dont elle ne pigea
pas la moitié.

Franchement...c'est pour rire, non?

Eh non! Rien de plus sérieux. Fragilisée, sa santé risquait d'en pâtir lourdement si elle ne faisait pas très attention et il n'était surtout pas question d'émotions violentes ou exercices du même genre, or comme on le sait bien, jouer les justiciers redresseurs de torts est rarement une activité de tout repos.

Ce n'est pas juste! C'est ridicule, je vais bien...je veux..., tempêta t'elle, en fait elle aura voulu se livrer à une scène anthologique mais personne ne semblait faire attention à ses sautes d'humeur et s'il y avait une chose que Miss Clairborne détestait le plus au monde c'était bien qu'on l'ignore...sauf que cette fois un éclat de bon sens eut le dessus, devinant que de rien servirait tirer la gueule et embêter tout le monde avec ses manières de gosse gâtée pourrie qui se croyait tout permis, bon, si c'est comme ça...faudra bien que je m'y fasse!

Tiens! Là, tout le monde la regarda avec l'air de se demander si elle allait vraiment bien, on ne la connaissait pas si conciliante. S'ils avaient su l'effort que ça lui coûtait!

*Partie remise, foi de moi!*...Alors, qu'est ce que vous pensez faire?...Non, juste pour savoir...Suis hors combat mais fais quand même partie de l'équipe, non?...Ben non, Brown, figure toi que penser, ça ne me fait pas mal!

Et plus ou moins tout le monde avait un petit plan d'action en tête mais l'un après l'autre on les élimina par vice de forme ou comme ça veuille bien se définir car tous tombaient, d'uns plus d'autres moins, dans la fameuse distorsion de la ligne établie et intouchable.

*Super, suis pas la seule idiote!*...Euh...alors ça veut dire qu'on devrait agir comme le ferait n'importe quel quidam?

Plus ou moins! Faudrait peaufiner l'idée mais ça partait dans ce sens là. Sujet clos pour la soirée, on passa à autre chose de plus relax comme jouer aux cartes, par exemple. Emilia se fit un bonheur en les plumant, apparemment elle n'avait pas perdu la main pour le jeu.

*Au moins ça!* et de compter les 394 haricots secs si bien gagnés que Toni réquisitionna aussitôt la partie finie.

Le plan d'action final, revu, corrigé, révisé, tourné à l’endroit et à l’envers à s'en déranger les méninges fut mené à bien par les trois intrépides aptes pour y prendre part. Emilia resta à la maison à se morfondre, se rongeant les ongles et priant tous les saints connus. En principe cela ne devait pas être trop compliqué mais impliquait toujours le risque du facteur X inconnu qui pouvait intervenir à tout moment. La technologie avancée du 23ème signa le salut de l'action, sans enfreindre d'un poil les préceptes du continuum. C'est ainsi que Kit retrouva sa Beauty tant chérie et que quelques malfrats se retrouvèrent sous les verrous sans trop savoir comment ils y étaient arrivés. Les héros du jour se passèrent de donner trop de détails mais Emilia supposa que ça avait bardé vu l'état dans lequel ils étaient rentrés. Dave était blessé au bras, Nell boitait et Mr. Brown arborait un coquard et une jolie plaie béante sur le front

Voilà, tu es comblé, maintenant!, elle flatta doucement les chromes étincelants de la Harley remise à neuf, c'est vraiment une beauté...suis heureuse pour toi, Kit...tu as ce que tu voulais *Et maintenant quoi? Ciao et à jamais!?*...Tu devrais aller voir Martin, ton œil est tout rouge et tu peux à peine l’ouvrir...et ton front...je dirais trois quatre points...Non, je me suis tourné les pouces en regardant la TV..., elle le fustigea d'un regard flamboyant, qu'est ce que tu crois à la fin?...Vous auriez pu vous faire descendre tout autant que vous étiez...Idiot!!! mais enfin...Non, veux pas discuter...Viens, allons voir Martin...mais bien sûr qu'il t'attend...il sait à quoi s'en tenir, lui!, et sans attendre qu'il décide que faire l'avait empoigné du bras et tracté à sa suite.

Bobos vite soignés, aucune blessure grave n'étant à déplorer, les héros du jour racontèrent leur aventure avec plus d'humour que de réalisme, on dut se contenter de cela. Affaire close, rangée au placard pour qu'on n'en parle plus. Et puisque tout est bien qui finit bien, le moment était venu de passer à autre chose, et cette partie là, Emilia n'avait pas la moindre intention de la rater.

Le Commander Lescot, passant outre une quelconque tergiversation des lois de la PTE n'eut rien en contre d'une prolongation du congé. En fait il joua les grands seigneurs pour la seule et simple raison que, pour le moment, le monde et le continuum n'avaient aucun besoin d'être sauvés de quelque menace biscornue.

*Pourvu que ça dure!*

Quoique en bonne connaissance de la nature humaine, on pouvait s'attendre à n'importe quoi, n'importe quand!

Louise, matriarche en fonction et jouissant chaque seconde de son rôle concoctait le dîner parfait réunissant sa famille "patchwork". Emilia la regardait aller et venir, heureuse et comblée, en se disant qu'elle aimerait bien lui ressembler un jour. Bien sûr pour y arriver il faudrait déployer beaucoup d'intelligence, diplomatie, tact et autres vertus dont elle se sentait très éloignée.

Louise...je voudrais...enfin, j'ai besoin de conseil!

Formule magique. Louise cessa toute activité et l'invita à s'asseoir face à un verre de limonade.

Et ce serait pourquoi?, voulut-elle savoir, ton partenaire de binôme?, regard pétillant de douce ironie, ne fais pas cette tête, Emilia, je sais bien de choses et en devine beaucoup d'autres. Il n'y aucune honte à avoir des sentiments pour quelqu'un et ce garçon me semble bien mériter les tiens...

Mais s'en fiche comme d'une guigne!

De ça, je n'en serais pas si sûre, à ta place. Kit est un homme très secret...fermé et qui sait si timide tant qu'à faire. Selon ce que je sais il ne l'a pas eue facile.

M'en doute bien, soupira Emilia en se sentant presque coupable d'avoir eu une vie sans privations, il ne parle jamais de lui...À part sa Beauty, on dirait que rien ne compte! Je me sens si bête, maladroite...stupide, enfin que sais je...je n'en colle pas une...Je sais...suis insupportable!

Louise tapota sa main avec un sourire empreint de maternelle compréhension.

Mon petit, ta vie et la sienne sont diamétralement opposées, ce qui ne veut pas dire qu'il ne puisse avoir un point de concordance sauf que pour certains hommes, il faut un peu forcer la main pour y parvenir...et tout comme mon Henry, pour différentes raisons, ton partenaire de binôme semble avoir besoin d'un coup de pouce!

Emilia soupira puis raconta ses projets de vacances à la plage...avec tout le monde. Louise écouta, sans interrompre.

Mais du coup, je me dis...que ce serait peut-être...un peu trop!,admit Miss Clairborne, ce n'est pas d'un luxe extatique mais je pressens que ça pourrait le mettre mal à l'aise.

*Elle fait des progrès, cette enfant...Dieu merci!*, se dit Louise avant d'ajouter, en effet, une mansion à Ste. Croix avec domestiques et tout le toutim n'est pas exactement ce qui le fera se sentir bien...Dave et Nell n'en feraient pas état, ni Toni et Martin...mais Kit...

Largement suffisant. Emilia tira ses conclusions. Un lien pour la vie venait de se créer avec Louise et une fois de plus la miss se dit qu'elle aurait vraiment aimé avoir une mère comme elle.

On arrivait au dessert d'un joyeux repas quand Emilia, tout sourires, fit tinter son verre avec sa petite cuillère.

Bon, puisqu'on est en congé, cela vous dirait de changer un peu d'air?...Quelques jours dans un coin tranquille, dans les bois,face à un beau lac?

On la considéra en silence comme si elle venait de proposer un week-end sur Mars mais cela ne dura que trois secondes avant que Louise, bénie soit elle, n'intervienne en assurant que cet interlude idyllique ne pourrait que leur faire le plus grand bien.

Adjugé, vendu!...Enfin, en partie! Henry et Louise trouvèrent l'excuse parfaite pour éluder ces vacances si sympathiques, assurant que Toni et Martin avaient plus besoin de bon repos qu'eux qui resteraient à la maison pour pouponner en toute joie de cœur, or les Lescot avaient d'autres projets pour leur liberté, au lieu d'accompagner deux couples qui, selon eux, n'avaient aucun souci de compagnie et profitant de l'offre généreuse des grands parents ravis, décidèrent de faire un saut en Europe. Dave qui ne jouait pas les difficiles agréa sans se faire prier à condition qu'Oscar soit de l’excursion. Nell, qui semblait se marrer en douce, accepta l'invitation. Kit, à qui on n'avait pas explicitement demandé l'avis ne fit pas d'histoires, demanda une carte de la région et assura que ce serait une balade inoubliable avec sa Beauty adorée.

Est ce que je pourrais aller avec toi?...Je n'ai jamais voyagé en mo...avec une Harley Davidson...ce soit être quelque chose!

Curieusement, il n'essaya pas de l'en dissuader et le jour venu, on prit la route.

Claire's Cottage n'était décidément pas la petite cabane au bois. Sans démesure, goût et proportions adéquates c'était une belle construction, tout en bois et pierre, nichée au creux d'une petite baie, entourée d'arbres majestueux,avec vue imprenable sur un lac paisible, c'était le parfait havre de paix...un grand havre de paix mais enfin...l'intention était bonne!
Les placards de la cuisine seraient pleins à craquer de bonnes choses, les chambres prêtes, la maison impeccable. Bridges aurait, comme toujours, parfaitement bien fait son travail.

*Et maintenant...advienne que pourra!*

Elle ne savait pas si bien dire...
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Plan B ou comment recomposer le monde
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