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 Révolution

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Nelly Watts

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Messages : 22
Date d'inscription : 03/02/2016

MessageSujet: Révolution   Mer 28 Nov - 20:26

Tout était bien dans le meilleur des mondes, non ? L’intervention à point nommé de la PTE n’avait-elle pas remis les pendules à l’heure ? On pouvait s’estimer heureux, très heureux même. Kit Brown avait enfin trouvé son père, le vrai. Qu’il ne devienne pas roi d’une grande nation ne semblait pas le déranger plus qu’ainsi d’autant que, dans la foulée, il reconnaissait éprouver de tendres sentiments pour Emilia, chose quasi incroyable jusqu’alors. Nell et Dave s’étaient plus ou moins rabibochés. Récupérant des souvenirs, elle savait à présent ce qui avait coincé avec son beau fiancé, et lui n’en paraissait pas malheureux. Il leur faudrait sans doute encore un peu de temps pour se raccommoder complètement mais l’affaire tournait rond.  
Au beau milieu de la grande réception finalisant leurs aventures précédentes, alors que le vin de Champagne coulait à flot, Emilia – qui n’en ratait pas une – décréta qu’il ne serait pas triste pour leur unité d’enfin prendre les congés promis de longue date. Le léger malaise induit par tant de naïve franchise fut rapidement balayé par le rire du commander :
 
Ma chère enfant, vous m’ôtez les mots de la bouche ! J’allais justement vous ordonner de rentrer au bercail. Le cas de notre royal invité très spécial a été statué et, à l’unanimité le conseil a décidé que sa majesté le roi Hendrix serait bien mieux sur notre belle planète à la même époque que celle de  son fils. Nous allons donc vous y renvoyer tous les cinq avec ordre de ne rentrer au centre qu’une fois la transition bien établie. À votre avenir, longue vie au roi !

 
Suite à cette courte intervention, des petits groupes s’étaient formé pour festoyer dignement. Les patrouilleurs étaient très soudés, amis malgré certaines rivalités sous-jacentes quasi imperceptibles mais réelles. L’ascension de ces quatre-là ne manquait pas de susciter des jalousies que l’on gommait comme il se devait dans une société polie.
Papotant avec les uns et les autres comme si rien, Nell n’en demeurait pas moins un peu distraite de ces mondanités dont elle se serait bien passée. Dave ne pouvant pas ne pas le remarquer, elle lui souffla mentalement :
 
Je dois parler au Commander… Oui, j’ai fait mon rapport, comme nous tous, mais j’aimerais un entretien particulier avant de rentrer… si, c’est le bon moment, il vient de me le confirmer. Je file pas longtemps.   
 
Quelle veine  d’utiliser la pensée restrictive ! Selon les affinités, il suffisait de se « brancher » et hop, l’autre – et seulement lui – captait.
 
Le petit bureau où le Commander la reçut avait été aménagé par ses soins pour que les discussions y soient très privées. Nombre de barrières empêchaient les intrusions inopportunes. Aussi, très détendu, Lescot lui sourit en tendant une coupe de bulles :
 
Trinquons colonel ! Je sais que tu te poses des questions et lesquelles.
 
Zut ! Je ne parviens jamais à vous cacher quoique ce soit ! Pas faute d’essayer…
 
Désolé d’être invasif ; je lis en toi mieux que dans un livre ouvert. Tes nouveaux pouvoirs te déconcertent ? Ne t’en fais pas. La ligne des évènements est assurée ainsi qu’elle devait l’être. Imagine un grand puzzle où chaque pièce a sa place prédestinée. Les choses se déroulent comme prévu, tu le comprendras en temps utile.
 
Mais…
 
Vos « vacances » seront instructives. Vas-y sans crainte !  

 
Ouais ! Belles paroles vides de sens pour une oreille non avertie. Pour Nell aucun doute, cela allait se gâter avant peu.  
 
Le sauteur aménagé pour cinq personnes et un gros – très gros toutou – remplit son office.  
Une étrange angoisse étreignait Nell depuis son aparté avec le commander. Dave ne sut rien lui soutirer, qu’aurait-elle pu dire sinon communiquer ses craintes.
En appuyant la commande, elle émit un sourire crispé :
 
Attends-toi au pire !  
 
La matérialisation se passa pourtant très bien. Le labo de Henry était là pareil aux souvenirs dans son fouillis ordonné sauf que… 
Le roi fut le premier à parler :
 
Tu ne m’avais pas dit que tout était impeccable ici ?
 
Déjà, le chien filait droit devant, son maître à sa suite pour le rattraper. Kit, Emilia et Nell échangèrent un regard éloquent traduisant leur profond étonnement. Certes les lieux étaient identiques à ceux fréquentés tant de fois, mais jamais le labo n’avait été si… crasseux.
 
Ça a l’air abandonné depuis des lustres ! soupira Nell la gorge nouée.  
 
Elle se doutait que quelque chose allait clocher mais pas à ça. Le silence lui parut écrasant, aux autres aussi, sauf au roi qui, forcément, n’avait aucune idée préconçue. Il nota l’affliction générale :
 
Ce n’est pas ainsi d’ordinaire, je me trompe ?
 
Kit sauta du siège et entreprit une fouille des lieux ; dans son sillage une Emilia sur ses gardes.
 
En principe, nous étions attendus, dit Nell expectative. Allons voir.
 
Outre le silence et la crasse, le plus étrange résidait en l’absence de luminosité. Des batteries fonctionnaient puisqu’ils distinguaient l’environnement. Pourtant aucun spot lumineux n’animait les multiples engins alentours. Il s’était, ou se passait,  quelque chose de très anormal.
 
Henry, Martin ? Houhou ! se risqua Nell à l’unisson de ses amis en émoi.
 
Bientôt, un Dave hagard reparut. Ses dires décousus alarmèrent davantage la cantonade :
 
Personne, tu es sûr ?
 
Il gueula.
 
... Ok, ok ! Calme-toi. Reprends depuis le début.
 
Il préféra se taire et les diriger vers l’étage qu’ils gagnèrent quasi à tâtons. Dieu qu’il faisait sombre ! Par les vitres crasseuses, un jour glauque perçait difficilement. Comme résigné, Dave ouvrit grand la porte d’entrée jadis si bien astiquée. Là, tous restèrent sans voix, muets face au spectacle le plus hallucinant jamais entrevu. Comment le qualifier ?
 
C’est… affreux, souffla le colonel Watts. Que s’est-il passé ici ? Une guerre ?
 
On aurait pu le croire, en effet. Le quartier si coquet où résidaient les Warrington correspondait plus à des ruines qu’à autre chose. Immeubles effondrés, tonnes de gravats, poussières, et ce silence…  Hormis une légère brise agitant de faibles nuages de crasse, pas une mouche ne volait dans ce délabrement incompréhensible.
Son rôle de tacticien de terrain prit le dessus :
 
Déploiement, évaluation, ordonna Nell d’une voix blanche.
 
Armes au poing, visières baissées, à pas lents le groupe débuta l’exploration du… cimetière. Ils ne firent pas cinq mètres avant que l’anomalie flagrante ne la frappe :
 
C’est moi ou le matos est grillé ?
 
L’attitude des autres confirma, hélas. Quoiqu’ils tentent tapotements ou secousses vigoureuses sur leurs boîtiers de poignets et de casque: rien ne répondit. Vision numérique HS, armes HS, communications HS, ils étaient fins !   
Les pensées passaient à peine, elles aussi.
 
Une veine, se dit Nell.
 
Tant d’idées rebondissaient en tous sens que les suivre aurait été un vrai casse-tête. Les remarques orales fusèrent tant à gauche qu’à droite comme quoi tous étaient déboussolés.
Qu’est-ce qu’ils espéraient ? Qu’elle comprenne de quoi il retournait ? Avec si peu d’éléments, cela aurait tenu du prodige.  
 
On fait un tour d’horizon, soyez vigilent !  
 
20 minutes plus tard, elle commanda le repli général chez Henry, leur base.
Une hâte harassée les saisit et, aussitôt au sous-sol, débarrassés de leur attirail, les patrouilleurs ne payèrent pas de mine. Emilia se révéla pratique en proposant de monter faire du café.
 
Un bourbon triple pour moi, déclara Hendrik sur qui l’abattement du voisinage déteignait.
 
On abonda en son sens ; la cache du propriétaire fut pillée sans remords.
 
Pourriez-vous m’éclairer sur ce qui se passe ici ? demanda-t-il après 2 généreux verres.
 
L’alcool aidant, Nell éclata de rire :
 
Vous éclairer ? Vous en avez de bonnes, sire !  On est dans le brouillard total au cas où vous ne l’auriez pas remarqué !  Dehors, c’est… c’est désastreux. Plus rien ne correspond à ce que nous connaissions. C’est vide, mort. Pas une étincelle de vie, ni d’électricité, d’énergie quoi !  
 
Et vos amis ? Pas de trace ? Si j’en crois ce que mon fils racontait, cet Henry Warrington était un génie en son style. Il aurait déserté ?  
 
Chacun s’abima dans de profondes réflexions.  Le monarque n’avait pas tort. Jamais Henry n’aurait tout abandonné ainsi sans laisser au moins un indice sur ses raisons de fuir.  Ce fut Dave qui déclencha la réaction : fouiller de fond en comble le site.  
Nell délégua Kit, Emilia et Hendrik aux étages tandis qu’elle et Clayton s’occuperaient du bas.
Beau chambardement !  
 
Qu’est-ce que tu penses qu’il s’est passé ? demanda le colonel en toussant après avoir dérangé une nième pile de dossiers... Moi ? J’en sais fichtre rien !... Non, Lescot ne m’a pas rancardée à ce sujet mais on aurait dit qu’il savait ou se doutait d’un bug. Qu’est-ce que tu fabriques ?
 
Dave était en train de manipuler leur sauteur. Vu sa tête, la conclusion était simple : foutu, lui aussi.
Manifestement, leurs instruments étaient aussi nases que le reste des environs. La fouille reprit. 
Le soulèvement des poussières n’arrangeait en rien respiration ni vision. Nell était au bord de la suffocation quand un miracle se produisit.
 
Fiat lux !
 
Un doux ronron parvint aux oreilles des explorateurs ravis de l’amélioration soudaine.
 
Le générateur, oui ! J’aurais dû y penser aussi !
 
Adepte de la vieille école, Henry gardait toujours des réserves de derrière les fagots. Son antique groupe électrogène venait de se remettre en route et, avec lui, électricité et ventilation. On respira mieux tout en y voyant plus clair.
 
Dave ! J’ai trouvé des cassettes vidéo datées.
 
À la hâte, elle en déchiffra les étiquettes :
 
2018, 19, 25 ,… 30. Plus rien ensuite. On ne devrait pas être en 25 ?  Cela ferait 5 ans depuis notre dernière visite ?
 
La question resta dans le vide avec le retour des explorateurs du haut.  Leurs dires furent brefs. À part la remise en marche du générateur de secours de la cabane du jardin, ils n’avaient rien découvert de très intéressant hormis des photographies. Le cœur de Nell se serra face aux clichés. Son filleul avait tellement grandi ! Entouré de Louise, Henry et de Tony, il rigolait en montant ses quenottes. Puis c’était Martin qui le faisait rebondir en l’air, puis…
La main de Dave sur son épaule la ramena au temps présent :
 
On a des cassettes. Dénichons un lecteur. Peut-être comprendrons-nous enfin ce qu’il s’est passé et où ils sont passés !
 
 
La traque porta ses fruits et, bientôt, installés dans ce qui fut un salon douillet, sur des sièges maintenant défoncés, ils visionnèrent le dernier enregistrement de Henry Warrington.  
 
L’heure est grave mes enfants.  Nos valises sont faites, Louise fait tourner le moteur. L’astéroïde qui devait nous détruire a été dévié mais, comme je l’avais prévu, il n’était pas la menace essentielle. Il n’était que la prémisse d’une catastrophe hautement plus importante. Personne ne me croit, j’ai l’habitude, mais je sais, je sais que d’ici une quinzaine de jours une vague de rayonnements solaires hors normes va nous frapper. Le magnétisme terrestre en sera, euh, déraillé. Plus rien ne sera pareil. On reviendra plus ou moins à l’âge la pierre. J’ai contacté la PTE, en vain. Ce doit être dans l’ordre des choses, amen. Avec Louise et les petits, on file en Alaska, chez les parents de Dave, ou plus au Nord selon l’évolution. On vous reverra, j’en suis sûr. On vous aime, et cætera.
 
 Une ébauche de bisou maladroit, la bande s’arrêta. Une profonde consternation s’abattit sur les spectateurs pendant de longues minutes.
 
Bon, toussota le Roi, votre Henry avait tort.

 
Quatre paires d’yeux le foudroyèrent en retour.
 
Si, insista Hendrik. Preuve en est que nous avons encore de l’électricité puisque nous venons de voir…
 
On a visionné ce truc grâce à un groupe électrogène datant des années 90 ! aboya Nell qui ne tolérait pas cet affront aux capacité de Warrington.
 
Dave renchérit en mettant les points sur les I.  Il fallait être aveugle pour ne pas piger la véracité entrevue : plus rien de « normal » ne fonctionnait à présent.  
Les uns et les autres y allèrent de leur commentaire ; la tension monta. Pour calmer le jeu, le colonel résuma :
 
Les faits relatés par Henry remontent à cinq ans de cette époque. Nous n’avons croisé âme qui vive lors de notre petite virée, ce qui NE signifie PAS que personne n’ait survécu.  Le sauteur ne nous est d’aucune utilité sauf, peut-être en pièces détachées. Je propose donc que nous dégottions un véhicule ordinaire et que nous nous rendions en Alaska, dernier point de chute connu de Henry. Si quelqu’un peut nous sortir d’ici, c’est lui !
 
Il va sans dire que les objections et les questions fusèrent tout azimut. Oui, ils devraient sans doute  « voler » pour dénicher de quoi effectuer ce périple hasardeux, et alors ?
Aux grands maux, les grands remèdes !
Que la maison des Warrington n’ait pas subi les affres de pillages leur facilita un peu la tâche. Sans être survivaliste, Henry avait pensé à beaucoup dont à eux. Cartes routières, essence, piles, conserves, eau, vêtements de rechange, ce n’était pas si mal ! Les armes, elles, manquaient cruellement. Or il ne fallait pas se voiler la face, Tôt ou tard, il faudrait lutter. Un duo et un trio s’organisèrent afin de combler les lacunes.  N’importe quoi de défensif pouvait s’avérer crucial.
 
Ne nous éloignons pas trop d’ici, conseilla Nell. Rendez-vous dans deux heures !
 
Et quelle heure est-il ? ironisa Hendrik.
 
Ouais, les horloges étaient out aussi.
 
Disons au coucher du soleil. On a du bol : s’il fait gris, il ne pleut pas !  
 

Patrouiller sans Dave était exclu. Que Kit se débrouille avec sa fiancée et son père. Oscar, lui, refusa de mettre la truffe dehors.
 
Sous un ciel plombé, le couple déambula, sens en alerte. La première exploration s’étant bornée aux alentours immédiats, ils poussèrent plus avant côté ouest. Le quartier familier, bien que désert, ne semblait pas avoir trop souffert du vandalisme commun en cas de crise majeure. Les gens avaient tout abandonné derrière eux, simplement. Par contre, lorsque Dave et Nell abordèrent l’avenue principale, ils marquèrent un temps d’arrêt d’effarement. La rue était encombrée de véhicules délabrés, des impacts de balles furent notés. Vitrines éclatées, boutiques dévalisées, on imaginait sans peine le chaos qui avait dû régner en ces lieux jadis prospères. Des corps ? Oui, ils en trouvèrent. Réduites à l’état de squelette, ils ne comptèrent pas les dépouilles enjambées péniblement.
Cherchant à quoi raccrocher ses idées en pagailles, Nell se voulut pratique :
 
On va sonder le réservoir de ces carcasses. Tout carburant sera utile…. Regarde ! Des fusils !
 
Des munitions éparses se récoltèrent. Ils pouvaient maintenant se défendre au cas où, mais n’en n’eurent heureusement pas l’occasion immédiate.
Les poches s’emplirent peu à peu à mesure de la progression. Ils ramassèrent des sacs perdus en triant autant que possible leur contenu. Les caddies d’un petit magasin les aidèrent, de-ci de-là,  à augmenter davantage leur manne.
Peu de paroles s’échangèrent durant ce fourniment tant l’émotion les étreignait. La luminosité décroissant, il fallut rentrer.
Tels des pauvres erres – hélas si communs à leur époque - réduits à récupérer du tout et n’importe quoi, ils poussèrent leur chariot jusqu’au havre voulu.  
Des mines harassées – sauf celle de Kit -  les accueillirent en leur tendant une bouteille d’eau bienvenue.
 
Bilan ? soupira Nell assez out.
 
Somme toute, ils avaient fait les mêmes constatations qu’eux-mêmes sans rapporter la lune mais, l’ensemble constituait de quoi calmer les appétits quelques jours supplémentaires. Ah, Brown avait remis la main sur sa moto, d’où son air réjoui qui dénotait sur la majorité. Belle affaire ! Impossible de tenir à 5 sur une Harley sans compter Oscar qui s’userait les coussinets à suivre à pattes.
 
Où est le chien ? demanda Nell soudain anxieuse.
 
Personne ne l’avait vu au retour. Dave s’en alarma. Il n’avait pas tort de craindre le pire. Si des survivants rodaient, un peu de viande fraîche, fut-elle poilue et sur pattes, serait trop tentante pour se retenir de l’abattre. On se mit à appeler le toutou à grands cris. En écho leur parvinrent des aboiements qui les soulagèrent. Oscar était sauf et, manifestement, il avait dégotté quelque chose d’intéressant.  La quête fut courte. Dans ce qui fut le beau jardin de l’arrière, Oscar était en arrêt devant… 
 
Mon Dieu : un gamin !
 
 Il avait quoi, 8 ans, 10, plus ? Peu accoutumée aux gosses, Nell hésitait à donner un âge à cet être déguenillé, paralysé de terreur face à un monstre poilu dont, pourtant, battait frénétiquement la queue. On se consulta du regard sans trop savoir quoi faire.  Kit, immédiatement secondé par Emilia, s’accroupit à hauteur du bout d’homme acculé sous les thuyas. Paroles douces, gestes d’apaisement en renfort eurent raison du garçon qui débita tout de go en réponse :
 
Je suis Charles. Je n’ai rien volé. Je ne veux pas être mangé !  
 
On n’est pas cannibale ! se récria le roi. On est des, euh…
 
Des étrangers, dit très vite Nell.
 
Inventer une fable crédible ne requit qu’une fraction de seconde :
 
Notre capsule d’hibernation à disjoncté. On s’est réveillé il y a quelques heures. Excuse-nous de t’avoir effrayé. Personne ne veut te manger. On veut juste retrouver un ami parti en Alaska.  
 

Charles se délogea de son nid de fortune, s’épousseta grossièrement et ébaucha un sourire :
 
L’Alaska ? Beaucoup y sont allé. J’sais pas si arrivés.
 
 
Tu as faim ? On a des provisions.  
 
Le mot magique eut raison des dernières craintes et, sans plus de façon, le gamin accompagna ces drôles de gens dans l’habitation proche.
Pour dévorer, le nouveau venu dévora. Du reste, tous ayant la dalle après une journée très remplie, on l’accompagna sans remords au « festin »de conserves et biscuits. 
Parler la bouche pleine était passé de mode puisque, sans vergogne, le gosse assouvit sa faim autant que la curiosité de ses hôtes :           
 
Ça s’est passé, y a cinq ans, J’en avais 7. Les parents m’ont oublié dans le déménagement. J’sr’ais mort sans Fredo. Lui et ses potes étaient parés. On bosse pour lui d’ordinaire. C’est pas mon secteur ; j’suis v’nu parce que le mien a été ratissé de fond en comble.
 
Tu viens de quel quartier ? se risqua Nell.
 
S’sais plus. C’est à deux jours à pied. J’allais r’tourner cafter aux autres que c’était un chouette coin quand votre cabot a débarqué.
 
Décider à toute allure étant habituel, le colonel décréta :
 
On t’offre le choix : tu viens avec nous au Nord, ou tu rentres.
 
Elle prenait les devants sur les autres et le savait. Plaider ? À quoi bon. Ils devinaient, autant qu’elle, qu’une bouche supplémentaire serait un poids mais qu’abandonner celle-ci serait par trop cruel.
Charles n’hésita pas une seconde :
 
Suis partant ! Vous avez d’la bouffe, vous !
 
On va rafistoler une, euh, bagnole, une tire. Faut encore la trouver…
 
 J’sais où ! J’ai vu un garage à trois pâtés.
 
Ok, on verra ça demain matin. L’étage n’est pas trop moche. Installe-toi où tu veux.
 
Personnellement, Nell ne voulait pas quitter le labo où dormait leur sauteur. On s’arrangea pour la nuit : chacun pour soi mais deux heures de garde pour tous.
 
La nuit fut longue. On veilla plus que se reposa. Dave ne l’avait pas quittée comme elle l’avait espéré mais même sa présence rassurante ne calma pas ses nerfs.
 
J’ai peur Dave ! Peur de ne rien pouvoir faire… Merci de ta confiance sauf que là, avoue que l’on est coincés et peut-être ad vitam…
 
Il ne le croyait pas. Quelques mots doux, de petits bisous plus tard, elle sombra au creux de ses bras aimants.  
 
Pas de chant du cop pour tirer ceux que Morphée avait attiré dans ses raits. Le réveilla sonna en fanfare par l’intrusion d’un Kit surexcité. Il n’avait quasi pas fermé l’œil et avait été vérifier le garage dont parlait le petit Charles. Il avait trouvé leur moyen de transport !
 
Et il fut là, leur « tank » ! Apparemment l’armée avait débarqué sans le coin et avait tenté de réparer son mastodonte avant de vider les lieux. Kit, passé maître en mécanique depuis un certain « accident » avait bricolé et gagné !
 
À nous l’Alaska !
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Dave Clayton
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Date d'inscription : 01/02/2016

MessageSujet: Re: Révolution   Mer 28 Nov - 21:08

« Attends toi au pire ! »
 
Ce fut tout ce que Dave réussit à savoir de l’entretien de sa chérie avec le commander Lescot. Il avait remisé ces paroles quelque part dans sa tête et  focalisé son attention sur la matérialisation.
 
Oui, dans la vie il y des bons moments, des mauvais moments. D’uns meilleurs, d’autres pires. Mais en toute sincérité jamais Dave Clayton  n’avait été confronté à un pire…pire que celui-là ! Inimaginable, tragique, lugubre, épouvantable…Un coup impossible d’encaisser en gardant  sang froid et bon sens.  En tout cas pendant les premières minutes Dave avait disjoncté pour de bon, même si essayant de dissimuler, sans trop y réussir. 

Le visionnage de la vidéo laissée par Henry à leur intention éclaira les aida à comprendre un peu plus la situation.  La Nature avait pris une belle avance sur l’homme dans sa course effrénée vers la destruction. Cette fois, la menace était venue de l’Espace.  Tempêtes solaires, rayonnements destructeurs et dérivés avaient reconduit l’Humanité dans un monde sans électricité, sans énergie. Un retour forcé à la case départ. Retour inacceptable pour la plupart. Chaos et anarchie avaient forcé la main à l’ordre établi et s’il fallait en croire au bouleversement apocalyptique entrevu, remporté la partie après seul Dieu savait quelles exactions.

Dave n’eut pas de mal à imaginer la kyrielle de drames humains qui s’étaient joués au nom de la survie. Livré à lui-même, l’homme civilisé n’a que peu de choix. Il y a ceux qui veulent vivre en paix malgré tout, trouvant des solutions valables pour s’en sortir sans s’en prendre  à son prochain. Hélas il est bien conne que celui-ci est le choix difficile, le plus ardu. D’autres, la plupart se montreront plus expéditifs, choisissant de prendre à autrui ce dont ils ont besoin partant de la simple idée que dans un monde défait, la loi du plus fort prime.

Il ne fallait pas trop réfléchir pour savoir quel avait été le choix fait.

En son for intérieur, Dave maudit copieusement le commander Lescot et ses idées saugrenues, en ce point il commençait à avoir envie de lui tordre le cou.
 
*Il ne supporte pas de nous voir ensemble Nell et moi ou quoi !?...À peine ensemble et il nous fourre dans ce bordel sans nom !!!*
 

Mais évidemment le moment se prêtait mal à élucubrations de ce genre. Il fallait agir. Trouver à tout prix un moyen pour se tirer de ce guêpier mortel. Plus vite dit que fait !  De la première mesure cohérente se chargea Kit en réussissant mettre en marche le vieux groupe électrogène tant chéri par Henry. Miraculeusement, l’artefact démarra permettant l’usage, restreint, de quelques appareils, dont le lecteur vidéo.
 
Faut faire vite, ça ne va pas durer éternellement !, mots laconiques s’il en est mais il ne fallait pas se méprendre sur leur petit coup de chance.
 
Le premier à ne rien y croire fut ce cher Hendrick qui, décidément, ne comprenait rien ou ne voulait pas comprendre. Bien campée dans son rôle de chef, Nell avait résumé la situation.
 
Les faits relatés par Henry remontent à cinq ans de cette époque. Nous n’avons croisé âme qui vive lors de notre petite virée, ce qui NE signifie PAS que personne n’ait survécu.  Le sauteur ne nous est d’aucune utilité sauf, peut-être en pièces détachées. Je propose donc que nous dégottions un véhicule ordinaire et que nous nous rendions en Alaska, dernier point de chute connu de Henry. Si quelqu’un peut nous sortir d’ici, c’est lui !
 

Échange de regards dubitatifs mais tous avaient semblé tenir l’idée pour bonne. Enfin, pas tous !
 
Je ne veux pas être rabat-joie, interrompit Dave, sortir d’ici est bien la seule solution mais pour ceux qui pourraient l’ignorer la distance qui nous sépare de l’Alaska est…énorme !
 

Ce qui veut dire ?, s’enquit Sa Majesté, en levant le sourcil.
 
7.500 km, pour arrondir…sans doute plus, parce que cela ira de soi que nous ne nous y rendrons pas en roulant sur les autoroutes !
 

Il eut droit à quelques regards de travers et devina la moue pincée du Colonel Watts qui pensait sans doute qu’il était tout prêt  à s’octroyer le commandement sans demander son avis. Emilia ne se garda pas un commentaire de son cru et Kit émit quelques grognements à interpréter comme on voudrait. Dans la foulée Dave assena, sans trop de contemplations :
 
L'hécatombe a eu lieu il y  au moins cinq ans , on peut bien se douter que d'autres avaient ont les mêmes idée migratoires . D’uns, prévoyants  comme Henry, seront partis avant la grosse crise…d’autres, la plupart, je le crains, aura attendu que le ciel leur tombe pratiquement sur la tête pour agir…je vous laisse imaginer la suite !
 

Quelle remontée de moral !
, ironisa le Roi.
 
Majesté, ne vous en déplaise, on n’est pas là pour se raconter des jolies histoires à l’eau de rose… il me semble qu’on est dans la merde jusqu’au cou, autant nous faire à l’idée !

La mise à jour finie, Nell les enjoignit de se lancer dans l’exploration des alentours proches . On y alla, pas précisément la joie au cœur.

Virée éprouvante, s’il en est. De quoi se sentir comme un pilleur, comme ceux qui, en toute évidence,  les avaient précédés. Là, c’était livrée une bataille rangée, sans merci. Carcasses de voitures, maisons incendiées, restes humains épars. Chaos et destruction là où portait la vue. Trouver la moindre chose utile était plus que mince mais la chance leur sourit, maigrement, mais compte tenu de la situation, cela tint du miracle. Quelques fusils abandonnés et leur munitions.
 
Pas étonnant, dit Dave, lugubre en signalant du doigt un magasin d’armes à la devanture et porte éventrées, ils voulaient des automatiques, le plus sûr…ceux-ci sont des fusils de chasse… c’est déjà ça ! *Ils doivent être armés jusqu’aux dents pour délaisser ça !*, pas la peine d’en parler, Nell en était tout aussi consciente, au lieu de cela il prit sa main et la retint dans la sienne tout au long de la pénible exploration.
 
Le sondage des réservoirs ne donna rien, leurs prédécesseurs  y ayant aussi pensé.  Curieusement dans un petit supermarché ils trouvèrent encore quelques conserves. Le triage de sacs et bagages abandonnés ne s’avéra pas follement enrichissant et leur fit mal au cœur, mais à la guerre comme à la guerre ! Retour sans gloire. Face à la maison des Warrington, Dave avait marqué un arrêt.
               
Cette maison est mieux préservée que les autres, n’a pas été pillée…je me demandais bien pourquoi, maintenant je sais…regarde…, un panneau, bien en évidence, cloué sur la porte d’entrée signalait que l’endroit était en quarantaine rigoureuse car contamination par produits chimiques dangereux, faut dire qu’Henry a pensé à tout…Personne n’aura voulu risquer la peau…il y avait assez à piller ailleurs ! Allons y !
 

Que Kit ait retrouvé sa moto donnait de qui réfléchir mais ayant remarqué la disparition d’Oscar, qui s’était pourtant refusé à mettre le nez dehors, on se lança plutôt à sa recherche. Impossible de le rater avec le tapage qu’il faisait et en passant leur groupe se trouva nanti d’un nouveau membre : Charlie.
Un mioche débrouillard de 12 ans qui avait réussi à survivre après l’abandon, involontaire (voulu-on croire !) par sa famille en fuite, et qui fut, mine de rien, une providentielle source d’informations.
 
J’sr’ais mort sans Fredo. Lui et ses potes étaient parés. On bosse pour lui d’ordinaire. C’est pas mon secteur ; j’suis v’nu parce que le mien a été ratissé de fond en comble…J’allais r’tourner cafter aux autres que c’était un chouette coin quand votre cabot a débarqué…
 

Fredo et ses potes étaient sans doute des pilleurs chevronnés. Selon Charlie, leur groupe « d’explorateurs » était conformé par des jeunes, il était le cadet. Ils avaient survécu grâce à mille astuces, étaient armés et capables de n’importe quoi pour continuer en vie.  Personne n’osa demander en quoi consistait le « n’importe quoi, mais on s’imaginait bien que ces gars là n’étaient pas des tendres.
En tant que repas on se contenta de biscuits et conserves. Impossible de se servir de la cuisine, le groupe électrogène ne servant que pour alimenter ce que Henry jugeait de capitale importance.
 
Ouais, il y a bien eu un temps où la bouffe l’intéressait très peu…perte de temps, disait-il, un sandwich sur le pouce et voilà…Doit avoir un réchaud par là…et on pourrait brancher la machine à café…, du blabla sans transcendance question d’alléger l’ambiance , ce qui ne marcha qu’à moitié.

On repartit les quarts de garde et chacun alla chercher son coin pour dormir. Nell voulut rester au labo, près du sauteur et Dave ne voulait que rester auprès de Nell, donc…Il faisait froid dans le vieux bunker, des couvertures firent l’affaire pour leur fournir un semblant de confort. Et,  sans pouvoir faire autrement, la conversation tourna sur leur triste situation.
 
L’anarchie règne, là, c’est la loi du plus fort
, assura Dave, laconique à en mourir, on ne peut pas s’attendre à autre chose et dans les villes c’est sans doute pire qu’ailleurs…
 
J’ai peur, Dave ! Peur de ne rien pouvoir faire !
 

Il la serra dans ses bras et l’embrassa doucement, se voulant rassurant tout en se rassurant lui-même.
 
Pas de pessimisme, ma  chérie, on est vivants et en forme…on est une bonne équipe qui a déjà fait ses preuves et puis…on n’est pas des quidams ordinaires mais des Patrouilleurs de la PTE…*Sans armes ni équipement !*, baiser sur le sommet de son crâne, et tu es notre chef !
 

Cela n’amena qu’un gris sourire aux lèvres de la jeune femme qui semblait très abattue.
 
Merci de ta confiance sauf que là, avoue que l’on est coincés et peut-être ad vitam.

 
Mais non, voyons, ma douce ! Je ne pense pas que Lescot nous ait envoyés ici dans le but de se défaire de nous, parce qu’il savait sciemment où on allait tomber…il ne fait rien à moitié, le bougre, comme quoi il doit avoir aussi pris quelque mesure en cas d’urgence…*Enfin, j’espère !*…Allez, essaye plutôt de dormir, faut être en forme demain…je t’aime, ma rousse…toujours…dans le présent, le passé, le futur…

Il la garda serrée contre lui, jusqu’à ce qu’elle sombre doucement dans un sommeil qu’il souhaita réparateur. Après un moment à la bercer, Dave l’accommoda de son mieux sur le lit de camp qu’Henry employait lors de ses longues nuits d’investigation et procéda, le plus silencieusement possible, à une fouille approfondie du bureau d’Henry. Il connaissait trop bien cet homme, tenu par beaucoup comme un farfelu inconsistant alors qu’il était d’un génie rigoureux. Ses recherches ne furent pas vaines. Il savait bien que si Henry avait dû partir, il devait avoir laissé des instructions à son intention. Bingo ! L’enveloppe se trouvait dans un compartiment secret que seuls Henry et lui connaissaient.
C’était une lettre. Une longue lettre.  Dave s’accommoda de son mieux et entreprit la lecture à la lueur d’une providentielle lampe de poche. Henry commençait par s’excuser de les abandonner à leur sort en expliquant que son devoir était de mettre Louise et les « petits » à l’abri.
 
Vieille mère poule, voilà ce que tu es, Henry…une savante mère poule !

 
Qui avait fait des calculs, terriblement longs et compliqués, supposa Dave, en mettant le pauvre Majors au turbin avec son bien connu entrain esclavagiste, pour découvrir  la vérité sur ce qui allait leur tomber dessus.  Personne en dehors du cercle familial, et cela par manque d’options, n’avait voulu prendre ses dires aux sérieux. Comme d’habitude. Faute de mieux, la famille avait pris ses cliques et ses claques et avait migré le plus loin possible. Selon Henry, les Clayton eux avaient cru en lui et étaient préparés pour les accueillir et survivre ensemble.
 
*Connaissant mes parents…ce ne doit pas être triste !*

 
Henry brossait un tableau réaliste de ce que pourrait être la situation une fois l’Hécatombe ayant eu lieu. Il ne s’était pas trompé.


« Privées d’énergie et électricité, nos sociétés modernes céderont à la panique car nullement préparées pour une catastrophe technologique de cette envergure. L’anarchie et le chaos s’instaureront. Les villes deviendront des pièges et l’homme redeviendra ce qu’il a toujours été, quoiqu’à échelle accrue : un prédateur dangereux. Ce sera une guerre cruelle où tout survivant deviendra un ennemi potentiel. »

Dave avait fait une pause dans sa lecture, essayant de chasser la vilaine angoisse qui lui serrait la poitrine.  Soit, le savant avait parfois des idées plutôt à s’arracher les cheveux, mais sa perspicacité l’étonnerait toujours. Il avait une vision des choses et des faits bien au-delà de celle de l’individu commun et de bien de têtes pensantes. Avec un soupir, il reprit la lettre. Ce cher Dr. Warrington ne savait pas faire court une fois dans la foulée. Des longues, très longues explications sur le phénomène qui affligeait l’Humanité noircissaient les feuillets manuscrits. S’il fallait tenir pour argent comptant les déclarations de l’éminence en exercice, les retombées, c’est-à-dire, le fameux « black-out », s’estomperaient au bout de quelques années et tout pourrait devenir comme avant, au cas où il resterait encore quelque chose, ce qu’il jugeait comme une triste chimère. Cela prendrait au moins un siècle de travail ardu pour que l’Humanité reprenne pied dans une normalité acceptable.
 
On sera redevenus des sauvages pour alors !, soliloqua Dave, bien décidé à ne pas montrer cette lettre aux autres pour ne pas miner leur moral déjà amoché.
 
La suite, courte et concise parlait de la fameuse « Réserve », bourrée, selon Henry, de tout ce dont ils pourraient avoir besoin pour leur longue équipée. Dave savait de l’existence de la dite cachette, sans doute une espèce de caverne d’Ali Baba, version Warrington et qui, comme tous ses projets, demeurait secrète et ultra sécurisée (façon Henry).
 
Tu me prendras toujours de court, vieil homme !
 
Nell dormait toujours. Incapable de l’imiter, il resta là à veiller son sommeil et à penser au futur incertain. L’irruption fracassante d’un Kit plus échevelé que d’habitude mit fin à repos et réflexions.
 
Que tu as trouvé quoi !?...Ah ! Un moyen de transport…tu as fait vite…oui, oui, on y va !
 
La maisonnée dûment ameutée était complète au rendez vous, et ils furent tout autant à   rester la bouche ouverte, franchement éberlués.
Comment Kit s’était arrangé pour bricoler et mettre en état le mastodonte présenté entrerait dans les annales de la débrouillardise humaine.
Ce qui était à présent garé dans le jardin arrière tenait de l’hybride entre un bus et un char de combat. C’était le truc le plus imposant, énorme et blindé que Dave n’ait vu de sa vie. Selon Kit, une fois les ajustements nécessaires faits, une adaptation ci, une autre là, l’engin serait prêt au service.
 
Ben oui, pour convenir, ça convient…On s’y casera tous plus tout le barda…sauf qu’on y repassera pour la discrétion, ce truc risque d’attirer pas mal l’attention, même si on prend des chemins détournés…l’avantage, si tu le dis, Kit, est que ça passe par tout terrain et est en plus amphibie…non, je ne dis pas qu’on va plonger dans les Grands Lacs avec…Ah, c’est silencieux en plus ? Qui l’aurait dit…Ben, j’ai toujours cru que des engins pareils faisaient un boucan pas possible…tiens, cela a même un nom…
 

En effet, sur le flanc du disproportionné blindé on pouvait lire : God’s thunder.
 
Ça promet avec un nom pareil…le Tonnerre de Dieu…et à part son aspect terrifiant, il peut faire quoi, ton Tonnerre ?
 
Kit s’en donna à cœur joie en leur faisant part des merveilles découvertes : l’engin était armé de deux canons, deux super mitrailleuses, avec assez de munitions, d’un lance missile terre-terre et de plein d’autres gadgets utiles. Et le meilleur de tout est qu’il avait pu rendre l’engin parfaitement analogique pouvant fonctionner avec de l’énergie fournie par des panneaux solaires.
 
Tu es un génie, Kit Brown…et maintenant laissez moi vous montrer ma petite découverte personnelle !
 
On le suivit, curieux, de retour au bunker, Charlie était avec eux, en compagnie d’Oscar qui semblait ravi d’avoir trouvé un nouveau compagnon plus disposé à jouer avec lui que ces adultes préoccupés.
Dave poussa, sans grand effort apparent ce qui jusque là avait tenu lieu d’une rangée d’étagères archi combles de tout et n’importe quoi et qui dissimulaient à merveille…un mur. On le regarda, déconfits, le prenant pour fou mais appuyant sur un point exact dudit mur, celui coulissa en silence.
 
La Réserve d’Henry !
 
Le Dr. Warrington avait pensé strictement à tout, contemplé chaque contingence possible.  Provisions hautement énergétiques en sachets, dont on pouvait transporter en grandes quantités sans prendre trop de place, des vêtements, couvertures, sacs de couchage, médicaments divers, tout un attirail médical digne d’un hôpital de campagne.
 
Il a dévalisé l’Armée, on dirait !
 
Plusieurs appareils avec instructions, comme promis, et des armes…pas des carabines de chasse, mais des armes automatiques, une paire de fusils sniper, des armes de poing, des armes blanches allant de la hache au coutelas, passant par la machette. Des munitions en quantité remarquable. Il avait en outre inclus un équipement de camping, deux canots gonflables. Des importantes provisions de combustible et autres choses de grande utilité, comme des croquettes pour chien. Soit, il faudrait faire un tri minutieux en établissant les priorités car il était impossible de caser toute cette manne dans leur Tonnerre de Dieu.
 
Le facteur temps restait préoccupant, comme le fit remarquer Nell à son équipe. Si comme on le supposait, il restait encore des survivants dans le coin, ils ne tarderaient  pas à se rendre compte de l’activité inédite dans la vieille maison…et personne n’avait envie de faire leur connaissance.
On s’y mit à bouchées doubles, tout le monde aidant,  Charlie inclus, chargé de ranger, avec Hendrick, les provisions de bouche. Dave travaillait d’arrache-pied, comme tout un chacun tout en réfléchissant à certains détails que personne ne semblait avoir pris en compte jusque là. Qu’il lâche ce qu’il faisait et file au jardin sans rien dire suivi d’Oscar, fit penser aux autres que cela obéissait à un soudain besoin d’air frais. En fait Dave ne songeait pas du tout à cela. Nell, qui avait fini par le suivre le trouva penché sur les buissons tenant lieu des beaux parterres soignés que Louise aimait tant.
 
Euh…non, je n’ai rien perdu…ou enfin, oui : la notion du temps…sais tu en quelle époque de l’année nous sommes ? Ce jardin est devenu une jungle mais devrait quand même pouvoir nous dire quelque chose…, il s’affairait dans ce fouillis de ronces et branches folles, regarde ça…, il brandissait une petite fleur chétive,  cela ne fleurit qu’au tout début de l’été !...Non, je ne suis pas botaniste amateur…on est en été…ou supposé, le climat correspond mal mais Henry a bien dit que tout était bouleversé…Nous devrons tenir cela en compte, ma douce…parce que là où nous allons…pluie et beau temps, cela fait toute la différence…Faudra penser à s’équiper pour l’hiver…ma  chérie,  l’hiver là où on va ne ressemble à rien que tu aies pu imaginer !…
 

Un peu plus tard, ce fut au tour de Charlie de compléter le tableau. Du haut de ses 12 ans, le petit était un dur, l’était devenu par la force des choses. Mais il reniflait en parlant des animaux du zoo qu’on avait abattu pour se nourrir en se réjouissant pour ceux qui avaient réussi à s’enfuir et couraient encore la nature si les hivers ne les avaient pas décimés. Ce qui ajoutait un danger supplémentaire à cette lutte pour la survie.  Dave fit mentalement la liste d’animaux sauvages pouvant rôder dans les bois et c’était loin de le réjouir.

Trois jours plus tard, sans avoir reçu de visite inconvenante, le dernier colis et eux-mêmes à bord du Tonnerre, Kit démarra un moteur puissant mais ultra silencieux.  Le colosse s’ébranla, avec une souplesse inattendue, on aurait dû qu’il glissait sur le terrain au lieu d’y rouler.

L’intérieur offrait un confort relatif mais assurait leur sécurité. Il y avait des « fenêtres » sur lesquelles on pouvait rabattre une plaque blindée munie d’une meurtrière. Ils avaient chauffage ou air conditionné, un filtre d’air. Même un petit coin kitchenette…et un petit coin WC derrière une cloison isolante.

Le Tonnerre pouvait rouler à 70km/h, vitesse très appréciable pour un véhicule de ce calibre, mais cela ne tenait que sur terrain dégagé, justement ce qu’ils devaient éviter autant que possible. Cette première nuit, ils ne firent aucune rencontre. Au petit matin ils étaient dans le Vermont, proches à la frontière canadienne. Ils avancèrent pendant la matinée à l’abri des bois, autant que possible, évitant toute zone susceptible d’être habitée, et passèrent subrepticement la frontière par un coin perdu n’attirant l’attention que d’une meute de loups et d’un couguar en rogne.
 
Y a vraiment personne !, remarqua tristement Charlie, sont tous morts ?
 
Pas tous…beaucoup ont sans doute pu fuir, dit Dave en lui ébouriffant les cheveux, t’en fais pas, bonhomme on s’en sortira…
 
Le mioche le dévisagea avec une franchise douloureuse.
 
T’y crois rien…moi, non plus !
 
Il se contenta de lui tapoter la tête et aller s’occuper au plus vite à la lecture des cartes.
À mesure qu’ils progressaient en ce jugé zone rurale, l’évidence de vie humaine dans les alentours devint flagrante. Si bien la nature sauvage avait repris ses droits, en regardant attentivement on pouvait distinguer des champs soigneusement entretenus.
Roulant à l’abri des bois, par chemins détournés, ils n’avaient croisé âme qui vive. Kit, parti en éclaireur, vu son talent de pisteur, avait néanmoins  détecté quelques petites communautés rurales et croisé de loin des chasseurs. De là à supposer qu’on les avait aussi repérés il n’y avait qu’un pas, mais l’habitant semblait n’avoir aucune envie de frayer avec des inconnus.
 
*Tant pis, tant mieux !*
 
Au bout d’une semaine, leur parcours hasardeux les avait menés quelque part dans l’Ontario. Suivant la routine établie, on s’arrêtait trois fois par jour pour laisser sortir Oscar que tant de confinement rendait plus dingue qu’à l’accoutumé. On profitait pour reconnaître les environs, faire provision d’eau, de poisson ou gibier à l’occasion.
Assis au bord de la rivière, Dave pêchait tranquillement. Il entendait les rires de Charlie et les aboiements joyeux d’Oscar. Une journée parfaite. L’air était doux , un peu trop doux pour correspondre à ses calculs voulant qu’ils soient en été. La ligne tirait. Une prise que Dave ramenait rapidement et s’apprêtait à prendre dans le filet quand une voix féminine et très impérieuse lui ordonna de tout lâcher et se lever lentement les mains en l’air.
 
Peux prendre ma truite ?, voulut il savoir sans se retourner.
 
Fais pas le comique…lève toi !!!
 
Adieu poisson ! Il redressa sa grande carcasse, mains en l’air comme dit et fit finalement face à la nouvelle arrivante, une toute jeune fille blonde à nattes qui le tenait en joue avec un vieux flingue à chevrotines.
 
Qu’est ce que tu fais là, à voler nos poissons !?, invectiva la mijaurée.
 
Savais pas que la pêche était interdite…pas de panneaux 
!, répliqua t’il calmement, tu peux baisser ton arme…vais pas t’assommer avec ma canne à pêche !
 
Rien n’y fit. Elle semblait bien décidée à jouer son rôle de Calamity Jane jusqu’au bout.
 
T’as pas le droit d’être ici !
 
L’échange de civilités aurait pu se poursuivre encore longtemps si Oscar, jaillissant comme un fou du bois et voyant son maître en mauvaise position n’avait sauté sur la donzelle, la plaquant au sol avec l’efficience d’un quarter-back. Flingue écarté, Dave ordonna au toutou de lâcher sa prise, qu’il léchait avec enthousiasme, et tendant la main, l’aida à se relever. Elle était fâchée tout rouge et se mit à hurler comme un huron en pied de guerre.
 
Pas la peine de faire du foin…vais rien te faire !...Bas les pattes, Oscar !...Et toi, arrête de crier !
 
Tant de grabuge finit tout de même par ameuter les environs.  Kit et Emilia accouraient d’un côté alors que de l’autre trois jeunes gens sortaient de la forêt armés de carabines de chasse. Nell ne tarda pas à faire son apparition, désintégrateur en main. On se dévisage en chiens de faïence, sans trop savoir que faire. La petite blonde à nattes voulut filer mais Dave la retint gentiment du bras. Les trois gars le mirent en joue, Nell le pointa de son arme. Kit et Emilia entamèrent des pourparlers alors que Charlie, débarqué en dernier lieu rappelait le chien et s’en allait tranquillement vers l’endroit où se trouvait le Tonnerre à la bonne garde d’Hendrick.

On s’expliqua, se raconta, tout autant que possible, finissant par se mettre d’accord sur le fait que personne ne voulait du mal à personne. Vaincues certaines réticences les jeunes gens, frères et petite sœur accordèrent leur vote de confiance et narrèrent succinctement leur histoire : fermiers de père en fils depuis plus d’un siècle, ils avaient vu leur vie chamboulée du jour au lendemain avec l’Hécatombe. Privés de tout équipement agricole moderne, de tout moyen de transport et communication, ils avaient fait de leur mieux pour aller de l’avant, employant les bonnes vieilles méthodes d’antan. Retour au cheval et la charrue. Le vieux moulin de la ferme remis en marche pourvoyait de l’énergie nécessaire pour le fonctionnement de la meule et d’un peu d’électricité dans la maison. Puis était venue l’invasion désespérée de ceux qui fuyaient les villes.  La situation devenue chaotique, échappait à tout contrôle. Le gouvernement s’était effondré, l’armée dissoute.  C’était du chacun pour soi avec les moyens de bord. Bon an mal an, avec l’entraide entre voisins, ils avaient réussi à retrouver un semblant de paix et cohérence. Restaient toujours les maraudeurs, les pilleurs et le climat qui se la jouait de bizarre façon.
 
Rien n’est plus comme avant…les saisons sont chamboulées…on est début  Juillet mais on dirait plutôt Octobre…les animaux se préparent déjà pour l’hiver…m’est avis, dit l’aîné,  que l’hiver va vous tomber dessus bien avant d’être arrivés en Alaska…je vous plains…
 
Haut les cœurs !!!
 
Cela veut dire qu’on va tous crever de froid et faim ?, voulut savoir Charlie en s’empiffrant avec ardeur redoublée.
 
Pas nécessairement, mais si tu continues à bouffer de la sorte on pourrait peut-être avoir des problèmes !...T’en fais pas, petit…on va t’apprendre à pêcher et à poser des collets… chasser l’ours?... on laisse pour plus tard !
 
La vie à six, plus un chien farfelu, dans un espace restreint était éprouvant parfois.  Ils étaient obligés de se voir à longueur de journée, l’intimité n’existait pas et à force d’un user, les thèmes de conversation languissaient tristement.  Si coups de blues il y avait, on se taisait bravement en essayant de penser à autre chose. Les moins atteints étaient Kit et son père. Dave pensait souvent à sa grand-mère, se demandant si elle serait encore de ce monde. Nell songeait sans doute à sa mère, sans savoir où elle pouvait bien se trouver. Emilia pleurait parfois en évoquant sa famille même si elle s’en était plaint sur tous les tons. Tout changement était le bienvenu pour rompre la routine…
 
WOW !!! Regardez moi cela…
, Charlie trépignait scotché au périscope, font pas les choses à moitié…des pendus !!!
 
Il fallut que chacun regarde à son tour pour s’en convaincre.  Le Tonnerre arrêté, Charlie se serait rué dehors en premier si on ne l’avait pas retenu en jugeant qu’il avait assez vu du macabre spectacle. Trois hommes, la corde au cou se balançaient tristement au gré du vent . Nell, Dave, Kit et le roi sortirent du blindé et étaient là à se demander que faire quand apparaissant au détour du chemin un groupe d’hommes à cheval coupa court toute réflexion.
 
Qui diable êtes vous et que venez vous faire ici ?, gronda celui qui semblait être le chef.
 
On passait !, se remit à dire Dave sans pouvoir quitter des yeux le pendu le plus proche.
 
Comme ça ?…on passait !, minauda l’homme en riant, cela fait un bail qu’on voit pas de touristes ! Non, pour de vrai…on aime pas trop les intrus dans le coin…la preuve, et il signala les morts, bon, ceux là s’étaient des pilleurs, de la racaille…Vous venez d’où ?
 
Des USA…on va en Alaska !
 
Les cavaliers semblèrent trouver cela follement amusant car ils rigolaient comme des bossus en se tapant les cuisses.
 
Rien que ça !!! L’Alaska, mon pote, pas la porte à côté …même si vous semblez pas mal équipés…vous l’avez eu où, cet engin !?
 

Petits mensonges, gros mensonges. Improvisation, mais cela sembla passer.  Les cavaliers étaient des fermiers des environs, des braves gens sans histoires, ravis, ce qui est plus, de croiser quelqu’un sans mauvaises intentions, cela les changeait de leurs voisins de toujours. Ils étaient là, à discuter quand le vent changea, soufflant de plus en plus fort.
 
Satané temps !!!, jura le chef, on rentre, les gars…et vous autres…vous pensez rester là plantés comme des navets !? Ce ne sera pas du joli même si l’engin semble solide…suivez nous !
 

Obéissant à cet ordre-invitation, le Tonnerre s’ébranla à la suite des cavaliers soudain très pressés de rentrer chez eux. La petite colonie rurale offrait un aspect soigné et florissant. On s’activait dans tous les sens en prévision de la tempête.  Laissant ses hommes s’occuper de leurs familles, le chef guida ses invités jusqu’à une grande maison en bois, du genre rustique mais solide. Sans perte de temps, il indiqua où garer le Tonnerre et une fois tous réunis à l’intérieur, se présenta :
 
Suis le toubib du coin, le maire du bled…Bob Greenshaw… On a tenu bon depuis le début , on s’arrange pas mal et on ne refuse pas d’aider notre prochain…si vous êtes réglo, cela nous va…sinon…vous savez. Et vous êtes qui au juste, voyageurs ?
 

Avant que quiconque, Hendrick prit la parole et présenta son petit monde dans les règles de l’art. Kit et Emilia, son fils et sa bru. Nell et Dave, un couple d’amis très chers, Charlie passa à l’état de filleul démuni et Oscar ne changea pas de statut.
 
On sait jamais chez qui on tombe, souffla t’il, vaut mieux qu’on se dise qu’on est des gens comme il faut !, clin d’œil avisé, avant de suivre leur hôte.
 
La dame de céans prit le relais assurant qu’ils avaient plus besoin de se rafraîchir et de manger quelque chose que de la conversation de son mari. Ce ne fut pas de refus. Éclairés à lampe de pétrole, ils découvrirent les chambres assignées.
 
Je rêve, c’est sûr ! soupira Dave en se laissant choir sur le lit, qui grinça un peu, dis, ma douce…je rêve ?
 
Eh non ! Il était bel et bien éveillé et serait resté très volontiers là à savourer ces instants de bonheur si Nell ne l’avait houspillé en riant assurant qu’on devait les attendre en bas. 
 
Sympathique réunion s’il en est. Repas savoureux qui les changea agréablement de leurs conserves, rations de l’armée et poissons grillés. Mais pour  leurs esprits avisés, il fut vite clair que sous son air débonnaire, le Dr. Greenshaw cherchait à leur soutirer plus de vérités qu’ils n’en tenaient à avouer.
 
Je peux comprendre votre réticence,  assura le toubib, mais par les temps qui courent, on se laisse mal aller à la crédulité…Vous n’êtes pas des gens comme les autres…pas comme tous ceux qui ont fui les villes…et je dis bien : ont…parce qu’on n’en voit guère plus depuis longtemps…cela fait plus de cinq ans que C’est arrivé…tout ce qui devait passer par ici est déjà passé, pause obligée pour observer ses «invités » qui n’avaient pas bronché sans pour autant sembler trop à l’aise, et vous voilà, après tout ce temps, voyageant dans un engin qui n’a rien de rudimentaire…Qui êtes vous, finalement ?...Des scientifiques ? Des militaires ? Les deux ?...Existe t-il un programme secret que nous ignorons tous ? Le Gouvernement a t-il été rétabli ?...Travaille t’on pour remettre tout en ordre ?
 

Après un regard à ses amis, Dave prit la parole.
 
Désolé, Docteur, mais non…il n’y a rien de cela, d’autant que l'on sache…Nous étions des sujets d’étude pour une expérience scientifique à Harvard…sur…la survie dans l’espace !...Sommeil cryogénique !, il reçut un discret coup de coude de la part de Nell, mais poursuivit, le plus sérieusement du monde, faut croire que dans la débâcle qui a suivi l’Hécatombe on nous a tout simplement oubliés…mais au bout de quelques années nos tubes ont cessé leur fonction et nous avons été automatiquement réveillés, pour nous retrouver dans un monde sens dessus dessous…Nous avons trouvé le véhicule, et le reste de l’équipement dans les labos de l’université…ce qui laisse supposer qu’on a quand même pensé à nous…ou peut-être était ce dans un autre but, je l’ignore…Nous avons profité de l’aubaine et voilà…
 

Le…gosse et le chien ?...Eux…aussi ?
, s’étrangla presque le brave docteur.
 
Nell acquiesça en silence, Kit rajouta une couche en termes alambiqués. Emilia n’ajouta rien, Hendrick toussota en signalant Charlie qui s’était endormi  ce qui mit fin à la séance d’aveux. Le bon toubib tout retourné faillit même s’excuser d’être si curieux et leur souhaita une bonne nuit.
 
Et qu’est ce que tu voulais que je dise !?, se défendit Dave un peu plus tard dans leur chambre, en tout cas le bonhomme est servi pour ses théories…ceci expliquant cela et personne pour nous contredire, j’estime qu’on a bien tiré notre épingle du jeu…Allez…au lieu de m’engueuler tu devrais dire que je suis un génie de l’improvisation et que tu ne sais vivre sans moi…, il se prit un oreiller sur la tête, …en tout cas…moi je peux pas…comment que quoi ?...Vivre sans toi…dis pas que tu ne t’en doutais pas…depuis le temps que je te cours après !
 

Dehors, la tempête faisait rage, ils n’en voulurent rien savoir. Leur petit monde à eux était intact…le lendemain serait un autre jour et on s’en occuperait en temps voulu…
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