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 Des rencontres de choc

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Henry Warrington



Messages : 10
Date d'inscription : 03/02/2016

MessageSujet: Re: Des rencontres de choc   Dim 28 Fév - 10:03

S’expliquer ne fut pas aussi ardu qu’il l’avait pensé au départ. Henry estima s’en être bien tiré auprès de cette jeunesse insouciante. En fait lui-même avait peu pigé ce qui s’était réellement passé. L’important était que cela ne se reproduise plus au hasard. Un chat, SON chat serait-il plus malin que LUI ?
La cuisine abandonnée malgré la tentation de reprendre une part de cette délicieuse tarte, Henry s’attela à la tâche.
Le code révélé par Matou était vraiment… révolutionnaire. Le déchiffrer fut cependant moins ardu que le reproduire. Après s’être usé les yeux sur les écrans passant image par image le trajet des quatre pattes de son félin de gouttière, Henry s’arracha quelques cheveux. Les chats ont quatre doigts actifs sur chaque patte… D’accords, quand ils sautent, ils ne les écartent pas Mais peuvent d’un seul coussinet frapper deux touches. Minutie comparative et trois litres de café plus tard, Henry conçut un modèle assez représentatif.

Avant gauche sur cap et Q, droite avant sur 9 en même temps qu’arrière droite sur : et= qui, du fait de la maj deviennent / et + .

Pourquoi Matou s’était-il retourné ensuite n’était pas la question. La séquence produite était n’en était que plus ardue en alignant pas moins de 16 caractères avant le final « enter ».
Le fait que, par deux fois, Matou ait réussi l’exploit tenait de l’impossible ; une sorte de miracle à reproduire, juste pour vérifier. Henry orienta ses caméras et put discrètement observer les allées et venues de son copain poilu. Pas à dire Matou ne s’ennuyait pas. Jamais Henry n’aurait imaginé qu’un chat puisse se déplacer autant sans se faire remarquer alors que son papa le pensait en train d’écraser dans un coin. Mais, près des heures d’espionnage, Warrington comprit ce qui attirait Matou sur ce clavier précis : tout bêtement une minuscule toile d’araignée !  Celle-ci fut éradiquée illico car pas question qu’un nouvel hasard ne trouble ses répétitions personnelles.
Mine de rien, entre observations et tentatives, trois jours pleins s’étaient écoulés. Ce soir-là, Henry était particulièrement heureux car il était parvenu à reconstituer avec succès la formule à appliquer pour allumer le boîtier. Aussi, il fut de bonne composition quand Dave se fit l’ambassadeur délégué pour négocier une sortie au bowling. Pas à dire, Warrington se sentit rajeunir d’un coup comme quoi fréquenter ces 2 couples d’amis avait du bon. Bien sûr, le bowling, il connaissait. Il avait sa boule perso et chaussures ad hoc, le tout datant des années 60 mais bon.

*Ces jeunes n’ont qu’à bien se tenir ! Tu vas les écraser, Henry !*

Cela renforça encore plus son humeur joviale, surtout que la bière coulait beaucoup sans pour autant entamer ses statistiques. Il menait au score car aucun de ses opposants n’était capable de rivaliser avec lui. Pas qu’ils veulent le laisser gagner, non ! Henry était simplement doué dans les comparaisons. Ainsi, il commença à jouer à blanc, histoire d’estimer friction du sol, poids de la boule, force d’impulsion, élan nécessaire. Son équation lui donna strike sur strike au grand dam des autres qui ne lui tinrent pas rigueur de leur déconfiture. Henry s’apprêtait à lancer sa boule quand un incident éclata dans son dos. Concentré sur sa position, il n’avait rien vu ni entendu des raisons initiales à cette rixe. Il regarda la scène avec ahurissement puis amusement car aussi bien les filles que les garçons se bagarraient en toute joie de cœur. Bon, il s’en mêla ? Pas de sa faute si sa boule glissa sur certains pieds…
On se fit éjecter gaiment, sans procès ni amende à la clé, ouf !  
La glace fut définitivement rompue avec les jeunes, d’autant que la petite Boche cuisinait souverainement.
On prenait manifestement soin de lui et c’était plus que réconfortant. Depuis combien de temps était-ce arrivé d’avoir de la compagnie insouciante ? Valait mieux pas s’en souvenir. Ses demi-frères et sœurs ne l’avaient jamais trop encadré, surtout que leurs études opposées les dispersèrent. Ils se gardèrent bien de se manifester les uns comme l’autre, et ne se croisèrent qu’une ultime fois au décès du père commun.
Quelque part, Henry était heureux de la tournure des événements, et pas que question boulot.  Parfois, il se surprenait à penser à Dave… comme au fils jamais eu. Là, dans un sens, ils formaient tous une famille, non ?
Il ne vit aucun inconvénient à ce que la débrouillarde du groupe lui file un coup de main. Cette gamine était une vraie souris. Peut-être pour ça que Matou l’adorait ?  Elle ne rouspétait jamais, allait et venait avec discrétion et intervenait parfois avec une étonnante lucidité pour rectifier une légère distraction. Il apprécia beaucoup moins lorsque Nell fit étalage de ses ambitions :

*Elle me conditionne à mon insu ???*  

Fâché à chaud, Henry ne lui en voulut pourtant pas longtemps. Il est vrai qu’un focalisateur de pensées serait le bienvenu. Toni avait émis une suggestion intéressante au sujet d’un blocage de pensée.  

*Dans le fond, ils ont tous raison. Je dois éviter de ne penser qu’à mes désirs…*

Une nouvelle tâche ? Pour Henry rien n’était impossible. Il lui arrivait fréquemment de commencer un truc sans but défini pour se retrouver avec une invention absolument déroutante. Ainsi, si un petit malin parvenait à sa réserve secrète, il serait très surpris des bidules entassés là depuis des années.  Peut-être aurait-il dû commercialiser mais non… on se serait intéressé à ses travaux  réels et n’aurait plus eu la paix. La renommée, il s’en fichait éperdument, lui ! Il voulait l’interface entre les mondes, rien d’autre. Tant pis si ; par hasard, il avait inventé le tissu indéchirable, infroissable, intachable ; si, dans un placard se trouvait une cape d’invisibilité digne de Harry Potter, la radio la plus miniaturisée au monde, etc. Le tout fait de bric et de broc…  
Nell dut travailler beaucoup pour lui rapporter les ustensiles nécessaires à une création vraiment voulue, cette fois. Pour bloquer la pensée, la réaction humaine la plus rapide au monde dit-on, il suffisait de l’orienter ailleurs ou de la concentrer sur un unique objectif. Le casque qu’il conçut n’avait rien d’une ridicule pyramide en alu. Pour le confort du crâne, Henry choisit la mousse polystyrène. Isolante en sus, cela évitait les parasites. Les électrodes faites de cuivre récupéré d’un chauffe-eau, enrobées de mousse synthétique, s’appliqueraient aux points cruciaux visant la mémoire. Grâce à ce dispositif, Henry serait paré à n’entendre que le bruit du vent ou les ouvertures célèbres de Wagner, selon l’humeur.
Le soir où il présenta son bidule, le courant sauta. Henry en fut très contrarié et pas qu’en raison de la bourguignonne un peu ratée prévue. Les factures… il payait, mais connaissait des hauts et des bas… Cela faisait des années qu’il trafiquait le compteur avec des bouts de ficelles, ou plutôt des épingles de nourrice… Ses installations souterraines étaient si gourmandes…  

*Faudra bien que tu vendes un de tes trucs si tu veux alimenter les commandes…*

Que se passa-t-il au juste lorsque l’électricien vint ? Henry n’en sut rien sur le coup mais une bonne fée devait veiller car Nell lui ramena bientôt du matériel inédit. Henry se crut à Noël avant l’heure.
Son bordel de vieilleries fut remplacé par des engins haut de gamme. Performants, rapides… incroyables. Il les brancha en évitant les questions dérangeantes mais quelque part, il savait.
Ces gosses… Ces gosses se saignaient pour que son rêve devienne réalité. Certes, maintenant, c’était aussi un peu le leur puisqu’ils mettaient tant d’acharnement à aplanir les difficultés matérielles. Mais… Henry se sentit vexé, frustré et… honteux.  
Il la boucla cependant car maintenant que le switch était au point, ça allait être à la jeunesse de se montrer à la hauteur.  

J’ai expérimenté le casque, Nell est témoin. J’ai fait porter le boîtier à Matou qui s’est retrouvé exactement où je l’ai voulu : dans son panier. Les commandes inversées l’ont ramené sur la table. Maintenant, je peux vous envoyer où vous voulez… à condition d’y mettre du vôtre. Mon cher Matou ne pouvait pas penser par lui-même… ou on l’aurait retrouvé sur un toit ou à entreprendre une des demoiselles chattes du coin… Je vais donc confier le boitier 1 à toi, Dave. Tu seras accompagné de Martin… Non, mesdemoiselles, ne protestez pas, vous aurez votre tour si… Dieu le veut.
Jeunes gens, Soyez prêts demain, 9h tapantes ou les filles vous dameront.


Nuit blanche. Tout était-il conforme ? Mentalement, Henry révisa les étapes. En principe, il n’y aurait pas de dérapage.        

Ah… je vois qu’on a fait la bringue pour fêter l’événement. Ici, je signale encore que l’on ne teste que, j’insiste, QUE la téléportation, ses implications, les allers-retours... Non, mesdemoiselles ; ce sera Dave et Martin, point final.  Vous savez où allez ? Si vous trainez à enclencher le bouton de rappel, le second boîtier prendra le relai… sinon, ben vous prendrez l’avion. En aucun cas, vous ne vous distancerez de plus de trois mètres, j’insiste. C’est la distance maximum actuelle pour vous rapatrier en urgence. Fixons nos montres, s’il vous plaît. Vous avez… trois jours. Un coup de fil serait gentil à, euh… l’atterrissage. Martin, tu t’accroches à Dave et toi, Dave… ne perd rien en route. Je… (glubs) bon voyage.

Un éblouissement plus tard, ils étaient trois à fixer… le vide. Henry était à la fois excité et défait.

*Pourvu que… pourvu que… *

Il ôta son casque avec lenteur, jeta un œil aux filles mi-inquiètes mi-râleuses, puis se dirigea vers la sortie du labo :

Le téléphone est toujours fonctionnel en haut ?  

Il fallait bien combler l’attente, non ? Rien de tel qu’un bon repas.
Au bout d’un quart d’heure, en regardant les filles s’affairer dans la cuisine à lui mitonner rien de moins qu’une paella – histoire d’être eux aussi dans l’ambiance – Henry commença à regarder sa montre de plus en plus souvent. Avec le décalage horaire, il devait être quoi ? 15-16h là-bas ? Il avait beau réfuter le flot d’interrogations qui pointaient :

*Et s’ils ne sont pas là où voulu ? Et s’ils sont tombés à l’eau ? Et si on les a vus apparaître dans la foule ? Et si on les a arrêtés… ?*

Pas besoin d’être grand clerc pour piger les messes basses des filles qui devaient s’interroger aussi.
Le boitier bis lui démangea l’intérieur de sa poche. Henry résista. 30 minutes…

Je vais appeler, soupira Henry.

Au moment même où il se levait, le téléphone sonna. Il s’y rua, les filles stoppant tout mouvement, à l’écoute :

… Aah ! Enfin ! C’est qu’on se faisait doucement de la bile, nous… Oui… Lâché ? Comment ça lâché ?... je comprends oui… oui. Le principal est que vous alliez bien tous les deux… Attends… euh… Nell voudrait dire deux mots

Le combiné changea de mains, et on rigola quand la souris confirma que tout baignait. Selon les estimations, les garçons rentreraient le surlendemain, même heure mais avaient promis de sonner entre temps.
La paella fut un peu cramée mais Henry s’en fichait. Jusque-là, l’expérience était un succès.
La journée s’écoula paisiblement, du moins pour les filles à qui Henry avait donné congé. Cela lui semblait plus équitable. Si les gars s’amusaient, pourquoi pas elles ?  
Il se débrouilla avec ses conserves et Matou en compagnie. Le localisateur de déplacement, placé sans mot dire, le renseigna assez sur les allées et venues des voyageurs. En fait, ce n’était pas eux que suivait le savant mais bien le boîtier A. Sur la carte de la costa Del sol, Henry vit un point rouge se déplacer, s’arrêter, repartir et ainsi de suite puis se stabiliser. Probable que les enfants aient trouvé un gîte. Là-bas, il devait être 5h du matin…

Ah, la jeunesse !...*

Rien de remarquable le jour suivant mais le lendemain, on était fins prêts à recevoir les touristes. Le téléphone les avertit de nouveau. On dégagea largement le labo par sécurité.
Fascinant de voir cette aura briller en s’élargissant tel un iris sur le l’eau bleutée.

Eh bien, mes garçons, la prochaine fois emportez vos crèmes solaires !        
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Louise Stark



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MessageSujet: Re: Des rencontres de choc   Dim 28 Fév - 11:19

L'affaire Clayton avait soulevé une certaine attention. Auteur à succès disparait en plein jour à Cambridge, Massachusetts. Un ami avait donné l'alerte d’enlèvement. Pas n'importe qui. Henry Warrington, docteur en physique quantique, professeur à Harvard, père de certaines théories assez extraordinaires taxées de débiles et absurdes.

Juste le genre de témoin crédible dont a besoin toute enquête!, lâcha l'agent Stark avec une moue de dédain, et vous dites Majors que ce Clayton a reparu en France...à peine un peu esquinté par un accident qu'il aurait eu?...

Il est de retour depuis hier, Ma'am...on l'a filé depuis son départ de CDG...il ne voyageait pas seul...voici la liste de ceux qui l'accompagnaient...

Louise Stark cueillit le document, le lisant posément.

Lescot, Martin, médecin...ah! Il a causé l'accident qui a esquinté notre auteur! Drôle de suivi médical..., soupir limite agacé, Watts Nelly...ce nom me dit quelque chose...

C'est l'héritière Watts...diamants et le reste..lourd de millions, cet héritage...fille unique..., crut bon informer le brave Majors.

L'agent Stark secoua légèrement la tête en repoussant ses petites lunettes de lecture sur le nez. Elle détestait ce protocole informatif obligatoire,mais s'y pliait.

Et cette Antonia Marie Fischer? Ressortissante allemande, 25 ans, berlinoise...comment se trouve t'elle mêlée à tout ceci?

Elle pouvait le déduire toute seule mais devait laisser Majors faire quelque chose, le pauvre garçon l'énervait un max mais était un analyste hors-pair.

Amie de la petite Watts, elles ont rencontré selon infos Clayton à l'hosto, lui ont filé un coup demain avec Oscar...le chien...une énorme bestiole . Le gars claque son argent par les fenêtres, c'est su...elles lui ont tapé dans l’œil et voilà!

*Analyste du FBI ou commère de quartier, parfois je me demande si cela ne revient pas au même!* Majors, je ne veux que savoir si Fischer a des...

Elle est clean, Ma'am...tout comme les autres, rien à lui reprocher. Ce sont tous des citoyens honorables...bien sûr il y a ce vide d'infos sur Clayton...mais ça ne fait que quelques heures à couvrir...presque même pas cela compte tenu du décalage horaire...IL a disparu au parc vers 16:00...et son admission à l'hosto en Normandie est enregistrée à 23:15...du même jour!

Je me disais bien que quelque chose sent le pourri et pas précisément au Danemark!

Pardon, Ma'am?, s’interloqua Majors.

Ne vous inquiétez pas, mon petit...juste une réminiscence de Shakespeare!

Ah oui! Hamlet!
, exulta le jeunot.

Tout à fait...*Au moins ça!*...apportez moi un café, Majors, merci!

Elle respira quand le jeune homme fut sorti en coup de vent, se massa les tempes, rajusta les lunettes et se remit à la lecture.

Warrington en vedette à l'accueil, il embarque les quatre,les emmène chez lui..., la migraine la taraudait vilainement depuis des heures, et depuis...

Eh bien depuis,il s'en passaient des choses chez le Dr. Warrington à Cambridge, Massachusetts.

Une semaine et demi plus tard, l'agent spécial Stark avait un compte rendu exhaustif de toutes les misères domestiques, pas des moindres, en cours chez le dit docteur en physique quantique aux théories si méchamment dénigrées.

Après 25 ans de service, sans faille, l'agent spécial Louise Stark était déjà une légende. Une de ces rares légendes encore en vie et bien portantes. Une de ce légendes qui savaient arriver là où il fallait arriver. Sans détours et nulle part ailleurs.

Je finirai ma carrière avec l'affaire Warrington...ça ne changera peut-être pas la face du monde...ou qui sait?...mais je veux tirer cela au clair...il peut s'agir de n'importe quoi allant du trafic commun à, si on croit à ce que radotent ses ennemis, n'importe quoi de foncièrement dangereux...comme quoi, quand on s'y attend le moins, ce cher homme, Dieu ne le veuille, peut..., geste éloquent, tout le monde avait compris.


C'est bon, Stark, il est à vous!

Finalement, ça avait du bon,la pré-retraite avec une feuille de vie impeccable.

La belle maison des Barrow, juste de l'autre côté de la rue, était l'emplacement idéal pour un Q.G dans les règles de l'art. La famille: papa, maman, deux enfants plus toutou, déménagea sans faire du foin, suite à l’irrésistible promotion de Papa.  Si on posa des questions, il y eut toujours une réponse à point. L'important est que les lieux furent vidés en lieu et en heure pour permettre à la nouvelle locataire de s’installer à son aise.

Mrs. Stark joua de tous ses atouts pour vaincre toute suspicion. Ses voisins immédiats se déclaraient ravis de la voir remplacer les bruyants Barrow avec leurs gosses hyperactifs et leur chien squatteur de pelouses d'autrui. Avec ses deux chats, adorables minets, son air distingué et ses manières affables, la nouvelle voisine était parfaite. Bien entendu personne n'avait idée de ce qui se jouait derrière les murs de sa maison. Personne n'eut vent des équipements débarqués, si bien dissimulés entre meubles et bibelots. Logiquement personne ne soupçonna que la jolie maison avec son jardin bien soigné était une planque du FBI...et évidemment c’était parfait ainsi.

Les lois tacites du bon voisinage voulaient qu'on donne la bienvenue aux nouveaux. Cela se passait toujours de la même façon: les gentilles voisines concoctaient un gentil petit plat pour l'offrir gentiment à la gentille voisine qui venait de poser ses cliques et claques dans leur coin de monde. Tout un défilé de charme et bonne foi, tout en profitant pour jeter un coup d’œil plus ou moins discret aux installations.

Trois gâteaux aux pommes, un aux prunes...deux gratins incertains, Majors fit la moue, et puis ça...Wow! Ça c'est vraiment quelque chose...Chocolat plus chocolat...pour moi de l'antidépressif pur...c'est la petite allemande d'en face qui l'a apporté...mignonne comme tout mais ça massacre l’anglais à en faire de la peine...

Antonia Fischer...Mmm...vraiment bon, le gâteau...Il faudra peut-être en demander la recette...non, pas vous, Majors...pour les effets vous êtes mon neveu et décidément vous n’avez pas l'air de savoir frire un œuf...j'irai personnellement!

Majors se garda son avis, selon lequel Ma'am devrait faire un véritable effort pour se rendre sympathique avec la voisine. Ma'am, il la connaissait depuis deux ans et lui semblait, depuis le premier jour, la femme la plus coincée, raide, froide et pince sans rire du monde. Il faut dire que le brave gars en fut pour ses frais...

Mais au lieu de la pimpante fräulein Fischer, ce fut le toubib français qui lui ouvrit la porte. Affichant son plus beau sourire, oui, oui, elle savait s'y prendre, l'agent spécial Louise Stark passa en mode tantine adorable du gourmand d'en face, tendit le plat vide et débita son laïus.

La charmante petite, allemande, si j'en crois aux dires de John...mon neveu, nous a régalés d'un délicieux gâteau au chocolat...la chose la plus délicieuse que j'ai jamais goûtée et que Johnny a engloutie en mois de deux..., le tout en allongeant discrètement le cou pour regarder à l'intérieur, désolant spectacle tendu de plastiques et tonnes de poussière, tiens...vous rénovez?

Explication bien tournée, sans mystères, suivie d'une invitation spontanée pour passer à la cuisine et remercier personnellement l’artifice du gâteau qui en serait ravie, etc,etc...

*Bon, on ne peut pas dire que les chichis l'étouffent, celui-là!*

Après un parcours hasardeux entre matériel de construction, rideaux plastiques et autres avatars de la rénovation, on parvint à la cuisine, apparemment le seul endroit préservé, jusque là. Parfaitement tenu, l'endroit parlait de main experte.
Main experte qui n'était pas seule. Louise, sans arrêter de sourire, reconnut sans mal les présents.

*Le beau gosse c'est Clayton, la petite c'est Watts, la brunette Fischer et le toubib qui suit...pas de Warrington en vue...!*

Elle ne s'attendait pas non plus à le trouver là, à jouer aux cartes avec ses...complices?
Échange de civilités charmantes entre voisins, remerciements chaleureux pour la fée des gâteaux, que Miss Watts se vit en devoir de traduire avant d'être interrompue par une Louise adorable.

J'aurais dû savoir que vous ne compreniez pas trop bien notre langue, le tout en un allemand plutôt impec, suis je sotte...mon neveu me l'a dit...je tiens, mon petit, à vous remercier pour ce gâteaux exquis...et oser, si ce n'est trop demander, la recette...Johnny est affreusement gourmand, elle ne mentait pas, Majors était capable d'avaler n'importe quoi ayant du sucre et mieux encore si chocolat en sus.

Et voilà! On découvrait une facette, bien cachée, de celle que tous tenaient pour un être froid et mesuré, là, elle déploya charme, tact et humour...(ben oui, ça arrive!). Les jeunes gens, soit trop bêtes, soit innocents, soit magnifiques acteurs...soit un peu des trois, se comportèrent comme des jeunes gens bêtes, innocents et bons acteurs, c'est à dire, d'un charme, quasi puéril et imparable, l'invitant à prendre un café et encore, c'était l'heure établie par Toni du Kaffee und Kuchen*, un morceau de délicieuse tarte aux poires et à jouer un petit poker...

Une voix caverneuse sortie de nulle part mit fin aux agapes et jeu de hasard. Bon enfant Clayton informa qu'il s'agissait de Warrington qui travaillait en bas, dans son bunker, et sans plus prit congé. Les autres ne firent pas de grand mystère,mais ne dirent pas grand chose non plus. Louise trouva que le moment était venu de prendre congé à son tour. Toni emballa un beau morceau de tarte aux poires pour Johnny, le neveu bouffe tout et l'invita à repasser quand le cœur lui en dirait.

*Incroyable...ou ils sont dignes d'un Oscar ou je me goure de bout à bout!...Ou décidément, Warrington les embobine comme un maître...mais ils n'ont pas l'air si cons que ça quand même!*

Pendant ce temps, Majors n'avait pas lambiné en chemin.

Demain, on provoque un petit feu, on évacue la maison...et on pose les mouchards...

Pas à dire, la CIA  ou le NSA vous irait mieux, vous...tenez, de la tarte aux poires, elle est fameuse...Faut pas trop les bousculer, nos voisins, je pressens que ça viendra tout seul si on leur laisse le temps...

Majors n'avait que faire des pressentiments de Madame la Légende Vivante! Il adorait les gadgets, modernes et ultra performants, qui rendaient le travail plus facile et intéressant. Plus on écoute, plus on apprend...mais parfois...plus on écoute et moins on comprend!


* Café et gâteaux
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Nelly Watts



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MessageSujet: Re: Des rencontres de choc   Dim 28 Fév - 13:03

Finalement, Henry ne lui avait pas trop tenu rigueur d’avoir tenté d’influencer ses pensées. N’empêche que Nell dut travailler comme une forcenée pour réparer sa « bourde » due à un excès d’enthousiasme. L’un dans l’autre, seul importait le résultat. Ça avait l’air si dingue de pouvoir concrétiser un rêve de mordu de SF. La téléportation, qui n’y avait songé ? Une seconde ici, l’instant suivant à l’autre bout du monde, tout cela simplement par le bon vouloir de l’utilisateur… Fin des files d’attente dans un aéroport bondé, des embouteillages, etc. Beaucoup de détails étaient à régler mais Henry, Nell en était sûre, parviendrait à les résoudre un à un.
L’annonce que le test premier serait effectué par le binôme de mecs n’agréa pas du tout les filles.

Macho un jour, macho toujours…
gronda –t-elle à l’oreille de Toni.

Solidarité masculine ? Grrrr. Si elles avaient été méchantes, les demoiselles auraient purement et simplement fermé… la cantine ! Elles en débattirent longuement le soir où le couperet tomba. Fallait pas être grand clerc pour deviner ce que les gars mijotaient dans leur chambre. Ils rigolaient grassement, dégoisaient à qui voulait les écouter leurs projets. Elles, dans leur propre piaule, ruminaient.

Avec un peu de bol, ils seront tellement ivres qu’ils n’entendront pas le réveil, et ne compte pas sur moi pour aller les secouer ! C’est tellement injuste !... Ouais, je te parie qu’ils vont se la couler douce, vont nocer tard en joyeuse compagnie tandis que nous on va rester les boniches de service !

Toni et Nell envisagèrent sérieusement de barricader la chambre des mecs pour empêcher leur baptême du feu, mais y renoncèrent au final en se disant : advienne que pourra.

Oh, leur tête au matin ! Yeux pochés, air hagard, ils étaient fringants les pionniers de la téléportation ! L’ouverture étant possible, Nell et Toni brûlèrent d’ultimes cartouches pour renverser la vapeur en leur faveur :

Henry, tu vois bien dans quel état ils sont ! Ils vont sûrement foirer quelque chose avec leurs pensées détraquées !


Même si Toni en rajouta une couche semi-compréhensible, rien n’y fit.
Avec leur sac à dos, sourire de gosse avant cadeaux et recommandations à la clé, les explorateurs disparurent comme prévu.

On fait quoi, maintenant ? grommela Nell qui n’encaissait toujours pas la décision de Warrington.

Ah… ?

*Cuisine, évidemment ! Monsieur le savant veut bouffer espagnol à midi ? Manque pas de culot !*

Après tout pourquoi pas ? Ça ferait couleur locale, de loin !
Toni avait fait de multiples achats au supermarché et rempli les nombreux placards avec de quoi tenir un siège prolongé. L’électricité de la cuisine ayant été la première à se rétablir avec les travaux, on put gentiment s’y mettre.
Les oignons suaient avec les poivrons quand, enfin, le téléphone sonna.

Que s’est-il passé ? Pourquoi ils n’ont pas sonné plus tôt ?

Questions, questions…

Henry, passe-le moi !... Dave ? Qu’est-ce que vous avez fichu ? On était morte de trouille ! Ah… bon, ben si vous vous êtes retrouvés, tant mieux. Faites gaffes quand même !... nous ? Ben (sourire ironique ) on va bouffer espagnol aussi, tant qu’à faire. Bon amusement !

Quelques pépins avaient empêché la communication immédiate mais, sauf autres ennuis, ils rentreraient le surlendemain 9h de Boston.
Pendant la conversation, le riz avait un peu cramé. Néanmoins, Henry se montra satisfait et, magnanime, leur déclara qu’elles pouvaient faire ce qui leur semblerait bon pour le reste de la journée et celle à venir.
Elles savaient qu’Henry suivrait les déplacements des lurons en goguette mais, par fierté, se gardèrent bien de lui demander de quoi il retournait. De toute façon, elles avaient mieux à faire que d’observer des écrans ou de cuisiner. Les travaux allaient bon train. Leur directeur était ponctuel aussi bien qu’efficace. En cela, Dave prouvait une certaine efficacité à choisir ses subalternes.
Tout roulant sur l’huile, les filles s’octroyèrent du bon temps. Massage, gommage, relaxation… le pied quoi ! Un peu de shopping agrémentant le tout, c’est très détendues qu’elles rentrèrent en taxi quand Toni fit une remarque sur le changement de voisinage.

De nouveaux voisins ? Tu es sûre ?

Nell, plus souvent rat de cave qu’alouette extérieure, n’avait rien vu de particulier. D’ailleurs, c’était à peine si, depuis leur arrivée, elle avait eu le temps de dire le bonjour aux gens de ce quartier vieillot de banlieue.

… Une dame et un jeune gars ? Ben… je pense qu’il serait temps de dire coucou. C’est une coutume dans ce pays : on accueille les nouveaux voisins avec de la nourriture. Que dirais-tu de leur faire des tartes ?

On en fit le lendemain. Portées avec un sourire de circonstances, elles ne reçurent pourtant en retour qu’un merci poli de la part du jeune gars apparemment coincé. En principe, on se serait attendu à, au moins, un thé ou une citronnade. Rien de tel ; juste un merci et au revoir.

… fait propre chez eux… j’ai entraperçu deux chats, et toi ?

Toni avait à peine distingué plus, mais commenta l’allure du réceptionniste en service :

… oui, j’ai remarqué aussi… « un balai dans le cul » en français, rit Nell.

La journée s’écoula sans heurts à lessiver leurs fringues et passer la serpillère après le passage des ouvriers. Pour tuer le temps à la soirée, on joua au monopoly. Nell se retrouva souvent en prison tandis que Toni achetait des hôtels à tour de bras et Henry les gares. Soigneusement, on évita le parler des garçons. Quoique les filles grillent de curiosité ; Henry ne leur confia rien. Il avait l’air serein, déjà ça.
Tard, Nell en eut marre de se tourner dans ses draps comme un porcelet sur sa broche d’autant que le pauvre Oscar gémissait beaucoup à la cuisine. Qu’à cela ne tienne, la jeune femme se vêtit à la hâte, prit la laisse du toutou et sortit.
Le quartier, même éloigné du centre, était calme. Aucune raison de craindre quoique ce soit surtout avec le lionceau qui l’escortait, à moins que ce ne soit l’inverse. Du moment que le chien ne tirait pas, Nell gardait le contrôle. Comme tout brave clebs, Oscar renifla consciencieusement chaque pied de réverbère, ajouta sa marque, sans – heureusement – rien déposer sur le trottoir.
Ils avaient effectué le grand carré, comme Nell aimait appeler ces croisements de rues, quand soudain, Oscar prit la mouche… ou plutôt le chat. Catastrophe ! Parti mieux qu’une flèche, même Dave n’aurait pu retenir sa bestiole. En moins de deux, Miss Watts se retrouva au sol, tenant ferme en vain :

Oscar au pied ! Stop ! Tête de mule, stop !

Lorsqu’il s’arrêta enfin, Nell devait ressembler à un steak semi-haché, du moins pour les fringues.

Pas trop de mal ? s’inquiéta une voix tout en l’aidant à se relever.

Un peu tremblante sur ses pattes amochées, maudissant le fauteur de ses troubles, Nell haussa les épaules :

Ça va, merci. Oh, c’est vous, euh… Majors, Johnny ?

Aussi embarrassé, sinon plus, que tout à l’heure, essayant de fourrer un bidule dans une poche, le beau gosse s’excusa :

Oscar a dû voir passer Jet ou Twist. Ma pat... tante en a laissé s’évader un des deux.

Mâle ou femelle ?

Euh… je ne sais pas lequel des deux.

C’est parce qu’à part Oscar, on a aussi un Matou qui rôde. Conseil : si vous ne voulez pas être grand-oncle de chatons multiples ou déplorer un décès, vaudrait mieux fermer les loquets. Bonne nuit, Majors.

Vous êtes certaine que tout va bien ?

Mais oui ! La prochaine fois qu’Oscar voudra courir, je lui mettrai une selle et monterai dessus ! Bye !

Toutou remis de ses émotions, elle se remit des siennes en passant du mercurochrome sur ses écorchures et en avalant un chocolat chaud.
Courbaturée au matin, elle déclencha la curiosité de Toni à qui elle expliqua :

Oscar 1, Nell zéro. J’ai croisé le voisin vers 2h du mat… sais pas… il a dit chercher un des chats. Il lui avait peut-être mis un radar, il portait un drôle de truc en main…


On n’y pensa plus. Petit-dej vite expédié, le trio fit les cents pas dans le labo.
Marrant d’aménager un périmètre de sécurité… Enfin, le flash attendu se produisit : ils étaient revenus.

Wow ! Quelle mine superbe messieurs ! les accueillit-elle. C’est quoi ces rougeurs, Dave ? … les miennes ? Un bitume douloureux. Alors, vous nous racontez ?

Installés confortablement devant des tasses de café fumant et des viennoiseries, les garçons ne se privèrent pas de narrer leur parcours. Bien sûr, ils en rajoutèrent sur le plaisir de Torremolinos en août. La presse était si dense dans la Calle san Miguel que le sac de Dave s’était égaré quasi illico. Ce détail fit bondir Henry qui ne mâcha pas ses mots quant à la nécessité de suivre les recommandations. Enfin, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et les filles se retinrent de baver ouvertement quant aux divertissements vécus par les voyageurs.

Au moins, ils souffrent des coups de soleil, ricana Nell à Toni quand elles furent seules… ouais, j’ai remarqué l’odeur de poisson, sans doute une idée de Martin pour soigner leur peau. J’espère qu’ils ne s’en aspergeront pas trop longtemps ou tous les chats du coin vont rappliquer !

Plus tard, ce ne furent pas des minets qui débarquèrent mais la proprio de deux- la fameuse voisine d’en face - que Martin avait reçu à la porte et ramenait à la cuisine pour présenter ses hommages ainsi que compliments pour le gâteau au chocolat.

Pourquoi Nell se hérissa –t-elle intérieurement ? Jalousie des éloges ? Non ! Elle avait contribué au gâteau en battant les blancs en neige et en goûtant. Une longue pratique de la société sous toutes ses formes avait amené Nell à classifier les gens. 3 catégories se détachaient : les gentils, les méchants et les faux-cul. Un instinct poussa Nell à la réserve. Cette Louis Stark était plutôt 3èeme sorte.

*Trop mielleuse, trop droite, trop de sourires… *

Puisque le ton était courtois, Nell renvoya les balles dans une gamme similaire, jouant aux interprètes afin que Toni suive correctement les échanges :

Cette gentille voisine tient à te féliciter pour ton gâteau.

De quoi rendre paf, Louise poursuivit en allemand parfait. Les gars semblaient un peu paumés, Nell traduisit pour eux :

Elle veut la recette pour son glouton de neveu.

Toni, rosissant des compliments et ravie d’avoir une autre interlocutrice linguiste, se fit parfaite hôtesse en invitant la dame à goûter sa nouvelle tarte, voire à participer au poker prévu. Mais Dave fut réclamé par Henry, aussi Louise déclina l’offre non sans accepter sa part de gâteau.
Aussitôt la porte refermée, on commenta à peine cette visite. Martin, peut-être un peu embarrassé de ne pas remercier assez souvent la cuisinière en chef comme elle le méritait, ne tarit pas d’éloges. Ce qui finit par les faire rire.
On ne reparla de Louise qu’au moment du dîner pris tous ensemble. Comme de bien entendu, Henry n’était pas content qu’une étrangère se soit introduite chez eux. Cependant, il dut admettre qu’avec déjà les divers corps de métier déambulant dans la maison, on n’était pas à une voisine près, du moment que cela ne devenait pas une habitude.
Le sujet dévia sur les nouvelles adaptations du bidule, comme aimaient le nommer le quatuor cobaye. Faisant simple, Warrington l’avait doté, outre du traqueur plus pointu, d’une « gâchette », c’est-à-dire qu’en cas d’urgence le ou les voyageurs pourraient à tout moment téléporter et revenir vers son bidule jumeau, autrement dit revenir au sous-sol car Henry n’envisageait pas de déplacer son engin à l’extérieur. Les défaillances techniques possibles seraient aussi évitées Car Henry envisageait de pouvoir rapatrier les voyageurs quand il l’estimerait juste ou nécessaire.
La voie était toute tracée pour réclamer un nouvel essai :

On a hâte de tester ça, dit Nell. Ce sera bien à notre tour, n’est-ce pas ?

Du coup, on débattit sur un lieu agréable aux filles.

… t’es malade Dave ! Qu’irait-on faire au Congo ? Je… (instant de réflexion)… Je vois, je vois même très bien où tu veux en venir. Ben suis désolée de te l’apprendre, mais chez les Pygmées, je serai considérée comme grande, et n’ai pas envie qu’on me demande quel temps fait-il là-haut. Ça doit être lassant d’avoir la tête dans les nuages, non ?

Il y a taquinerie et méchanceté. Là, l’allusion de Dave frisait la seconde sorte. Enfin, elle mit ça sur le compte de la deuxième bouteille de vin entamée, et débarrassa la table sans ajouter mot.

Boudant un peu, Nell déclara forfait relativement tôt pour, après un bain, s’installer confortablement sous sa couette avec un bon bouquin sur lequel elle ne tarda pas à s’endormir.

Johnny Majors adorait sa patronne et se serait coupé en quatre pour la satisfaire. Si tous, au bureau, jugeaient Louise comme une dépassée doublée de parano, pas lui. Elle avait flairé une embrouille avec Warrington ? Eh bien, envers et contre tous, il suivrait le mouvement.
Que son idole refuse de planquer micros et caméras chez le suspect en lui faisant évacuer les lieux subito, va et passe. Seulement, lui, il adorait les gadgets derniers cris. Il fallait seulement accéder au site. La chose aurait été réalisée si, la nuit précédente, il n’était pas tombé sur la petite Nell ou plutôt elle devant lui, à quelques mètres près. Qu’à cela ne tienne, le moyen suivant était tout trouvé. Vu le nombre d’ouvriers hantant quotidiennement les lieux visés, rien de plus facile que de se faire passer pour l’un d’eux. Tous n’y virent que du feu d’autant que les jeunes gens étaient en balades et Warrington planqué au sous-sol. La cuisine fut truffée de micros miniatures, le salon également. Par contre impossible d’accéder aux caves.
L’écoute démarra l’après-midi même de son passage.
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Dave Clayton
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MessageSujet: Re: Des rencontres de choc   Lun 29 Fév - 15:17

Les problèmes! Ça ne manque jamais, ça n'en rate pas une, vous essayez  de ne pas y penser, de  les ignorer carrément, ça ne fait rien, ils attendent, patients. Il devait avoir quelque chose dans ce goût là, se disait Dave, en réfléchissant à tout ce qui leur tombait dessus.

*Et bien sûr, tu n'as rien vu venir...plus con que ça, tu meurs...Nell arrive, et elle...elle pige au quart de tour...tu aurais pu y penser...quel genre d'ami tu es?...Un ami idiot!*

N'avoir rien remarqué, ou si remarqué n'y pas avoir fait trop attention, à la précaire situation économique d'Henry, le mortifiait. Certes la maison était délaissée, la mise du Doc était plutôt négligée, sa voiture était une antiquité mais selon les critères de Dave, on ne saurait pas s’attendre à mieux de la part d'un scientifique farfelu vivant assez en marge de la société.
Il se rattrapa de la meilleure manière possible et fut passablement secoué en découvrant que ses nouveaux amis ne voulaient pas demeurer en reste. Amen. En un rien de temps, la situation changea. Henry, bien entendu ne pipa mot et ne le ferait sans doute jamais mais le connaissant assez bien, Dave aurait pu jurer que le grand homme était touché au delà des mots.

En attendant bien de choses s'étaient passées. Comme quoi, on n'est jamais à bout de surprises. Nell, encore elle, avait réussi à vaincre la sempiternelle suspicion de Warrington et travaillait avec lui au bunker. Et ce faisant, la miss avait conçu quelques idées, pas des moindres, faut le dire. Et c'est ainsi que le Switch vit le jour. Plus performant que le cône d'alu dont Toni avait parlé avec tant d'enthousiasme.

*Au moins là, il contrôle ses pensées et on saura, si Dieu le veut, exactement où on tombera la prochaine fois!*

Échapper à l'euphorique tyrannie domestique de Toni fut tout une joie. C'était comme faire l'école buissonnière! On les regarda, vous savez qui, un peu de travers mais qu'y pouvait-on...l'une travaillait auprès du génie et l'autre faisait de la magie en cuisine...ils ne pouvaient aucunement interférer...pas plus qu'astiquer, balayer, épousseter... bonnes intentions, oui...mais faut pas exagérer et puis, on est égoïstes sur les bords...

Oui, pas à dire! Sans doute un peu machos aussi...mais quelle satisfaction énorme en se sachant choisis pour la première expérience. Quelle soirée! Quelle beuverie!...Quelle migraine le lendemain!
On leur fit des recommandations? Il n'en gardait pas de souvenir. Sans doute oui, c'était de mise. Il s'en fichait en fait, ce ne pourrait jamais être pire que sa virée normande...enfin, il l'espérait!

Et hop! Olé! Viva España !

Pour olé, ce fut olé olé! Ils auraient pu atterrir n'importe où, genre terrain vague, plage déserte, ruelle peu fréquentée...mais non...
Ça grouillait de monde! Vous avez entendu parler de la haute saison à la Costa del Sol? La moitié de l'Europe s'y donne rendez-vous. Deux mecs sortis de nulle part en un clin d’œil,  bousculant presque deux mioches , deux touristes allemands, un belge, épouvantant un chien promené par une grand-mère anglaise...vous direz, pour la discrétion, il y a mieux! Et si cela n'avait été que ça...Quelle odieuse façon de découvrir que la téléportation et la gueule de bois vont très, mais très mal ensemble...Quel tournis de fin de monde! Quel misérable malaise!...et comme les malheurs ne viennent jamais seuls...voilà qu'un habile pickpocket se faisait la malle avec...

Mon sac à dos!, hurla Dave, il a pris mon sac à dos!!!

Au lieu de réagir impitoyablement, ce beau monde si bigarré regarda d'un œil...euh...vague, le voleur qui détalait avec le bien de cet autrui hors de lui qui gueulait comme possédé avant de, vu le manque ulcérant de civisme, se lancer lui-même aux trousses du larron.
Du coup Dave oublia même la gueule de bois. Pas question de laisser ce crétin disparaitre avec son bien, et encore moins avec la boîtier salvateur qui s'y trouvait. Pour être en forme, il l'était, ses promenades quotidiennes avec Oscar y avaient beaucoup à voir. Le voleur n'avait certainement pas un gros chien à balader et le poids de sa rapine le mettait en franc désavantage.

Je te tiens!, jubila Dave en le taclant comme un jouer de foot américain, petit salaud...

Il l'aurait volontiers démoli mais ce n'était qu'un ado plutôt gringalet qui se mit à hurler comme putois écorché attirant inévitablement plein d’attention sur eux.

Ce n'est qu'un enfant!, lança une dame en anglais au premier rang des spectateurs.

C'est un voleur!!!, riposta Dave, furieux.

Martin qui arrivait en retard sut calmer les esprits mais avant de dire ouf les gendarmes du coin s’amenaient, l'air ennuyé, las d'avoir toujours à se mêler de ces histoires. Il fallut s'expliquer ce qui n'alla pas sans mal.

Tu parles espagnol, toi?

Ben non...ou si peu. Les "guardias civiles" n'avaient apparemment aucune envie de donner un coup de pouce, on palabra sans s'entendre et tout le monde  se serait retrouvé au poste si quelques passants n'avaient tenu à donner leur versions des faits. On y alla d'un baragouin en diverses langues que les "guardias civiles" dépouillèrent à la comme on peut. Ils devaient en avoir l'habitude, les pauvres. Le malandrin fut menotté et embarqué, apparemment il était bien connu des autorités. Dave ne voulant que disparaître au plus vite, ne porta pas plainte et l'affaire n'alla pas plus loin. Pas question de se mettre en évidence de la sorte. Les deux copains se mêlèrent à la foule, impossible autrement et faute de mieux flânèrent en se laissant porter par le courant humain.

Avec tout ce monde, on aura beaucoup de chance si on trouve où dormir cette nuit, Martin semblait du même avis, ce qui était loin de les réjouir, mais enfin...on verra bien...au moins on n'a pas perdu le bidule...ben il fait ce qu'il fait toujours...rien! C'est normal aux dires d'Henry...allons boire quelque chose...deux litres d'eau, de la limonade...une bière froide...Au fait...on est bien là où on voulait arriver?

Selon Martin, qui avait glané quelques infos, ils se trouvaient bien à Torremolinos. En pleine saison, et il y avait des touristes partout...dans tous les coins et quand on dit tous, c'est bien de cela qu'il s'agit.

*Faut dire que la logistique, pas notre fort...on aurait pu y penser...*

Un petit kiosque leur fournit les bières, les terrasses des cafés en front de mer étaient bondées, comme métro en heure de pointe. Un micro coin d'ombre leur offrit un peu de répit, la canicule faisait fort dans ce coin de monde.

On devrait appeler Henry...il doit se faire des idées...

Pas à dire, il s'en était fait, des idées...et pas que lui. Après avoir fait le compte rendu de leur "voyage", encaissé reproches et conseils, Dave fut surpris, agréablement, quand le ton ronchon d'Henry céda place à celui, décidément plus amène, de Nell.

Dave ? Qu’est-ce que vous avez fichu ? On était mortes de trouille !

Allons, ma belle, on est des débrouillards...Tout baigne! *Tu veux rire...on fond sur le pavé surchauffé!*

Le reste de la conversation décela un brin d'ironie, du pur Nell mais curieusement Dave sentit une féroce satisfaction en sachant qu'elle se faisait de la bile....ce que, bien sûr, il se garda bien de dire à Martin, au lieu de quoi ils s'employèrent à trouver une solution valable à leur situation.

On va chercher ailleurs...n'importe, tant qu'il y ait plus d'ombre et moins de gens...

Facile à dire. Ni l'un ni l'autre ne connaissait le pays, et n'avaient pas la moindre idée de par où commencer pour mettre le plan à exécution, en attendant ils se grillaient sous un soleil de plomb tout en se perdant en conjectures. Ce fut Martin qui remarqua le fait. D'après lui, on les observait avec beaucoup d'intérêt. Une femme. Une dame, se corrigea t'il, au regard pénétrant et tout de blanc vêtue. Bien sûr, il lui recommanda de ne pas regarder à son tour, mais c'était déjà trop tard. Curieux comme il était Dave regarda...
Oui, c'était bien une dame, effectivement habillée en blanc, plus de première jeunesse,  qui après une minime hésitation quittait sa table à l'ombre confortable d'une énorme parasol en fonçait sur eux avec l’énergique décision d'une frégate de guerre toutes voiles déployées.

Ah, c'est vous l'écrivain!, dit-elle résolument en arrivant face à eux.

Ce n'était point une question mais une très ferme affirmation. Dave se sentit soudain démuni sous ce regard perçant, tout comme il l'était, enfant, à chaque encontre avec sa tante Mildred Clayton, cataloguée sans égards comme force de la nature...de ces forces qu'on doit fuir à toutes jambes, ce que malheureusement on ne réussit que rarement.

Vous avez l'air plus intelligent en photo..., limite offensant, mais c'est bien vous! Je suis Lady Daphne Trewyllian!

Ce qui sans doute expliquait pas mal de choses pour la plupart, sauf pour Dave qui la regarda d'un air légèrement abasourdi peu habitué à être quai insulté si gracieusement.

Euh...enchanté!, un coup de coude discret de Martin le fit reconsidérer la formule, enchanté de vous connaître, Milady!

L'auguste dame émit un soupir.

Vous êtes bien américain, cela explique ce manque de...enfin, peu importe, cela fait un moment que nous discutons à ma table...ma nièce assure que je me trompe mais je ne le fais jamais!, de ça on s'en doutait un peu, et j'admets, ce qui m'arrive rarement, de ça aussi on s'en serait douté, que vos livres m'ont plu...beaucoup plu!


Cela en braquant sur un Dave quasi désemparé un regard pointu, s'attendant, le plus sûr, qu'il tombe à ses pieds éperdu de gratitude. Ce que, bien entendu, il ne comptait pas faire. Petit silence plein de suspens social, après lequel, Martin, pour rien à demi anglais et sans doute plus rompu que Dave aux us et coutumes de la noblesse britannique, prit le relais de la conversation expliquant, avec grand humour, qu'étant partis suite à un pari, les anglais adorent ça, dans un voyage aussi insensé que spontané, ils se trouvaient là sans avoir idée d'où passer la nuit.
Qu'à cela ne tienne. Milady, ravie d'avoir un de ses auteurs favoris à portée de main et un gentleman si charmant, on parle de Martin là, décida, sans que personne n'ose opposer un avis, là c'est du reste de la cour de Milady qu'il  s'agit, que les jeunes gens seraient ses invités. Amen, ainsi soit-il!

Le yacht de la gente dame aurait fait verdir d'envie n'importe quel nouveau riche russe, et c'est déjà beaucoup dire. Le tout dans le meilleur des goûts, luxe bon ton et tout le décorum nécessaire. Encore heureux qu'elle n'insistait pas sur les rigueurs de l'étiquette, sans quoi, Martin et Dave avec leur maigre bagage, qui n'incluait pas de tenue élégante et encore moins de smoking, auraient connu des tristes moments de solitude sociale. Au lieu de cela, ils se retrouvèrent à faire allègrement la fiesta...c'est à dire, à parler de tout et rien, écluser comme piliers de bar, et à mesure qu’avançait la nuit, dériver poliment dans l'onde philosophique profonde qui accompagne souvent ces effusions sociales.

Si j'étais pas si soûl...je te jure que je me sauverais à la nage...Nell aurait trouvé la parade pour esquiver la...enfin tu sais qui...eh, Martin...tu dors?...Ouais, au moins on a un lit...qu'est ce qu'elle a dit qu'on ferait demain?

La question juste aurait été: qu'est ce qu'on ne va pas faire?...Le programme était chargé. Pêche au large, plongée, jet ski, ski nautique, manger, boire, danser, parler...

Suis comme une écrevisse...cramé de partout...aouch...ouais, ça brûle...On est de la même couleur que les autres déjà...sauf qu'ils ont l'air plus cuit...T'aurais pas quelque chose par là?

En guise de quelque chose Martin n'avait rien mais savait improviser...ça puait le poisson à plein nez mais c'était souverain contre les coups de soleil. Logiquement avec leur nouveau parfum personne ne fut triste de les débarquer et leur dire adieu. À l'heure convenue, ils ne furent que plus heureux de finir leur aventure espagnole!

Eh bien, mes garçons, la prochaine fois emportez vos crèmes solaires !, rigola Henry en honneur de leur couleur homard cuit.

Voudrais t'y voir, moi...

Et voilà Nell qui en ajoutait:

Wow ! Quelle mine superbe messieurs ! C’est quoi ces rougeurs, Dave ?

C'est ça, fiche toi de moi...ça, ma jolie c'est un coup de soleil...mais et toi?...Tu as aussi du rouge partout...

Un bitume douloureux. Alors, vous nous racontez ?

*Misère...elle a sorti cette brute d’Oscar et il l'a traînée par-terre...ma pauvre puce, j'aurais dû l'avertir...*...Raconter?...Bof...pas trop à dire...on est tombés dans les pattes d'une folle anglaise qui nous a embarqués sur son rafiot...enfin, yacht grand luxe à bord duquel on s'est amusés comme des dingues *N'importe quoi...* Torremolinos? Raconte leur, Martin...Merci, Toni ces croissant sont délicieux...

Mise à jour en rajoutant par ci, par là, pas question d'avouer qu'ils en avaient eu très vite marre de leur virée et qu'être de retour les comblait de bonheur. Du moins c'était le cas de Dave, il était plus qu'heureux de se retrouver en territoire ami, de discuter avec Nell, de rigoler avec Nell, de voir Nell...toute somme faite, il fallait croire qu'elle lui avait manqué, Nell!

*Et quoi? C'est une chic fille, la petite...sympa, futée comme pas deux...* Ah, bon? Et depuis quand, les voisins?

Apparemment ils avaient débarqué la veille de leur départ mais ils n'avaient rien remarqué. Suivant les bonnes coutumes du coin, les filles leur avaient déjà souhaité la bienvenue.

Ah, une dame et son neveu...et quel air, il a ce neveu?

Ces demoiselles se montrèrent un poil évasives sur ce point. Dave se promit d'y jeter lui même un coup d’œil sur l'individu en question. Mais avant tout cela devenait impératif de se défaire de cette horrible odeur à poisson qui était en passe de le rendre fou alors qu'Oscar s'abstenait même de l'approcher.
Doux retour à la routine des jours heureux. On allait prendre un petit café avec une tarte, made by Toni, succès assuré, quand on sonna à la porte. Marin s'acquitta du rôle de portier et revint suivi d'une dame inconnue au bataillon, qui fit vite de se présenter comme étant leur nouvelle voisine.
Mon Dieu! Quel échange de politesses, le tout pour dire remercier la fine attention-tarte au chocolat-qui devait être rudement fameuse. La dame parlait même allemand et allez savoir ce qu'elle débita à Toni qui n'en pouvait plus de satisfaction. Eux, ils eurent droit à la version résumée livrée par une Nell, discrètement remontée et plus aigüe que d'habitude.

*Elle lui plait pas, la voisine...pas tort, son petit air je ne sais pas quoi ne me dit rien qui vaille, non plus...trop polie, trop charmante pour être honnête !*

Il se voulait assez bon juge de caractères mais ça ne lui réussissait pas toujours. Un de ses professeurs lui avait reproché de ne pas être assez observateur c'était sans doute pourquoi il avait penché vers la science fiction/fantasy...qui lui laissait l'entière liberté d'inventer sans trop se fouler. Commode? Le plus sûr!
Un appel d'Henry le priva de la fin de ce charmant entretien. Le grand homme, au delà des soucis de ce bas monde, poursuivait son inlassable tache. Avec chaque expérience, il améliorait son "bidule", des nouvelles idées germaient. Leur aller-retour d’Espagne s’étant passé sans anicroches, tous les espoirs semblaient permis. Là, il mettait au point un déclencheur d'urgence qui permettrait aux voyageurs de rentrer sans attendre l'ordre de l'opérateur. Henry exposa son idée au cours du dîner.

On a hâte de tester ça
, dit Nell. Ce sera bien à notre tour, n’est-ce pas ?

Pressée de partir voir le monde?
, pourquoi devait-il lui chercher toujours noise? Il n'en savait rien mais cela l'amusait de la voir enrager, ça te dirait le Congo!?

T’es malade Dave ! Qu’irait-on faire au Congo ? Je… (instant de réflexion)… Je vois, je vois même très bien où tu veux en venir. Ben suis désolée de te l’apprendre, mais chez les Pygmées, je serai considérée comme grande, et n’ai pas envie qu’on me demande quel temps fait-il là-haut. Ça doit être lassant d’avoir la tête dans les nuages, non ?

Il se mordit la langue pour ne pas lâcher une riposte genre: "et sentir les pieds des autres, ça te botte?" parce que cela aurait été de trop, franchement de trop, et aurait déclenché Dieu sait quelles hostilités. Il s'en voulut quand même de la voir bouder et se retirer sans un mot sympa.

*Au lieu de l'embêter cherche une idée sympa...sois gentil...ça coûte rien...c'est la seule fille avec laquelle tu peux passer plus de trois jours ensemble sans qu'elle veuille te sauter dessus ou décide t'arracher les yeux...enfin, suis sûr que pour le 1ere option elle n'y a même pas pensé...pour la 2ème..elle fait sans doute des efforts...pas à dire...t'es con, mon vieux!*

Tiens, Hawaï ça prenait comme idée! IL avait passé partie de la nuit scotché à sa Laptop, cherchant des destinations de rêve, pour faire plaisir à la miss....en fait pour faire plaisir à tout le monde sauf que le lendemain on parlait d'une nouvelle tournure de l'idée initiale...

QUOI?...elles vont y aller seules? T'es dingue, Henry..hey! me sautez pas dessus...non, je ne pense pas que vous soyez inaptes...j'ai pas dit ça, moi!!!...Oui,soit...Martin et moi on est partis seuls en Espagne...*Et ça a été merdique!*...c'est différent, Nell...Non, je ne pense pas que tu sois incapable de te débrouiller l'heure venue mais...Martin fais leur comprendre...Ah bon? C'est décidé?, quel effort surhumain pour ne pas tirer la gueule, si vous le voulez comme ça...j'ai trouvé une paire d'endroits qui vont certainement...Ah, tu as déjà ce que tu veux...Ok...je me tais, je dis plus rien...

Pour la suite, il s'emmura dans un silence frayant l'hostile, finie la conférence matinale il alla se promener avec Oscar qui dut flairer sa mauvaise humeur car il n'osa pas un écart même si un minet traversa la rue face à sa truffe.

Belle maitrise de votre chien!, commenta une voix admirative dès l'autre trottoir, l'autre soir je l'ai vu traîner une demoiselle pour moins que ça, petit rire idiot,...je suis votre voisin...John Majors...

*Le bouffe tout?*

Ce qui était agaçant est qu'il n'avait pas du tout l'allure dodue qu'on s'attend d'un...bouffe-tout...alors là pas du tout! Ce qui évidemment m'améliora en rien son humeur.

Salut, suis Clayton...le chat, il est à vous?...Ah! À  votre tante...ben faudra faire quelque chose avec parce qu’Oscar il devient fou avec les minets...et ça peut vraiment foutre la pagaille...Ok, on vous a déjà prévenu...

Vous avez des gros travaux de de rénovation sur les bras, dirait-on?, s'enquit Majors en traversant tranquillement la rue pour bavarder.

*Et qu'est ce que ça peut te faire!?*...Ben oui! Le Prof. Warrington est un très bon ami...Il n'a pas le temps de s'en occuper...on lui file un coup de pouce en surveillant les travaux!

L'autre avait l'air follement intéressé par ce qui se passait chez Henry. On joua au flou poli, en parlant pelouses, irrigation et finalement de nouveau chiens et chats.

Oscar est tout un numéro...il est un hybride entre Terreneuve et dogue allemand, me demandez pas comme c'est arrivé mais le voilà...énorme vache poilue...ah! Vous voulez essayer...vous aimez les gros chiens...allez y..., c'était méchant, décidément vive la mauvaise foi.

Le pauvre Majors fila bon train à la suite d'Oscar qui avait de nouveau repéré le minet.

*Voilà, t'es servi, mon pote...occupe-toi de tes oignons!* Stop, Oscar...Stop...rendez le moi, Majors, rattrapez plutôt votre chat...


Il n'avait certainement pas gagné la sympathie de son voisin mais au moins s'était fait plaisir en le ridiculisant. Enfantin? Le plus sûr. Stupide, sans aucun doute. En tout cas ça lui apprendrait à rire des déboires de Nell.

*Ça ne tourne plus du tout rond chez toi...* Oscar, on rentre!!!

Soirée animée. Les filles étaient émoustillées avec l'idée de partir à Hawaï seules, se faisant toute sortes d'idées, surtout Toni qui n'en avait qu'une idée-carte postale, surfeurs bronzés à la clé. Nell semblait très bien savoir ce qu'elle voulait, ce qui, curieusement ressemblait pas mal à ce que Dave avait choisi en pensant que...

Martin avait l'air si tranquille en apparence que ça résultait énervant. Dave boudait...oh que oui!

Tu vas rester là, sans rien dire, ni faire?...Toucher deux mots à Toni aiderait! Moi à Nell...t'es dingue! Pour un peu plus et elle me dézingue...Ouais, j’ai peur...sais pas pourquoi...Henry est si vague...Nell ne dit pas trop...le nouveau truc d'Henry...la gâchette, comme il l'appelle... c'est ça qu'elles vont prouver...et si ça ne marche pas?

Martin allongea une explication tout à fait raisonnable sur le fait que si ceci n'allait pas, on se rattrapait par là, qu'Henry contrôlait le tout, etc,etc...

*Hmmmm...et zut!*


Dernière édition par Dave Clayton le Dim 6 Mar - 13:56, édité 1 fois
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Martin Lescot
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MessageSujet: Re: Des rencontres de choc   Lun 29 Fév - 17:15

Hors de son cadre habituel, Martin avait un peu de mal à se situer. En général, c’était lui qui dirigeait, prenait les décisions, ordonnait. Des vies dépendaient de lui, non ? Là… Il se sentait déconcerté, en porte-à-faux vis-à-vis de sa routine. Dans un sens, c’était assez gag de vivre ainsi, loin des tracas du quotidien, et des femmes traitresses. Peut-être était-ce pour cette raison qu’il avait suivi Dave : découvrir autre chose ?
Pas à dire, il était servi. Cela faisait un bail que ses études s’étaient achevées. Aussi, retrouver un milieu fraternel n’était pas du tout déplaisant, pas plus que d’obéir sans moufter aux injonctions des unes ou des autres. Certes, les travaux ménagers – quoique déjà exercés – n’étaient pas sa spécialité, pas plus que la cuisine mais on s’y faisait. Il avait dépassé le stade du remords d’avoir involontairement blessé Dave et appréciait de plus en plus la compagnie obligée par la situation. Rire ? Il avait oublié ce que cela voulait dire. Cogner ? Encore plus. Bref, il redécouvrait les joies d’une société sympathique et aurait été le dernier des idiots pour s’en plaindre d’autant que les avantages étaient multiples. D’abord, il participait à une expérience inédite, de celle qui pouvait changer la face du monde ! C’est quand même pas donné à tout le monde, ça ! Puis, se lâcher des contraintes ne se négligeait pas non plus, de même que de bouffer divinement à satiété tous les jours. Sa bonne avait beau être assez cordon bleu, Toni la surpassait très avantageusement. Même simples, ses plats étaient à en redemander et non à avaler la tête ailleurs. Ensuite, pas à dire, Toni était quand même nettement plus agréable à regarder que sa sévère gouvernante Marie. Bref, cette existence était plus qu’acceptable puisque l’on se marrait quasi tout le temps.
Le grand jour arriva enfin. Cette fois, Henry était certain de son fait. Grâce à son switch, les pionniers allaient pouvoir viser ce qu’eux auraient décidé et non lui. Pourquoi l’Espagne et Torremolinos en particulier ? Ben, c’était une station balnéaire réputée pour l’amusement, tiens !

*Oh, mon Dieu !*


Téléporter avec la gueule de bois ne leur réussit pas. Leur bagage, léger, avait été empli à la va-vite, omettant bien des choses indispensables quant au lieu visité. Dave et lui s’étaient dit que pour une journée et demie à passer là-bas, ils n’avaient pas besoin de grand-chose. Deux ou trois sous-vêtements, un slip de bain, brosse à dent, rasoir et argent : amen.
La désorientation les submergea au point que, manque de réflexes, Dave se fit piquer son sac quasi immédiatement alors qu’ils étaient perdus dans une masse grouillante de gens souriants.

*Merde, merde, merde ! Le boîtier est dedans…*

Courir ? Ben, Martin tenait la forme mais moins que Dave qui en avait plus l’habitude en raison de son veau de chien.

*Wow ! Quel placage !*

Digne d’un champion de foot, Dave parvint à maîtriser le voleur sauf que ce dernier – un très jeune gars – se mit à hurler mieux qu’un possédé. Cela ne rata pas : les flics s’amenèrent.

Faisant appel à sa mémoire, Martin tenta quelques mots oubliés :

Esta un ratero. Mochila esta nuestro. On est victimes… victimos… ou mas, sais plus…


Dave s’étonna de son baragouin autant que lui-même. Cependant, les agents n’en firent pas un plat et, le jeune gars menotté, on leur ficha la paix.
Torremolinos débordait de touristes ; une vraie marée descendait la calle San Miguel, longue rue avec la mer au bout. Que faire d’autre que de flâner aussi ? La plage grouillait, comme ses abords. Les garçons firent la queue devant une buvette avant de recevoir leurs rafraîchissements car, même chemises ouvertes, ça tapait dur le soleil ! À L’ombre d’un palmier rabougri, ils s’assirent, puis Dave se rappela devoir joindre Henry. Apparemment, on s’était inquiété d’eux, là-bas et, vu les traits et le ton soudain réjoui de Dave, ce dernier avait changé d’interlocuteur.

*Je parie que c’est Nell…*

Il imaginait mal Dave dire « ma belle » à Henry…
Lorsque la communication s’arrêta, Martin faillit demander à Dave le pourquoi de son air de chat comblé mais s’abstint. Il fallait se montrer pratique avant tout. Là, ils étaient plutôt paumés, n’avaient pas de plans des environs et trouver un logement risquait d’être ardu vu la fréquentation du lieu hautement couru. Ouvrant ses oreilles au passage de groupes de touristes – des familles, des jeunes se faisant valoir, etc- il saisit pas mal de langues différentes dont beaucoup de français. À écouter, même les campings locaux étaient plus pleins que des œufs. Son observation, visuelle, également, le convainquit bientôt qu’à la terrasse chic devant eux, on les étudiait avec une attention soutenue.

Surtout ne te retourne pas. Une femme semble s’intéresser particulièrement à toi… Une dame d’après son allure et sa mise en blanc…

Bien évidemment, Dave n’en fit qu’à sa tête qu’il pivota dans la direction interdite.
Action, réaction, la dame, tenant d’une main son chapeau à larges bords, fonça sur eux, les pans de sa veste légère déployés dans son sillage la faisant ressembler à une grande mouette fonçant sur sa proie. Manifestement, cette Lady – et c’en était bien une puisqu’elle se présenta ainsi- avait reconnu l’écrivain, le jugeant l’air plus intelligent en photo. Vint ensuite un éloge au talent livresque de l’Américain qui restait là, assis, tel un parfait idiot malgré les tentatives de Martin pour rectifier son attitude. Autant prendre le relais :

Mes respects, Lady Daphne, veuillez excuser mon ami Dave. Docteur Martin Lescot, pour vous servir.

Cela débité bien droit avec légère courbette à la clé.

Voyez-vous, vous nous trouvez là un peu désorientés pour ne pas dire complètement perdus. Dave, Mr. Clayton, adore les paris absurdes. Ainsi, quand il a prétendu qu’en venant ici sans rien avoir réservé, il nous dégotterait certainement de quoi nous loger, j‘ai dit chiche et… nous voilà à la rue… Bien évidemment, Dave est ravi de rencontrer une fan aussi prestigieuse, n’est-ce pas, Dave ?

À la rue ? Vraiment ? Je ne tolérerai pas cela. Plus on est de fous, plus on rit. Joignez-vous à nous, vous ne le regretterez pas. Mon Yacht mouille juste à côté.

Un bien, un mal ? En tout cas pas de quoi se plaindre ! L’ambiance nocturne sur le bateau fut très sympa et pas collet monté pour un sou, ouf. Si beaucoup de groupies papillonnèrent autour d’un Dave de plus en plus éméché, Martin eut sa part de flatteries.

Martin Lescot ? Le vrai docteur Lescot ? Mon oncle vous doit la vie !

Ma mère aussi ! Comment se fait-il que vous n’exerciez plus à Paris ?... Evreux ? Où est-ce ?...

Marrant d’être considéré quasi comme le bon Dieu. Sauf qu’à la clé, pas mal de belles personnes voulurent des consultations gratuites. Vaillant, courtois, Lescot dévia adroitement le sujet, prétendant – à juste titre – ne pas pouvoir exercer à l’étranger surtout en étant éméché.
Qu’à cela ne tienne, on but encore, dansa à la comme on peut et rigola pas mal.
Assez claqués et enroués à force de tant parler, voilà que Dave redoutait la journée à venir. Il est vrai que leur hôtesse les gâtait avec un beau programme de folies nautiques en tous genres. Le souci majeur n’en était pas moins que les deux garçons étaient déjà aussi grillés que des sardines à la plancha. Direction : les cuisines.
Si Martin n’avait pas pris sa précieuse mallette – une première – c’était à cause de la gueule de bois. On ferait donc avec les moyens du bord. Une craie chauffée, pulvérisée dans un récipient, amalgamée à de l’huile – olive ou autre – et hop, un bon liniment oléo-calcaire. Sauf qu’un toubib avec trois verres de trop dans le nez, ça confond parfois olive et morue… Ils empestèrent ? Et Alors ? C’était souverain contre les brûlures et les filles collantes.
À 16h, on les débarqua avec bonheur partagé. Déjà qu’on les prenait pour des gays…
Depuis un coin discret, Dave appela la porte dans laquelle ils s’engouffrèrent sans remords.
C’était bon de rentrer à la maison. Raconter tout ce qui s’était passé ? Oh que non ! On se contenta des grandes lignes. Il trouva cependant Toni assez silencieuse et s’en inquiéta après avoir répondu évasivement à Henry et Nell :

Quelque chose cloche ? Je… je t’ai rapporté un truc…

Loin des autres, il fouilla son sac et lui tendit deux petits présents. C’était tout bête : un éventail chamarré et un lexique allemand-français.

Me suis acheté le même, euh, buch, book, bouquin, livre. Plus français-allemand…

Charmante Toni ! Elle rigola, cela valait mieux que ses beaux yeux larmoyants de l’autre fois.

En tout cas, d’après ce que les filles contèrent, ils avaient loupé l’arrivée de voisins. Mais bah. Quand on a le sentiment d’être chez soi, qu’importe le voisinage ?
Pourtant, soi-disant alléchée par sa tarte de bienvenue, débarqua le lendemain, la « gentille » voisine.

*Elle a collé des strips transparents au coin de ses lèvres pour sourire ainsi ??*

Les intentions de la dame, son plat vide, forcèrent Martin à l’admettre dans la cuisine où Toni reçut ses félicitations et demande de recette. Bête, mais Martin s’en réjouit autant que la cuisinière.

*Un de ces 4 faudra lui démontrer qu’on apprécie vraiment ce dont elle nous régale… et le reste…*

Les occupations suivantes tournèrent autour du prochain déplacement. Si Dave cria ouvertement sa révolte à l’idée que les filles seules aillent se promener à Hawaï, Martin n’en pensa pas moins mais établit en douce des plans de secours.

Il va leur falloir un endroit d’atterrissage sûr… Non, Dave, cela ne me réjouit pas plus que toi mais elles ont gagné ce droit elles aussi, non ? Regarde, me suis procuré un plan détaillé de l’archipel. À mon sens, elles devraient éviter Honolulu mais suis certain que si on leur dit, elles iront.

Ils épluchèrent les meilleurs solutions et conditions car, sans le prononcer de prime abord, ils étaient inquiets.

Henry modifia encore des trucs aux bidules, renforçant la sécurité. Les filles pépiaient entre elles tels des oiseaux impatients de voler.

On est des cons, se risqua Martin à Dave un soir alors que penchés sur cartes, plans, et trousse de secours. On est partis bourrés, sans avoir rien préparé. Suis certain que les filles ont déjà planifié plus que nous… Oui, ok… faudrait quand même pas les larguer… Ce qui m’effraie ? Euh… de ne plus manger de tarte ? Non, sans déconner, j’ai peur qu’une autre porte s’ouvre, celle qu’Henry veut trouver car si cela se produit… on les perdra, mon vieux !

Jour J.
Parées, les filles l’étaient. Elles n’avaient pas nocé, s’étaient couchées sobres la veille et empli des sacs avec un nécessaire en apparence très bien nanti.
Mal à l’aise devant les minois excités, il confia aux filles une petite trousse :

Crème solaire, anti-moustique, antiseptiques et bricoles. Bon voyage…

Un bisou plus tard, elles s’évaporaient.

Depuis sa table de surveillance, Majors ne pigeait que dalle. Les filles allaient à Hawaii ? C’était ce qu’il pensait avoir compris. Vers 9h du matin, il dut ôter en urgence son casque d’écoutes. La fréquence avait été hautement altérée au point de l’y obliger. Puis… Il écouta, écouta… les caméras externes lui prouvèrent qu’aucun véhicule ni personnes n’avaient franchi le périmètre d’observation. Pourtant… Plus aucune voix féminine ne résonnait dans les lieux épiés. Il fallait en avoir le cœur net. Très embarrassé, il alla trouver sa patronne :

… désolé de vous déranger Mrs. Stark. On dirait bien que les filles ont, euh… disparu... oui, je me suis permis de planquer des mouchards… Personne ne se doute de rien, j’en suis certain… Venez voir et entendre par vous-même…

Elle y passa des heures, puis, satisfaite, décida d’aller sonner chez les voisins…

Quand elle rentra bien moins d’une heure plus tard, elle lui fit une liste détaillée de courses à effectuer. On aurait trois couverts de plus à dîner ce soir-là…
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Henry Warrington



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MessageSujet: Re: Des rencontres de choc   Mar 8 Mar - 16:53

La téléportation, ce n’était pas si mal comme invention. Avec quelques améliorations, cela deviendrait sûr et peut-être rentable... un jour. Henry n’en était pas moins très tracassé. Les gamins avaient faits leurs gamineries, passons. Maintenant, les filles réclameraient leur expérience, sa main au feu. Or il était hors de question que ces mignonnes donzelles aillent se perdre aux confins du monde dans n’importe quelle condition, ni préparation. Ah, Nell avait tenté de l’orienter ? Henry était bien décidé à lui rendre la pareille, à son insu, si possible.
Les gars l’avaient échappé belle, enfin pas tant que ça puisque lui disposait maintenant du rappel d’urgence encore à tester, du reste.
Henry se fichait pas mal de ce que l’on pouvait penser de lui. Néanmoins, il aimait croire être encore assez vivant pour s’intéresser aux autres. Oui, oui, il avait son but, ses tics ou tocs mais avait toujours bon pied, bon œil et bonnes oreilles. Les chamailleries perpétuelles, les vannes dont aimaient s’arroser Dave et Nell ne lui échappèrent pas. Les petites attentions, timides et discrètes de Martin pour Toni, non plus. Loin de lui de se mêler de ça. Chaque chose en son temps, et tout viendrait à point si point il devait avoir. Certes, les états d’âme de ses cobayes entraient en ligne de compte. Il aurait souhaité Dave un peu plus, euh… concerné ? Impliqué ? Moins dispersé en tout cas. Pas qu’il ne fasse pas ce qu’il fallait quand il le fallait, mais il prenait les expériences un peu trop par-dessus la jambe, à son sens. Quoiqu’il en soit, Warrington était très conscient de ce qu’il imposait à cette jeunesse, de ce qu’il lui devait.
Il revit Dave plusieurs fois depuis son retour d’Espagne, interrogea également Martin, se persuadant que des améliorations supplémentaires s’imposaient. Avec la gâchette, les voyageurs n’auraient plus à attendre que le jumeau soit branché ; ils pourraient rentrer aussitôt que désiré pour une raison ou l’autre. Seigneur que ces travaux en haut l’agaçaient. Ça forait, tapait quasi sans arrêt. Le blindage du bunker ne freinait manifestement pas tous les sons, hélas. De plus, Henry apprit qu’une étrangère avait osé s’introduire jusque dans sa cuisine ? Il s’emporta contre ses invités :

Vous ne réfléchissez donc pas ? Cette « dame » pourrait être à la solde de la concurrence ! Vous auriez dû m’avertir aussitôt, ou mieux la laisser dehors !... oui, j’étais occupé mais pas au point de ne pas aller botter le train à une saleté de fouineuse ! En tout cas, je ne vous félicite pas et j’espère bien ne plus entendre parler de voisins !

Henry était parano, et le savait. Néanmoins, il était crucial que personne de plus qu’eux cinq ne sache de quoi il retournait. Il avait trop vu de collègues se vendre à l’armée, même sans s’en douter une seconde jusqu’à ce que leurs inventions soient appliquées dans le sens contraire à celui désiré. Rien qu’en cela, la téléportation était déjà redoutable ! Henry en fit des cauchemars. Il vit des armées entières investir des Pays en un clin d’œil, des déportations en masse, des assassinats et autres horreurs défiler pendant sa nuit agitée.

Je dois ajouter un antivol ! dit-il aux filles le lendemain. Il n’y aura que vous qui puissiez armer la gâchette. La reconnaissance vocale sera essentielle… non, miss Fischer, pas les empreintes ; on pourrait vous couper les doigts pour activer le bidule. On se contentera d’une phrase code que vous et Nell allez enregistrer sur le champ.

Aïe, il n’avait pas pensé aux difficultés d’élocutions de Toni. Eh bien tant pis, ce serait sa signature très personnalisée, inimitable.

Dites une phrase simple que vous ne risquez pas d’oublier en cours de route… je ne sais pas, moi ? Euh ? Gentil coquelicot ? Dodo l’enfant do ? Ce que vous voulez mais pas plus de dix syllabes, s’il vous plaît.

Opération terminée avec fou rire des filles, puis, il leur demanda si elles avaient déjà prévu leur installation à Hawaii, les conditions, etc. Pas à dire, elles étaient organisées. Pourquoi les mecs l’étaient-ils moins ?

*Question de génome…*

Jour J bis

Vous vous souvenez de votre phrase code ? Vos vouchers sont validés ? Alors… revenez-nous vite.

Smac, smac, bisous et hop.

Marrant de voir la tête des petits gars. Pas à dire, moins de cinq minutes après effacement, elles leur manquaient déjà, les nanas.
On reçut l’appel de confirmation de bonne arrivée en temps et heure mais à midi, les estomacs grondèrent à vide.
Les garçons se chamaillèrent un peu à la cuisine. Dave voulait commander du tout prêt, Martin voulait éviter de gâcher les provisions. En fouillant les réserves, ils parvinrent à un compromis. Les braves filles avaient planqué des petits plats à réchauffer dans frigo et congélo.
L’alarme à incendie se déclencha avant l’heure du repas du soir. Remontant en coup de vent, Henry constata les dégâts. Lescot avait fait ce qu’il pouvait mais connaissait mal la cuisinière au gaz. Résultat : fumées et cramage total.
Bon, à part fumées âcres et bouffe immangeable, pas de feu. Sur ce : ding-dong…

Les pompiers, déjà ? grommela Henry en courant ouvrir la porte d’entrée.

Comme frappé par la foudre, il considéra la femme qui se tenait devant lui avec ébahissement :

Des femmes pompiers ? *Même pas d’uniforme ?*

Elle le prit avec humour non sans remarquer les restes de fumées flottants.

… Hum, oui, nous avons eu un léger problème de cuisine. Vous êtes ?... Aaahhh… la voisine… Bonsoir Mrs. Stark.

Il allait lui claquer la porte au nez quand un pied menu s’y intercala :

… oh, zut ! Excusez-moi ? Je ne vous ai pas fait mal au moins ?

Elle prétendit que non mais semblait bien décidée à s’incruster. Lui d’un côté, elle de l’autre…

Les dégâts ? Euh… je sais pas. Mes garçons aèrent et lavent. Merci de vous en inquiéter mais… On est occupé… Hein ? à dîner ce soir ? Ben…Restez-là !!! Je reviens. DAVE, viens ! DAVE !

Il planta sa voisine sur le seuil et courut à la cuisine. Y trouvant les garçons en train d’arranger les lieux, il haleta en pointant du pouce l’entrée :

Louise Stark est là ! Elle veut nous inviter à dîner. Qu’est-ce que l’on fait ? J’ai dit non mais lui ai écrasé le pied. Je fais quoi ?

Dave rigola, Martin rajusta son T-shirt et se dirigea vers l’entrée. Quelques minutes après, il revint : invitation acceptée ! En attendant, il fit des sandwiches, foi d’Henri très corrects.

Henry, chose exceptionnelle, avait passé 1h sous la douche et devant le miroir de la vraie salle de bains – fort bien rénovée, du reste – avant d’oser en sortir pour subir les critiques de deux jeunes gens en tenue mi-cool, mi- chic.

… comment ? Suis ringard ? Ça veut dire quoi ?

Explications, déshabillage et rhabillage express. Qui le coiffa, le rasa, le pomponna ? C’est assez déboussolé qu’Henry se retrouva en face avec un bouquet de fleurs en main, les garçons portant du vin.

Ding, dong

Tiens, le neveu…

John Majors, m’a-t-on dit ?

Ma tante arrive dans un instant. Veuillez me suivre, s’il vous plait.

Henry se demanda si l’expression « coincé du croupion » existait encore en posant ses pas dans ceux de leur hôte. On s’assit dans un séjour relativement coquet, sans extravagance chichiteuse.

Puis-je vous proposer un apéritif ? Vermouth, gin ? On a de tout.

*De tout ? Petit prétentieux !*

Petit était exagéré vu la taille du gars mince. N’empêche que c’était marrant de l’embarrasser…

Martin et Dave passèrent commande en proposant même leur aide, lui déclara :

Une passion Normandie pour moi, s’il vous plaît.

Majors se croyait paré à toutes éventualité mais… c’était quoi, une passion Normandie ?
Vite, il détala laissant les garçons au bar à se confectionner leurs trucs tandis que lui filait à son ordi :

Calvados, ananas, curaçao… je fais avec…

Il tripatouilla à la -comme-on-peut dans un shaker, et si le vieux en faisait une attaque, tant pis.

Trop d’ananas, pas assez de curaçao mais buvable. Henry y trempa les lèvres en approuvant – soi-disant – du chef :

Presque parfait. Mais quand aurons-nous l’immense honneur de voir notre charmante hôtesse ?

Tadam ! Mieux que des effets spéciaux, Mrs. Stark apparut à l’entrée du salon. Garde-à-vous général.

*Beau brin de fille !* pensa Henry soudain embarrassé en s’inclinant pour un baisemain désuet. Les gars rigolèrent en douce et se contentèrent du shake hands normal.
Mis à l’aise par quelques paroles courtoises, la gent masculine s’orienta vers la salle à manger. D’emblée, Henry remarqua le style de cet intérieur à la fois sobre mais de très bon goût. L’hôtesse, seule femme à bord, s’installa à un bout de table, conviant Henry à l’autre tandis que Majors s’imposa à la droite de Louise et Martin à sa gauche.
La conversation fut d’abord hésitante en jeu questions-réponses ordinaires :

Vous comptez résider définitivement par ici ?... D’où venez-vous ?... Votre neveu ? Vraiment ?
Etc.
Vu la façon élégante et sans détours avec laquelle Louise s’en tira, Henry fut bientôt convaincu d’avoir affaire soit à la plus droite des personnes, soit à la plus fieffée menteuse de tous les temps.
Mais, pris sous le charme d’une hôtesse savante, il succomba d’autant que son vin de Tokay était remarquable.
Le repas fut un régal, ce qui n’empêcha pas les invités de songer furieusement à leur jeune cuisinière allemande. Apparemment, après le dessert, Lescot fut atteint de démangeaisons tant il remuait sur sa chaise. Ce fut alors que Majors déclara :

Au fait, comment va mademoiselle Nell ? Ses genoux et coudes sont-ils remis ?

Elle va très bien, merci, lâcha Henry, un peu sec.

C’est qu’elle m’a fait grande impression l’autre soir mais j’ai honteusement omis de m’en informer. Ma tante m’a dit que les jeunes filles voyageaient ? Resteront-elles absentes longtemps ?

Pour une raison qui échappa à l’agent, tous se fermèrent, comme soudain pressés de déserter. Louise eut beau insister et Henry aurait bien abusé encore un peu sauf que les jeunes gens insistèrent lourdement sous divers prétexte : promenade du chien, casseroles à décrasser... Comprenant, qu’en fait Dave et Martin désiraient surtout vérifier si les demoiselles allaient bien, il écourta ainsi :

Mes hommages, chère Mrs. Strak… Louise. Nous avons passé une excellente soirée et nous vous renverrons l’ascenseur dès que… que la cuisinière sera de retour. Au revoir, et encore merci pour tout.

La rue se traversa en silence. Sitôt entrés, Henry brancha ses brouilleurs en soupira :

Ah, cette impatience ! J’étais très bien, moi. Pas vous ?... bon, bon, allons au labo.

Le bunker ne dormait jamais. Les écrans perpétuellement allumés, plusieurs ordis aussi, pas besoin de donner éclairage complet pour s’y retrouver. Ainsi, immédiatement Henry vit que ça clochait :

Elles ne sont plus là ! … les filles ! merde !

Le point rouge de localisation n’apparaissait plus sur aucun écran. Ce fut la frénésie sur les ordis orchestrés par un Warrington survolté :

Même éteint, le boîtier émet, j’y ai veillé !... Non Dave, il est incassable ! Entre ce code à droite, toi, Martin celui-ci là au milieu… Merde, merde ! Euh… oui, Dave, téléphone-leur, de suite !!!

L’écrivain, les doigts un peu tremblant, formait le numéro quand Henry cria :

Attends ! Elles viennent de réapparaître. Mais nom de Dieu, qu’est-ce qu’elles foutent là ???

Le là, c’était ici, dans la maison.
Belle course vers l’étage où une porte s’ouvrit sur un joli spectacle de deux anges profondément endormis. Figés sur le seuil, les hommes n’osèrent pas entrer.

On devrait quand même les réveiller, non ? chuchota Henry.

Ils se tâtèrent, embarrassés de troubler un si joli tableau. Des mains secouèrent pourtant en douceur des épaules. Et là, la stupéfaction s’intensifia quand ils se firent copieusement réprimander.

… mes petites… vous allez bien ? Mais non, voyons, on n’est pas en avance sur le timing ! Vous êtes déjà rentrées ?

Catastrophe ! Selon Toni et Nell, elles n’étaient jamais parties !
L’imbroglio fut total. Mordicus, les filles croyaient être la nuit précédant leur envol alors qu’eux, ils avaient toutes les preuves du contraire. Ça discuta ferme. Il fallut descendre à la cave, rembobiner des enregistrements pour démontrer à ces entêtées que oui, elles avaient décollé le matin même.
Elles ne gardaient manifestement aucun souvenir de leur escapade.
Henry était paf, déboussolé. Était-ce elles ou eux qui perdaient la boule ? Les instruments ne mentaient pas, eux ! De plus, un des garçons eut l’idée de vérifier les téléphones et vidéos des filles. À n’en pas douter, elles avaient bel et bien voyagé, et ce pendant… une semaine complète !

Depuis son poste d’observation rallié immédiatement après le départ des invités, flanqué de sa patronne, Majors avait écouté. Warrington se croyait fort avec ses brouilleurs mais ses petits bijoux de haute technologie surpassaient tout ce que le savant avait installé chez lui sauf ceux du bas inabordable. Il ne comprenait rien à l’agitation qui régna soudain en face.

… Et comment les filles sont-elles rentrées ? Une fois de plus, il n’y a eu aucun mouvement dans cette rue venant de chez eux… Vous y pigez quelque chose, Mrs. Stark ?

Apparemment pas trop, mais plus que lui. Il la connaissait suffisamment pour savoir que là, des rouages étaient en marche, qu’une petite idée germait et n’attendait que d’être éprouvée.

C’est dément ! affirma Henry pour la dixième fois. Je propose que nous allions nous reposer sur ça et que…

Ah, personne ne semblait d’accord.

Eh bien, discutez en haut toute la nuit si vous le voulez, moi je cherche ici. Bonne nuit !

Et sa nuit y passa. Nombre de review plus tard, il put établir une sorte de schéma démontrant le moment exact de la disparition des filles sur les écrans.

Le temps… le temps s’est arrêté pour elles puis s’est inversé avec recul… mais rien que pour elles… Où est le hic ? Une suspicion lui fit réexaminer les boîtiers. Celui des filles était sur retour, le sien aussi mais pas à la même date.

QUI A TOUCHÉ ÇA ?

Les images vidéos crièrent mieux que lui… non pas un mais trois matous avaient joué avec la souri et bien d’autres trucs.
Mais pourquoi la mémoire était-elle affectée ?

*Parce qu’une brèche, une autre a été ouverte… involontairement de part et d’autre ! *

Il demeura paf, face aux boîtes jumelles en secouant la tête, refusant l’évidence : il ne s’agissait plus que de téléportation maintenant.
Il remonta, à la fois tremblant de fatigue et d’excitation :

Mesdemoiselles, messieurs : il nous faut un hypnotiseur !
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Toni Fischer



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MessageSujet: Re: Des rencontres de choc   Mar 8 Mar - 17:18

Elle n'y avait jamais trop cru, à la chance! À celle qui vous tombe dessus spontanément et vous change la vie en un clin d’œil! Pourtant là, Toni commençait à se faire à l'idée d'en avoir...et pas qu'un peu!

Et dire que tout avait commencé par un hasard percutant! Si cette nuit là en Normandie elle n'avait pas emporté Nell par devant...

*Mais c'est arrivé, pas la peine de penser à n'importe quoi d'autre!*

Toni avait l'esprit pratique, pas à dire! L'aventure en soi, prenait doucement corps, d'après ce cher Henry, le dispositif était à point. Elle-même ayant dévoré les livres de Dave avait une certaine idée de ce qui pourrait se passer mais pour si jamais écoutait religieusement les traductions et commentaires divers délivrés par une Nell bien plus savante qu'elle.

Et puis bien sûr quand ce qui devait arriver arriva, Henry se montra à la hauteur des conséquences, des siennes le plus sûr, et décida que ce seraient les garçons qui expérimenteraient en premier les bienfaits du nouvel engin mis à jour: le Switch.

Macho un jour, macho toujours…, l'avis de Nell résumait largement la situation.

*Ouais...du chauvinisme, c'est tout vu!*...Peux comprendre ça d'Henry, à son âge on encaisse mal que les femmes soient bonnes à autre chose que faire la cuisine...On devrait faire la grève, ce serait rigolo à voir!

Bien entendu, elles n'en firent rien, mais révisaient leur idée en entendant les deux compères élus se comporter comme des gosses insupportables paradant de leur chance.

*De Dave ça m'étonne pas mais Martin, lui, qui semblait si posé...si mûr...Bah, les hommes sont tous les mêmes!*

Quoiqu'il en soit, elle se fit de la bile en voyant l'état du binôme masculin à l'heure d'entreprendre le test, et n'était pas la seule. Nell tenta un dernier argument:

Henry, tu vois bien dans quel état ils sont ! Ils vont sûrement foirer quelque chose avec leurs pensées détraquées !

Das kann ja lustig werden!, assura Toni sentencieuse et bien entendu la seule à comprendre que cela voulait dire "
Ça, ça va droit à la catastrophe. ", fut Nell alors elle crut bon d'ajouter, sont out...bleus...blau...krank...pas bien...pas bon!


Ce n'était certainement pas le commentaire le plus clair mais on comprenait plus ou moins bien sa position. N'ayant que faire avec, Henry ignora vertement leur avis et les deux chéris partirent vers l'inconnu l'air de ne pas piger grand chose.

Pour mieux faire passer le temps, le Dr. Warrington alla se perdre dans son bunker non sans avant avoir exprimé ses désirs pour le repas, parce qu'il ne manquait pas de culot, le cher homme.

De la paella?...*Vais lui en donner, moi, de la paella!*...Tu crois qu'ils vont bien, Nell?

Comment le savoir? Ces messieurs prenaient leur temps pour appeler. Et quand ils le firent enfin, elle oublia même ce qui mijotait sur le feu pour mieux tendre l'oreille en enviant terriblement son amie quand celle ci s'emparant du combiné toucha deux mots à Dave. Elle aurait bien voulu faire de même avec Martin mais se sentit tout à coup timide et se contenta de ce que Nell lui raconta. En tout et pour tout, les gars allaient très bien, et seraient de retour comme convenu.

On mangea de la paella cramée mais personne ne s'en plaignit. En récompense de leurs bons et loyaux services, Henry, patron magnanime, leur donna quartier libre.

Il se prend vraiment pour notre boss, ce monsieur, s'ulcéra Toni, je l'aime bien...mais franchement il exagère...Oui, je sais, il a la tête dans une autre dimension...Allez, on fait quoi avec notre temps libre?

Chère Nell, qui avait de la suite dans ses idées! On s'amusa comme seules deux bonnes amies savent le faire, tout y passa, shopping inclus, cela va de soi. Elles rentraient de leur satisfaisante virée quand Toni remarqua du mouvement inédit dans la maison d'en face.

Tiens on déménage, là...en tout cas des nouveaux arrivent!...Une femme d'âge mûr et un gars bien plus jeune...ben non, ils sont à la porte et dirigent les manœuvres!...C'est vrai qu'il y a deux jours que la famille qui habitait là est partie...la chance, entre les gosses et le chien...quelle plaie!


Nell n'avait idée de rien! Pas étonnant, la pauvre vivait enfermée en bas avec le génie de service néanmoins elle se trouva l'esprit de l'instruire sur les mœurs locales touchant les nouveaux voisins.

Ben… je pense qu’il serait temps de dire coucou. C’est une coutume dans ce pays : on accueille les nouveaux voisins avec de la nourriture. Que dirais-tu de leur faire des tartes?

Gentilles, vos coutumes...chez moi on te gueule dessus pour que tu ne fasses pas de boucan...j'aime les USA!

Et quoi de meilleur qu'un somptueux gâteau au chocolat pour prouver ses bons sentiments de convivialité! Ce fut le jeune gars qui reçut leur présent de bonne volonté sur le pas de la porte, pas prêt à le leur laisser franchir. Toni baragouina de son mieux son petit speech de bienvenue tout en jetant un regard discret par dessus l'épaule du nouveau voisin. Incroyable ce que tout était déjà en place! Intérieur soigné, de bon goût...Merci, au revoir.

Franchement...un peu coincé, le mec, non?

Nell rigola en assurant qu'en  français on disait: avoir un balai dans le cul ce qui déclencha une irrépressible crise d'hilarité chez Toni qui trouva l'expression on ne peut plus...exacte.

Et après, tuer le temps. Attendre est toujours énervant, personne n'en faisait état mais c'était dans l'air. Au moins ce soir Toni démontra savoir s'y prendre au Monopoly. Dormir? Pas plus que Nell. Mais on souffrait en silence en faisant semblant de rêver aux anges. Finalement Toni se laissa emporter dans les bras de Morphée et rata tout de la sortie nocturne de son amie. Ce ne fut qu'au matin que l'allemande découvrit les dégâts causés par la balade.

Ach du lieber Gott...quelle misère! Qu'est ce que...

Oscar 1, Nell zéro. J’ai croisé le voisin vers 2h du mat… sais pas… il a dit chercher un des chats. Il lui avait peut-être mis un radar, il portait un drôle de truc en main…

Un localisateur de chats?...mais on s'en fiche...Tu fais pitié à voir...viens que je te soigne comme il faut...qu'est ce que tu t'es fichue dessus?...Du merchuro...quoi? Euh non...Ah, tu as plutôt faim...pas de souci...le petit dej est prêt...c'est bientôt l'heure!!!...Bonjour Henry, un café?

On n'eut le cœur qu'à avaler une tartine et prendre du café avant de dévaler les escaliers de la cave et aller s'installer au bunker en attente de...

Ils avaient l'air en pleine forme, peut-être un peu rouge écrevisse sur les bords, mais ils étaient là...Bien entendu Henry ne laissa pas lieu à aucun épanchement, Nell ne se gêna pas pour commenter l'allure cramée de Dave et elle...ben elle resta là, en souriant tout bêtement alors qu'elle avait eu envie de sauter au cou de Martin en pleurant de soulagement de le voir d'une pièce. Question de se rendre utile, elle distribua du café à tout le monde et des viennoiseries à qui en voudrait, tout en écoutant d'une oreille avide le rapport des héros du jour.

*Et quoi après?...Ils n'en disent que la moitié du quart, ma main à couper...Mais qu'est ce qu'ils empestent*

Mais enfin pour ce que ça pouvait faire!

Quelque chose cloche?, la question de Martin faillit la faire sursauter alors qu'elle finissait de faire la vaisselle.

Euh...non, rien ne cloche...contente de te voir de retour...super que ça ait bien marché!, débita t'elle avec un sourire voulu ravi en brûlant de lui demander à quoi venait cette terrible odeur à poisson dont il semblait imbibé.

La suite la prit encore plus de court. Il lui avait rapporté des cadeaux! Il avait pris le temps de penser à elle! Cette fois son sourire fut lumineux.

Tu m'as acheté...un dico?...c'est génial...Du bist wunderbar!!!...et cet éventail...j'adore!, le tout dans un meli-mélo extravagant mais parfaitement compréhensible.

Encore là, elle lui aurait sauté au cou mais pour si jamais, mieux s'abstenir!

*Pas question qu'il pense que tu es...enfin...tu sais...*

Transportée d'un sentiment facile à interpréter comme du bonheur de bon aloi, Toni concocta un festin digne d'un roi, sa façon à elle de fêter le retour des voyageurs qui pour le dîner avaient quand même fini par se débarrasser de leur parfum Poisson du Jour...

Le lendemain, la gentille voisine d'en face, bien plus sociable que son neveu, le gars balais dans le...débarqua, se démarqua par sa sympathie et son allemand parfait. Toni remerciée, louée sur tous les tons ne savait plus où se mettre même si ravie de trouver une autre interlocutrice. La petite réunion fut de courte durée mais suffisante pour se faire une paire d'idées, apparemment très bien fondées, vu que Nell les partageait.

Oui, elle est très sympa...charmante...trop même...hum! On devient paranos comme Henry?...non...enfin, je pensais à ce que tu m'as raconté sur le neveu...pardon mais qui court les rues à 2h du mat à la recherche d'un chat...avec un bidule bizarre qu'il cache dès qu'il te voit?...Faudra le garder à l’œil, le Johnny!

On oublia vite l'affaire pour s’occuper de choses plus sérieuses, comme du dîner par exemple. Ce que Toni n’oublia pas furent tous les compliments sur son art culinaire que Martin avait énoncés une fois la voisine partie. Plus flatteur impossible même quand les autres avaient rigolé, elle inclus.

Et voilà que le cher Henry leur fit part de sa nouvelle trouvaille, enfin, amélioration du fameux "bidule". Elle se perdit un peu, pas mal dans l'exposition du fait mais pigea très bien les mots de Nell.

On a hâte de tester ça. Ce sera bien à notre tour, n’est-ce pas ?

Oje...C'est à nous, vrai?...Pas Congo, Dave...*Il est méchant celui là!*...Es gibt schönneres...Nell liebt Hawaï...moi aussi...Strände...Sonne...Mmm...j'aime!!!

Comprenne qui pourrait! Mais peut importait...les îles des mers du Sud étaient le but. Leur but! Elle ignora la petite prise de bec entre Nell et Dave, ça devenait habitude, préférant rêver de palmiers, sable blanc, mer d'azur.

Une fois seules dans leur chambre, ça alla plein pot, leur recherche sur le paradis auxquelles elles auraient droit...si Henry le voulait bien.

Regarde moi ça...quelle merveille...cette eau transparente, cette cascade...Mon Dieu...c'est fantastique...

Et ainsi de suite à chaque proposition faite. Il y en avait tellement que c'était à en avoir le tournis. Nell, elle savait rester pragmatique, savait ce qu’elle voulait mais ne s'imposait pas, écoutant attentive l'avis de Toni.

Oui, oui...j'aime la randonnée...suis pas trouillarde, non...euh...ok, la tyrolienne aux tropiques, plus chouette qu'aux Alpes...en plus j'aime bien l'hébergement...une cabane dans les arbres...ces paysages...c'est bon pour moi, Nell...suis jamais allée bien loin dans ma vie...c'est GÉNIAL!!!

Tope là! Vendu, adjugé. Nell s'occuperait de tous les détails, réservations et le reste, pas question de partir au petit bonheur la chance, comme les garçons, ni de revenir en sentant le poisson rance...il n'y avait qu'un "minime" détail qui gênait affreusement Toni.

Tu sais, Nell...c'est vraiment beau...j'adore mais...mes économies sont plutôt réduites...on pourrait camper...par là?

Adorable Miss Watts qui d'un geste balayait tout problème. Elle résume la chose e peu de mots, laissant Toni abasourdie.

Quoi?...Toi...riche à millions?...euh non...c'est que tu en as pas l'air...tu es si...normale...si...Oh, Nell...Peux pas accepter ça...c'est trop...

Elle se prit une tape sur la tête et une étreinte à l'en faire pleurer, pas de mal...juste de...tout ce qu'il y a de bon dans la vie, dosé de gratitude, de chaud au cœur, de félicité inédite, de surprise...et soudain de savoir que, sans s'y être attendu, on était tombé pile poil sur le plus précieux des trésors: une amie, âme sœur, copine, complice, complément, etc...

Henry avait mis son "bidule" à jour, au top en  ajoutant au tout un antivol, pour lequel il leur fallut enregistrer leur reconnaissance vocale:

Dites une phrase simple que vous ne risquez pas d’oublier en cours de route… je ne sais pas, moi ? Euh ? Gentil coquelicot ? Dodo l’enfant do ? Ce que vous voulez mais pas plus de dix syllabes, s’il vous plaît.

Nell y alla du sien. Rien de plus facile, elle dominait la langue. Toni ne voulant pas emmêler ses pinceaux y alla du sien...à sa façon:

Maria Mutter Gottes steh bei mir!

Passé cet écueil on pouvait dire qu' elles n'avaient pas laminé en chemin, ça faisait un moment que leur plans étaient prêts, résas faites, vouchers imprimés, histoire à raconter pour expliquer apparition genre "oh zut...vous sortez d'où?" à point, sac à dos parfaitement agencés et tout et tout. Et voilà que Martin s’amenait au dernier moment avec une petite trousse.

Crème solaire, anti-moustique, antiseptiques et bricoles. Bon voyage…

Cette fois oui, elle lui sauta au cou, enfin de façon très discrète il faut le dire.

Hab dich lieb, Martin...alles gute...

Et hop, c'était parti! Et puis...le paradis sur Terre!

WOOOOOOW!!!!...WOW! WOW!!!!...OMG!!! YEAH!!!!

Heureusement qu'il y avait Nell pour mettre un frein à cette attaque d’ébahissement tout compte fait absolument admissible, compréhensible et même désirable tant qu'à faire...La chance, elles étaient arrivées sur une grève déserte de tout humain, au contraire de ces chers hommes tombés pile en pleine foule. Là, rien que des oiseaux, quelque mammifère, des mollusques et ce paysage grandiose de pureté, fraîcheur et magie comme pour se croire aux débuts des temps quand Dieu crut bon créer le Paradis...

Dis moi que c'est vrai!!!! Je rêve!!!...Aouch! me pince pas...bien sûr que j'ai senti...sorry, c'est que...ok...j'arrête de déconner et sors la caméra...Tag 1...Kauia...

Pour des raisons évidentes elle laissa à Nell le loisir des commentaires, tout comme de l'appel pour communiquer au QG que tout baignait.

Et pour baigner, ça baigna. Personne ne sembla s'étonner de les voir débarquer au lodge, sac à dos, l'air fringant...ils devaient avoir l'habitude. Leur habitation faillit déclencher une nouvelle crise chez Toni, tant c'était joli, bien trouvé, super, confortable et on en passe...faut dire que la chère enfant n'avait pas vu trop de monde et le peu entrevu était loin de ressembler à cela...

Entre l'exubérance de la nature, la beauté des petits villages coincés entre deux cascades et trois forêts, le
Waimea Canyon à couper le souffle, l’amphithéâtre naturel qui entoure les cascades de Hanakapiai,  la plage d’Hanakapiai qui a un petit goût de paradis sur terre et le Zipline, la tyrolienne la plus branchée de ce coin de monde et ailleurs, Toni hurlait de bonheur, s'en donnait à cœur joie, bronzait comme un biscuit et se sentait l'âme légère de ceux qui ont touché le ciel sans être obligés à y rester.
Au retour de leurs randonnées quotidiennes, percluses de fatigue mais ravies, elles plongeaient dans le jacuzzi de leur suite en regardant les étoiles avant de se régaler avec les mets délicieux mis à leur disposition, et le tout sans arrêter de documenter pratiquement chaque instant.

Puis quelque part, quelque chose...

On la secouait, doucement. Très doucement. Elle était pourtant sûre d'avoir bien mis son réveil, et que Nell avait fait de même avec le sien. On la secoua encore.

Et zut, quoi alors!?, c'était plus fort qu'elle qui détestait rater trois minutes de bon sommeil. Surprise totale en découvrant Martin penché sur elle, l'air contrit, hein? Was für ein...Warum wächts du mir auf!?...euh...Martin...qu'est ce qui...

Elle entendit Nell protester de son côté et gueuler sur un Dave pas moins contrit que son copain.

Et pour parfaire le tout voilà qu'Henry entrait en jeu:

Mes petites… vous allez bien ? Mais non, voyons, on n’est pas en avance sur le timing ! Vous êtes déjà rentrées ?

*AH? Hein? QUOI?...Rentrées?...Sont soûls!*...Ihr seid verrückt...On part demain...

Ben non! Apparemment elles étaient déjà parties...et cela depuis le matin. Le beau tollé, là! Explications par ci, explications par là. Leurs bagages étaient bien là, intacts et pourtant... Dave qui s'était emparé de la vidéo caméra faisait défiler des images inattendues, improbables, inconnues qui ne firent que semer encore plus de confusion dans leurs esprits déjà assez déroutés.


Mais...Das kann nicht wahr sein...pas possible...

En fait Toni se fichait un peu des probables explications qui fusaient à qui mieux-mieux, autant profiter de la remuante circonstance pour quêter un peu de réconfort, Martin ne refusa pas de jouer le rôle de havre de paix et l'accueillit au creux de ses bras où, béni soit le réconfort, elle se rendormit tout en écoutant Henry dire qu'il allait travailler le reste de la nuit sur cette extraordinaire situation.

*Son problème...moi suis là...je dors!* Nacht,
Martin!

Mais bien sûr, on se réveille bien à moment donné.La confusion demeurait à peu près totale, car même si les évidences étaient indéniables, le fait restait dur à gober. Il fallut attendre qu'Henry remonte de son bunker, tremblant d'excitation pour commencer à y voir clair ou essayer de le faire. Toni y perdait son latin et vraisemblablement n'était pas la seule!

Une semaine au paradis und alles weg!?...Attends...et tout foutu...oublié..., se lamenta t'elle, secrètement déçue de la minable qualité de sa passoire de mémoire.

Mais évidemment les cogitations du cher Dr. Warrington ne s'étaient pas limitées à des équations quantiques, schémas compliqués et vertigineuses vérifications à tout niveau, il entrevoyait une solution limite, la seule qui restait, à son très peu humble avis, pour rebobiner ces mémoires esquives: s'allouer les services d'un hypnotiseur et comme le hasard sait bien faire les choses...

Ah bon? Hypnotiser?
..., ça ne la bottait pas le moins du monde, entre nous, mais alors là pas du tout, ah?...Oh...euh...qui?...Martin?...t'es hypnotiseur?


De quoi se demander si le cher Dr. Lescot n'était pas un de ces multi-talents perdus dans la nature...si sans un moment on leur sortait qu'il voyait le futur dans une boule de cristal...ou Dieu sait quoi encore...mais non, pas lui quand même...ça ne collait pas avec le personnage...

*Tant qu'on me fait pas danser comme un pingouin...ou parler de trop...*

Tout compte fait l'idée n'était pas si absurde. Les preuves existaient, à foison, de leur semaine à Kauia, archipel de Hawaï, entre autres la superbe couleur biscuit arborée dans la vidéo qui demeurait alors que...Donc de quelque façon inexplicable elles avaient vraiment fait un drôle de voyage dans le temps...aller-retour du jour J au jour J, sans autres évidences que cette vidéo criante de vérité, leur bronzage inédit...et les souvenirs enfouis au fond de leur subconscient. Et puisqu'il fallait bien commencer quelque part on tira au sort pour savoir qui passerait en premier. Toni soupira, après tout on lui promit que ça ne ferait pas mal.

La voix de Martin la guidait, vers une abstraction totale. Lentement, elle sombrait dans un tourbillon extraordinaire où se mêlaient passé et présent. Elle dérivait, au gré de cette voix aimable, chaude, rassurante...et revivait minute à minute ce laps perdu...Cet fantastique coucher de soleil à
Hanakapiai...

Ich vermisse dich, Martin...(tu me manques, Martin!)...

Et vous me direz, un tel aveu fait sous hypnose, ça veut dire quoi au juste?
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Nelly Watts



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MessageSujet: Re: Des rencontres de choc   Jeu 10 Mar - 13:14

Toni était vraiment une fille super. Préparer avec elle leur futur périple fut un vrai régal sauf qu’un élément avait échappé à l’Américaine pourtant si pointue : si elle croulait sous le fric, Toni non. Heureusement, sans chichi, l’Allemande accepta le dépannage. Elle avait l’air si heureux de s’évader dans l’endroit superbe choisi ensemble.
Tout fut planifié d’un commun accord. Avec Nell pas question d’être où que ce soit sans être blindé. Certes, les imprévus amènent du « sel » mais n’importe quelle bouffe trop « relevée » risque de ne pas se digérer sans dommage. Oui, Miss Watts aimait les défis. Cependant, s’il y a moyen d’éviter les petits os, autant se faire plaisir en évitant les emporte-gueule. Toni voulait de l’exotisme ? Elle en aurait, fric ou pas.
Marrant de voir la tête des gars lors de l’approche du départ. Si Dave avait entendu la phrase-clé qui devait protéger le bidule selon les exigences d’Henry, sûr qu’il n’aurait pas apprécié ou l’aurait pigée de travers en augmentant son égo surdimensionné. En 10 syllabes, un truc inoubliable, que dire ? Toni fit une prière à la Vierge ? Son choix.
La première idée de Nell fut :

*Dave est idiot*


Le clamer à l’enregistreur étant déplacé, elle nuança :

Dave est grand.

Comprenne qui pouvait. N’était-il pas grand de taille, connerie, amitié… cœur ? Pour accepter ainsi d’être manipulé par un vieux savant obsédé par un rêve…

*On est tous fous… ça nous met à égalité !*

Pourquoi l’agaçait-il autant ? En général, Nell surmontait les railleries. Pas celles de ce gars-là. C’était elle qui était conne, puis voilà. Toni avait eu droit à une petite attention de Martin… elle avait reçu sarcasme et indifférence.

*Le voisin a un truc dans le fondement mais est moins… plus… et puis merde, t’es conne !*

Le bidule fonctionna à merveille. Entre le labo et la plage, le temps d’un battement de cil et… le déclenchement de l’exubérance « Tonique ».

WOOOOOOW!!!!...WOW! WOW!!!!...OMG!!! YEAH!!!!


Nell rigola franchement mais n’en resta pas moins pragmatique :

On se calme !.. arrête Toni ! Je vais pisser de rire mais modère-toi, please ! On est entières, nos sacs avec, reste à trouver l’hôtel.


Force de pincettes ramena l’Allemande à la raison… plus ou moins. Quel choc quand même que de se retrouver ainsi à les kilomètres sans avoir rien senti sinon l’éblouissement du rivage et la paix du paradis perdu à l’arrivée. On se la fit pratique en jouant à fond les touristes :

Tag 1...Kauia...

Merveilleux endroit s’il en est. En tout cas le pied pour deux jeunes femmes en vacances.
La planification avait porté ses fruits, rien ne manqua au bonheur des dames. On explora à fond les environs, fit de la tyrolienne, nagea, plongea, et rigola beaucoup. Au début Nell râla un peu à cause de ses écorchures mais les pommades fonctionnèrent si bien que rien n’entrava leurs projets.
Un soir, sirotant le punch local tout en dégustant des fruits chocolatés, les filles causèrent mecs…

Tu aimes bien Martin, non ? Pourtant ce grand type au bar hier te faisait de l’effet, je crois ? … moi ? non, non, ce Pablo ou Paolo j’en ai rien à cirer… pas plus que d’aucun... Hein ? Dave ? Il est... sympa j’accorde mais… veux pas prendre une échelle pour lui sauter au cou, chose dont je n’ai aucune intention. Entre nous, je préfère Oscar…

Rires, rires, rires.
C’était bon, chouette, inédit. Toni était franche, sans double face et cela Nell appréciait au-delà de tout. Des « amis » Nell en avait aux quatre coins du monde mais, pour une fois, il lui semblait que cette fille était sa complice, celle à qui elle pouvait s’ouvrir sans honte ni remords, une exception quoi !
Ce soir-là, après bronzage, tennis et plongées, elles étaient crevées. Danser ? Bah ! Juste un peu, histoire de constater que les mecs étaient ce qu’ils étaient et ne désiraient qu’une chose.

Nell était sur un yacht. Temps superbe, transat moelleux…
Pourquoi cette pression à l’épaule ?

Foutez-moi la paix ! Je dors…

Merde ! Il était l’heure de partir ? Elle aurait juré que…

Dave ? Je… me dis pas qu’on a raté le départ… Henry, tu déconnes ! On n’est pas revenue, on n’est pas partie ! C’est pour ce matin, non ?...


Ben non.

C’était quoi cette merde ? Elles allaient jouir d’un séjour de détente au soleil et on leur disait qu’elles l’avaient écourté ?

*Reprends-toi, Nell. Si quelqu’un disjoncte, c‘est pas toi*


Les preuves étaient flagrantes, hélas. D’où venaient bronzage, enregistrements de fiesta, ces paysages fabuleux, ces...

Si vous nous faites une blague pour nous empêcher de partir c’est très, mais très… moche !

Toni prenait les choses avec plus de philosophie. Tandis qu’Henry fila dans son antre à la recherche du chaînon manquant, l’Allemande trouva une épaule accueillante pour y roupiller son reste de nuit. Nell était trop énervée pour ça, elle tourna en rond en essayant de recoller les morceaux. Dave tenta bien de la faire asseoir, Martin de la calmer, rien n’y fit.

Je ne peux pas avoir paumé une semaine de souvenirs comme ça !!... oui, je sais, les preuves sont là. Vous me jurez que vous n’avez pas bidouillé ça, hein ?...


Ils se jurèrent innocents, elle resta méfiante poursuivant son usure de tapis en enfilant des lampées d’alcool sans quitter les photographies révélatrices.

*Même un excellent graphiste n’aurait pas pu faire ça… alors eux, encore moins !* Et pendant notre soi-disant absence, vous avez fabriqué quoi, vous ?...

Ah ? Martin avait quasi cramé la cuisine mais leur repas avait été sauvé grâce à la voisine qui les avait invités à dîner.

*C’est Toni et moi qui les avons régalés ces voisins, et ce sont les mecs qui profitent d’un retour !!*
J’espère que c’était bon, au moins ?...


Et eux de raconter le menu avec détails.

… non Dave je ne salive pas, je râle, nuance !


La nuit passa entre coups de gueules, tentative de compréhension et abattements. L’humeur de Nell ne varia pas, elle ne démordait pas d’un canular énorme jusqu’au moment où Henry émergea de son antre en réclamant un hypnotiseur. Immédiatement, elle se récusa. Toni, réveillée, accepta de se prêter au « jeu » d’autant que Martin mènerait la danse. Ce toubib essaya quand même de se défiler mais puisque l’on ne pouvait décemment pas impliquer un étranger dans l’affaire, il s’y colla.
Oh les belles révélations ! Elles avaient vraiment vécu tout ça ?? Nell était paf, effrayée aussi. Surtout quand le doux visage de Toni se pâma presque en exprimant une phrase :

*Martin, tu me manques…*

Au vu de sa tête, pas besoin d’interprète, le concerné capta au quart de tour. Il en écourta la séance très rapidement. Puis, voilà qu’Henry voulut comparer les expériences en la soumettant elle aussi à cette hypnose. Elle recula, aux abois :

NON ! Je refuse. J’ai horreur de ça !

On essaya de la convaincre, elle resta butée :

NON ! NON ! Vous ne pouvez pas comprendre mais je veux pas !... M’en fous Henry ! D’ailleurs, j’en ai assez de ce cirque. Je me barre. Débrouillez-vous sans moi ! Laisse-moi passer Dave.


Elle devenait hystérique, se sentait prise au piège.

Dans la maison d’en face, on avait suivi très attentivement les débats et la séance. Les esprits étaient plus que partagés ensuite.

J’ai beau essayer de piger ce qui se trame là-bas mais vous aviez raison Mrs. Stark : c’est très louche. Ils sont sans doute en pleine crise hallucinogène. Il fabrique quoi ce Warrigton, selon vous ? Du Crack, de la meth ? … Autre chose ? M’enfin, Mrs. Stark, s’il ne s’agit pas de drogue, à quoi ça tient ces trous de mémoire ? … oh, attendez… la petite est en pleine crise. Le manque, sans doute…

Majors se raidit, son teint vira au cramoisi :

… il lui a filé un pain ! Je… je ne tolèrerai pas ça !

Rejetant ses écouteurs, Johnny se rua vers la porte. Louise se lança à sa suite, l’invectivant copieusement. Ils arrivèrent sur la petite pelouse devant la maison pour assister à une scène curieuse. Hallucinée, les yeux brouillés de larmes, Nell se tenait la joue et braillait :

JE NE VEUX PAS QU’ON FOUILLE MA TÊTE !!!


Derrière elle, quatre personnes affolées tentaient encore de la raisonner. Elle cria encore :

C’EST LA SEULE QUE J’AI ! PERSONNE NE LA FOUILLERA ! Je fous le camp ! Bonne chance !

Elle courut vers le portillon où elle rencontra la poitrine ferme de Majors.

Oh… ! Je… Excusez-moi, je suis pressée…

Très raide, protecteur, Majors la retint contre lui :

Ces gens vous veulent du mal ?

Oui… enfin non. Je sais pas mais je veux partir. Lâchez-moi, je dois… prendre… un taxi…


Vous n’irez nulle part tant que…

Tout sourire, Louise intervint alors que le groupe les rejoignait. Cela se mit à discuter dans tous les sens. Dave voulait la récupérer, Nell était tiraillée. Le ton monta tellement que d’autres voisins pointèrent leur nez par des fenêtres ouvertes, menaçant d’appeler la police. Des chiens aboyèrent aussi, de quoi réveiller davantage ce si paisible quartier.

ASSEZ ! ASSEZ ! cria Nell en s’agenouillant les mains plaquées aux oreilles.

Le reste se perdit dans le brouillard.

Hein ? Du chocolat contre ses lèvres. Qui, que, quoi ?? Enveloppée dans une couverture, grelottant assise sur le divan entre Dave et un Martin qui lui faisait avaler ce truc chaud, Nell reprit ses esprits. Deux lampées après, penaude, elle murmura :

J’ai pété les plombs. Pardon.


Ils étaient tous autour d’elle, l’air anxieux, désolé. Sa raison lui revenant au galop, elle préféra la boucler que de parler de travers surtout devant Majors et Stark. Qu’est-ce que les autres leur avaient raconté pour expliquer son moment de folie ? Elle, elle savait d’où lui venait cette peur immodérée de l’hypnose. Elle n’en n’avait jamais soufflé mot à quiconque et n’était pas prête à le faire, surtout là. Louise, très compatissante, insista sur les vertus du chocolat.

*C’est pas vrai ? Elle me prend pour Harry Potter qui a vu un détraqueur…* Je vais mieux, merci à… tous. Je vais me coucher…

Il n’est que six heures du matin, risqua doucement le beau voisin.

Eh merde, elle ne savait plus où elle en était, mais un déclic idiot se fit. S’adressant à Toni avec des yeux en SOS, elle lâcha :

Nos réservations, on fait quoi ?

Toni resta coite, un peu affolée d’autant que Majors eut la question bizarre :

Vous partez encore ?

Du coup, tous les yeux se braquèrent vers lui avec divers sentiments allant de l’étonnement pur à la fureur outrée. Il se rattrapa comme il put :

C’est que… On… ne vous a pas vue de la journée… je m’étais enquis de vos genoux, Miss Watts… on nous a parlé de vos vacances et… et vous êtes si bronzées avec Miss Fischer que…

Un énorme soupir s’exhala. Louise sourit en proposant une tournée générale de pancakes…


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Louise Stark



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MessageSujet: Re: Des rencontres de choc   Mar 22 Mar - 0:31

Calme observation. Surtout ne pas perdre la tête, les nerfs ou quoique ce soit. La patience, c'était la fort de Louise Stark au contraire de son jeune assistant, Majors, qui semblait avoir des fourmis dans le pantalon. C'est vrai que le brave garçon se démenait pour bien faire les chose et surtout pour la satisfaire, elle.

*S'il savait que je serais plus contente s'il arrêtait de papoter, de chipoter partout avec sa technologie...enfin, ces jeunes!*

L'agent spécial Stark avait sans doute plus appris sur les habitudes des voisins en regardant par la fenêtre, comme une toute innocente voisine, que Majors en installant des bidules électroniques un peu partout sauf là où on en avait vraiment besoin: la cave. Le saint des saints de Warrington.

*Quand on saura ce qu'il fiche là, enfermé sans pointer le nez dehors...on pourra se faire une idée plus large de...*

… désolé de vous déranger Mrs. Stark. On dirait bien que les filles ont, euh… disparu...Venez voir et entendre par vous-même…


Le tout en avouant gravement avoir posé des mouchards comme si elle ne le savait pas depuis un moment!

Disparues, dites vous?...Comme ça? Plof!?...Hum...et vous dites que...

Et le voilà lancé dans des explications techniques, Louise soupira et lui tapota gentiment l'épaule.

Respirez, Majors...Oui, j'ai compris que les filles pensaient aller à Hawaï mais que ce matin quelque chose d'étrange a dérangé l'écoute...oui, oui...les caméras aussi...calmez vous...donc elles étaient là et puis n'y étaient plus...intéressant! Non, Majors pas d'intervention musclée...allez on va voir tout ça!

Et pour voir on vit...pas grand chose mais on vit quand même, pour écouter on écouta bien plus. Pas de Warrington mais les deux gars qui apparemment plus inutile l'un que l'autre en cuisine y mettaient un bordel pas possible...et ce qui devait arriver arriva.

Ah, Seigneur...quels merveilleux garçons!

Majors lui décocha un regard de biais avant de se racler la gorge.

Euh...ils viennent de mettre le feu!!!

Justement...c'est parfait!, elle sourit, ne vous en faites pas, Majors, je sais très bien ce que je fais!

*Ben, j'espère bien...*

Réviser sa coiffure, prendre son air le plus "bonne voisine" et traverser la rue pour aller sonner chez les sinistrés d'en face. Ding dong..

Minute d'attente puis la porte fut ouverte par un monsieur à la mine renfrognée qui sembla absolument surpris de la trouver sur son seuil arborant son plus doux sourire.

Des femmes pompiers!?

*Ainsi voilà le grand homme!* Mais non voyons, rigola t'elle franchement, je ne suis que votre voisine...celle d'en face, excusez moi l’intromission mais je n'ai pas pu éviter remarquer...la fumée!, elle mentait avec une placidité ahurissante car on n'en voyait rien dès l'extérieur, mais il y en avait suffisamment derrière Monsieur comme pour valider ses mots, rien de grave, j'espère?

Il n'avait pas l'air particulièrement ravi et se renfrogna un peu plus en admettant avoir eu un léger problème.

Vous êtes?, grognement peu amène.

Votre voisine, répéta t'elle patiente, Louise Stark.

Aaahhh… la voisine… Bonsoir Mrs. Stark.

De peu et il lui fermait la porte au nez. Réflexe d'agent du FBI face à un suspect peu collaborateur, elle intercala le pied. Pas à dire, la grand homme était décidément mal à l'aise mais quelque chose disait que ce n'était pas de la culpabilité.

*Mon Dieu...il est d'un timide...adorable!*...Non, non, ne vous inquiétez pas, ce n'est rien...Y a t'il des dégâts?, tant pis s'il la prenait pour la pire des entremetteuses, ah, vos garçons s'en chargent, très bien ça..mais je me disais que si...enfin si la cuisine est enfumée, cela vous plairait peut-être de venir dîner ce soir?

Elle lui aurait proposé une viré en enfer en compagnie de Lucifer qu'il n'aurait pas réagi plus paniqué. Ce qui est plus, il fila en appelant carrément Clayton au secours, la laissant poireauter sur le seuil. Imaginant la scène se déroulant à la cuisine, Louise fut prise d'une irrépressible envie de rire, ce n'arrivait pas souvent. Elle parvint à se recomposer un semblant plus sérieux juste à temps pour découvrir un nouvel interlocuteur.

*Tiens, le toubib français!* Bonsoir, Dr. Lescot, il semblerait que j'ai épouvanté votre ami...le Dr. Warrington, n'est ce pas?

Pas embarrassé pour un sou, le charmant jeune homme prit l'affaire en main avec une diplomatie parfaite, agréa sa petite histoire comme bonne et voyant débarquer la voiture des pompiers, accepta vite fait l'invitation, l'assurant de leur présence à l'heure requise. Au revoir merci!

Majors, faut faire des courses, mon petit. Nous avons des invités, voyons, ils seront ici à 20:00h, ce qui nous laisse un certain marge d'action. Oubliez vos bidules et au fait...à partir de cet instant je suis Tante Louise, on se traite de tu du fait que Johnny est mon neveu favori, compris?

Et pauvre de lui si pas!

Bien entraîné, Majors s'acquitta de la tâche tel que prévu: avec grande précision. Louise qui, entre autres, avait un talent sûr pour la bonne cuisine, concocta en peu de temps, un repas simple mais délicieux. Son "neveu", qui ne demandait pas mieux, goûta à tout et resta pâmé d'admiration.

C'est sacrement bon! Suis sûr que vous...pardon, tu n'as pas appris ça à l’académie, tantine!

N’exagérons pas la note, mon cher..tante Louise ira très bien. Et non, on ne m'a appris ça à Quantico!

Fin de la conversation. Il fallait se préparer à recevoir les invités qui arrivèrent ponctuellement.

Sers des apéritifs, John...j'ai encore quelques petits détails à peaufiner là...fais la conversation! *On va rigoler!*

Enfin, on ne rigolait pas au salon quand elle fit son entrée, apparemment remarquable et remarquée vu la réaction de ce parterre masculin des plus choisis. Très flatteur, faut l'avouer. Surtout le charmant baisemain du Dr. Warrington, bellement pomponné et parfumé pour l'occasion.

*Que lui ont donc fait ces deux garnements!?*

Il répondait lointainement à l'image entrevue, quasi furtivement, lors de sa visite-porte claquée au nez. Là, bien habillé, rasé de près, coiffé avec soin, embaumant l'after-shave, le même que Clayton mais sentant différent chez lui, Henry Warrington faisait un effet homme du monde, un peu gauche au début mais gagnant vite en assurance et aplomb.

*Un bel esprit, riche en nuances, Clayton est beau causeur, Lescot aussi mais n'arrivent pas à la cheville de ce cher homme...Seigneur, Louise, tu divagues, là...cher homme? Depuis quand?...Admettons...il est...spécial!*

Spécialement curieux, oui. Il voulait tout savoir.

Mon cher, vous voulez un résumé détaillé de ma vie!, rires, je ne vous en donnerai pas, c'est d'un ennui triste...Oui, Johnny est mon neveu chéri...en douteriez vous?, encore un rire adorable face à l'expression marrie du "cher homme", oui, je pense pouvoir m'établir ici, le coin est charmant...

Et ainsi de suite jusqu’à ce que Majors ne brise le charme, eh oui, c'était dans l'air, en s'enquérant sur les genoux et coudes de Miss Watts.

*Imbécile!*

Et comme si ce n'était pas assez, en rajouter une couche, parlant du voyage des jeunes dames. Une alerte atomique n'aurait eu de plus bel effet pour provoquer la désertion de ce beau monde, surtout écrivain et toubib qui ne cédèrent pas à sa demande de rester encore un peu et entraînèrent à leur suite un Henry qui, elle en était sûre, serait resté encore...très volontiers!

*Ben alors, ma boss est une vraie charmeuse...quelle façon de l'embobiner le bonhomme...qui l'eut cru!*

Mettez tout ça au lave vaisselle, Majors...je prends le tour de surveillance, venez me rejoindre dès que fini!

À vos ordres, Ma'am, c'en était fait de Tante Louise, fais au plus vite!

Ton parfait, vision idem. Sauf qu'on ne vit ni entendit bien pendant un bon moment.

*Sont tous en bas...Qu'y font-ils?Qu'on me pende si Majors a raison avec son idée de labo de narcotiques...l’œuvre de Warrington a un sens unique...et c'est cela qu'il poursuit...la preuve est que Clayton le suit...il écrit sur cela...Serait ce vraiment possible qu'il ait réussi? La preuve est que les filles sont tout à coup de retour...oui, il l'a fait...quel homme de génie...*

Perdue dans ses profondes réflexions, Louise avait cédé la surveillance à Majors qui lui, suivait les faits des voisins avec énorme concentration. Quelques tasses de café, des cigarettes. Le petit matin pointait, on avait eu droit à quelques échanges savoureux qui fortifiaient l'idée de Louise sur la réussite des théories d'Henry quand Majors perdit son calme. Louise prit des écouteurs. En effet ça bardait ferme chez les voisins. Une vraie crise et puis...la baffe!!!

Et voilà que le brave Majors perdait les pédales, clamait justice, vengeance presque et s’élançait au dehors en dégainant son arme.

Vous rangez ça illico, Majors ou c'est moi qui vous flingue, entendu!?

Plus clair, l'eau de roche. N’empêche que la scène qui se déroulait sur la pelouse d'en face donnait pas mal à penser.

La petite Watts braillait comme une possédée et ne trouva mieux que chercher refuge dans les bras protecteurs d'un Majors qui ne se plaignit pas le moins du monde de jouer le mâle dominant alors que...

*Tiens, Clayton montre les crocs...pas à dire, il s'en passe pas mal dans ce paisible coin de monde!* John, je t'en prie, lâche, miss Watts..., soulagement de l'écrivain qui la reprit comme qui retrouve son bien le plus précieux même si le bien en question continuait de pleurer éperdument en débitant un tout et n'importe quoi très intéressant, *Hum, comme ça...on a voulu hypnotiser le petit ange qui nenni...ça devient chaque fois meilleur!*

Et de passer en mode tantine adorable sachant exactement que faire, embarquer tout ce beau monde à l'intérieur alors que les chiens du voisinage se mettaient à ton, dirigés magistralement par l'espèce de vache poilue nommée Oscar, ce qui ne manquerait pas d'ameuter le quartier et faire se ramener SWAT.

On rentre tous, on se calme...il faut un bon chocolat chaud...John, s'il te plait, la cuisine c'est par là...

Mine de rien, son ton si doux ne donnait pas lieu à réplique tout le monde suivit le mouvement, avec la douce Nell dans les vapes et dans les bras de Clayton.

*Mon Dieu...on en ferait un roman feuilleton!*

On ramena doucement la belle évanouie de son limbe particulier, chocolat à l'appui. Attendrissante scène. Le Dr. Warrington, dans ses petits souliers, aurait donné cher pour ne pas se trouver là, mais il y était et c'était parfait comme ça.
Et puis ce furent les pancakes, et quand tout le monde fut tranquille, rassuré, sans hoquets ni sanglots, Louise sourit et d'un geste élégant et inattendu posa son identification sur la table.

Bien, mes chers voisins...FBI...ce serait sympathique si on pouvait tirer quelques détails au clair.

Un silence figé s'en suivit. Pas de panique, seulement surprise. L'allemande lâcha une exclamation dans sa langue natale, plus amusée qu'autre chose. Lescot jura poliment en français, alors que Clayton, sans qu'on s'y attende vraiment fut pris de fou rire, sans lâcher sa précieuse Nell qui ne pipa mot, trop abasourdie. Seul Warrington demeura de marbre.

Louise soupira doucement, son regard posé alla de l'un à l'autre, sans trouver aucun indice de crainte, en fait, ils ressemblaient plutôt à des garnements pris en flagrant délit de chiper de la confiture qu’à des délinquants dangereux. Ils restaient là, sagement assis, en attente de ce qui suivrait, sauf Warrington qui aurait couru de mettre à l'abri dans son bunker si on lui en avait laissé l'opportunité.

Du calme, Dr. Warrington...Henry..., je ne suis pas ici pour vous apporter des problèmes, bien au contraire...

Majors émit une espèce de hoquet surpris et voulut en placer une mais sa chef le devança. 

Ce qui se dira ici en ce jour ne sortira pas d'entre ces quatre murs. Est ce bien compris, John?

Oui, Ma'am, comptez sur moi...comme d'hab!

Bien alors expliquons nous, dit -elle en se retournant vers Henry, je ne veux pas vous causer des ennuis, mon cher ami...c'est bien la dernière de mes intentions...J'avoue être pratiquement à la source de l'enquête vous concernant mais reconnais aussi m'être trompée de bout à bout sur votre compte et celui de vos...complices.

D'amusés on passa à vexés, outrés, fâchés. Une rumeur de proteste citoyenne s'élevait déjà mais elle crut bon apaiser les esprits:

Ce n'est qu'une enquête de routine, et pour ce qui me concerne, cela ne passera pas de là, car je pense que ce qui se joue ici va bien au delà de ce qu'on peut supposer être un délit commun, nouvelle houle de grondement citoyen, je suis sûre, et espère ne pas me tromper que ce qui se passe dans cette maison...n'est autre chose qu'un miracle de la science...je ne suis pas loin de la vérité, n'est ce pas!?

Hoquet général, échange de regards circonspects. Le génie de service se levait déjà prête à décamper mais d'un geste  non exempt de douceur, un peu impérieuse, ça oui,  Louise le rattrapa du bras.

Non, Henry, courir vous cacher dans votre antre n'aidera pas...comprenez, si je le voulais, dans cinq minutes quelques unités spéciales seraient ici, investiraient les lieux...et vous devinez bien la suite...

Apparemment tout le monde s'en faisait sa petite idée mais encore là, elle crut bon poursuivre son explication.

Tout a commencé quand Mr. Clayton a disparu...

Et d'exposer le pourquoi du comment des soupçons, le relevé de détails incongrus, simples erreurs d'une logistique mal peaufinée, ce qui a la longue avait défini, à ses yeux, le fait de se trouver face à des bons innocents impliqués dans une affaire inusuelle. Les observer lui avait fourni plus de preuves qu'espéré, pas pour les inculper, que du contraire.

J'ai lu quelques publications du Dr. Warrington, me suis entretenue avec beaucoup de personnes...ai lu vos livres, Mr. Clayton...et puis, cet après-midi quand je suis venue remercie Miss Fischer de son gâteau au chocolat, j'ai remarqué vos coups de soleil et ceux du Dr. Lescot...or les derniers jours avaient été gris et pluvieux...et puis...le voyage de ces demoiselles...et leur retour...inopiné...

On la jaugeait d'un air vexé au delà des mots. Louise n'était pas à ça près, elle avait vécu bien pire mais là cela lui faisait presque mal, pour la première fois de sa carrière elle sentait une empathie certaine avec ses suspects.

*Tu vieillis, t'amollis...deviens sentimentale!*

Dans son coin , Majors se permit un soupir très discret.

*Elle est devenue si merveilleusement humaine...quelle femme!*

Retranchés de leur côté, les quatre jeunes gens ne pipaient mot mais n'avaient pas l'air particulièrement ravi. Quant au maître de céans, difficile savoir ce qu'il pensait en tout cas, impossible de faire quoique ce soit, mine de rien, elle ne s'en était même pas rendue compte, Louise n'avait pas lâché son bras, le clouant ainsi à sa place.

Oui, vous avez été soumis à une observation exhaustive, je m'en excuse, mais c'est ainsi que se fait mon travail...Miss Watts et Fraülein Fischer ont voyagé, même si certaines évidences le nient, d'autres le certifient...encore leur bronzage...et je suis sûre que nous aurions aussi d'autres confirmations au cas de les demander...je sais aussi qu'il a une certaine vidéo...Si tout cela veut dire ce que je pense...vous avez réussi votre pari contre la science, Henry...et j'en suis émerveillée!

Ce n'était pas cela qui allait émouvoir le cher homme emmuré pour l'instant dans un silence buté, arborant son air des pires jours.

Je suis consciente que vous avez bien de quoi m'en vouloir tous...je vous ai menti, joué de votre bonne foi et croyez moi, je m'en veux...Majors s'en veut...et on fera de notre mieux pour remettre la situation sur son droit chemin..quoiqu'entre nous, elle ne s'en est jamais trop déviée...disons que cette enquête devait être la dernière...ma dernière...mon chant du cygne...lubie de vieille femme...on m'a passé le caprice et c'est bien comme ça...on me le doit bien!, sourire las, je fermerai le dossier, sans plus...le FBI oubliera Henry Warrington et ses agissements étranges...mais il faudra faire attention dans le futur...qui sait...

Elle laissa flotter la question et se leva en se sentant tout à coup vieille et fatiguée.

Désolée de vous avoir imposé tout ceci mais il le fallait, elle reprit son identification du FBI et la rangea dans sa poche avec un soupir, voilà qui est fini...pas aussi en beauté que voulu mais bien fini...je voudrais juste vous demander une chose, Henry...juste une...à part de ne pas trop m'en vouloir...pourrais-je jeter un coup d’œil...un simple coup d’œil à votre laboratoire...je jure ne regarder qu'une minute...
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Martin Lescot
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MessageSujet: Re: Des rencontres de choc   Lun 28 Mar - 11:18


Et pfft, elles s’étaient évaporées. Au moins, aucune souffrance n’était à redouter puisque lui-même avait subi ça quelques jours auparavant. Bizarre de se sentir aussi… con, inutile. Martin avait l’habitude de régenter bien des choses au quotidien. Voilà donc une première pour lui de se retrouver à ne pas savoir que faire sinon attendre le retour des filles. Dave semblait aussi déphasé que lui, déjà ça. ;

*Un seul être vous manque et tout est dépeuplé…*

Phrase que l’on dit, que l’on vit… parfois, mais qui n’arrange rien.

Haut les cœurs ! déclara-t-il en donnant une grande tape dans le dos de son copain. Question à deux balles : on mange quoi ?

Dave proposa de commander. Martin n’était pas radin mais avait vu les tonnes de provisions rapportées par les filles lors de leurs shoppings.

On va pas gâcher cette nourriture, hein ? Ce serait impardonnable à l’heure actuelle… Oui, je l’accorde, suis assez écolo sur les bords. Puis, je suis certain que si Toni et Nell trouvent des légumes moisis ou des paquets périmés dans le Frigidaire, elles nous dégomment !

Que pouvait-on concocter avec du jambon, des poireaux et autres mets ?

Vais essayer des croquettes. J’ai lu une recette et… Ben oui, je ne regarde pas que des vidéos débiles sur le net pour une fois que j’ai du temps à revendre !
Tu haches les oignons, je malaxe le reste, ok ?


Pas à dire, on ne louait pas assez les talents des filles. Dave pleura, se coupa, Martin crut se fouler un doigt et se brûla avant de complètement oublier le minutage du four et cramer le tout.

C’est rien Henry, rien du tout. Arrête cette alarme incendie (toux profuse et rires)
On est cuits, soupira le toubib en prenant éponges et produits ménagers.

Henry avait été ouvrir la porte à un visiteur qui s’avéra être la « charmante » voisine d’en face. Il était paumé, il lui avait vraiment écrasé le pied en lui fermant la porte et ne savait plus quoi faire. Allez, Martin endossa son rôle de médiateur et alla parlementer.
Une invitation à dîner ? Qui pouvait refuser vu les minables capacités exposées ?

Ce sera un plaisir, un honneur, chère voisine… Nos amies ? Parties en vacance… euh, la fumée ? Ça va passer. À ce soir alors, et merci beaucoup !

On tua le temps en attendant l’heure. Les filles avaient appelé, tout baignait pour elles. Toni semblait très excitée par l’endroit :

Elle n’a pas beaucoup voyagé jusqu’ici, je crois. Et toi… ? Ah bon ? .. euh moi ben, entre Paris la Normandie et l’Angleterre, j’ai eu des congrès médicaux en Afrique, aux Amériques, pas grand-chose en somme. On voit l’aéroport, la salle de conférence, un bout de pyramide ici, un building là… Ouais, l’Espagne aussi maintenant ! … Ok, plus d’huile de foie de morue promis, on sera plus prudents la prochaine fois !

On rit, joua aux cartes et attendit le soir.
Lorsqu’Henry se présenta à eux dans un costume à carreaux datant sans doute de 30 ou 40 ans, les garçons faillirent s’écrouler de rire. Fallait moderniser le bonhomme à qui la voisine avait manifestement tapé dans l’œil quoiqu’il s’en défende. Dave commanda un costume aux normes en express, Martin rafraîchit la coupe de cheveux du bougon de service qui fut très présentable à la porte où ils sonnèrent. Eux s’étaient sapés décontracté. Il ne s’agissait que d’un bon voisinage après tout, pas de rencontrer la reine d’Angleterre. Et pourtant…
Reçus par le groom... pardon, le neveu, les garçons durent poireauter un peu avant de voir leur délicieuse hôtesse se manifester.
Cette Louise était… adorable. Très bien éduquée manifestement et rodée aux mondanités quoique sans extravagances.

*Louise Stark… faudra chercher sur le Net… sait-on ? *

Bonne ambiance, bons mets. Cependant, malgré les attitudes relâchées, quelque chose dérangeait Martin. Ses années de psychologie lui revenaient-elles ? Un minuscule détail ici voire là, le dérangea mais moins qu’un tracas qui, avouons-le – ne l’avait pas quitté une seconde depuis la disparition des filles.
Que fabriquaient-elles ? Allaient-elles bien ? Eux, ils étaient là à se bâfrer gentiment tandis qu’elles auraient pu subir mille affres et eux les surveiller.

On devrait aller voir, souffla-t-il discrètement à Dave.

Accord conclu.

(toux) Henry… je m’en veux d’avoir cramé la cuisine tantôt. Est-ce que l’on ne pourrait pas…

Dave le relaya et on prit enfin congé.

Catastrophe ! Le voyant signalant la position des filles n’était plus sur les écrans. Puis… aberration : les filles étaient à l’étage.
Pour courir, on courut. Deux anges… des anges dorés mais des anges quand même étaient sagement sous leur drap.

Toni… ma belle : Wache auf, wake up, réveille-toi…

La suite fut du pur délire. Pour les filles ensommeillées, on était la veille de leur envol, pour eux, elles étaient parties des heures plus tôt.
Les preuves furent exposées, constatations physiques et picturales à la clé. N’empêche que pour une tuile, c’était un gouffre d’incompréhension.

Là, là ! C’est pas grave. Dors Toni. Après tout ce que vous avez fait pendant une semaine, il y a de quoi être crevée.

Nell, elle, ne tenait pas en place. Elle voulait savoir, comprendre comment un tel phénomène s’était produit. Parfois Martin émit une remarque mais préféra laisser Dave se démerder avec la puce excitée.
Bizarre pour Martin d’avoir dans le creux de son bras une fille… confiante. Là, abandonnée, Toni ressemblait à un oisillon au nid dans la chaleur des plumes protectrices.

*Elle aussi est blessée quelque part… elle a confiance… Es-tu digne de confiance, Martin ? Est-elle digne de TA confiance ?...*

La réponse interne fut oui mais quand les deux autres eurent fini de se chamailler sur le pourquoi du comment de l’affaire, Henry réclama une séance d’hypnose.
L’opérateur tout désigné fut sa pomme :

Eh, non, pas moi ! Dave, je t’ai raconté avoir déjà pratiqué la psycho mais de là à… Oui Henry, je peux… mais…

Et merde ! Quand faut y aller…

Ok. Toni, tu vas suivre cette lumière… gauche, droite, gauche droite(lentement)... tu es relaxée, détendue… je suis là, je te suis pas à pas… tu remontes le temps… Tu vas à Hawaii avec Nell. Tu te sens bien ? Nell est là. Je suis là.

La respiration profonde démontrait la détente du sujet. L’hypnotiseur pouvait à présent faire parler son sujet :

Vous êtes, Nell et toi, arrivées à destination. Tout va bien… Que faites-vous ?... Elle filme… tu commentes… chambres de… quoi ? euh ?.. ah ? ouf. Ok…

Nell, assez fermée en arrière, traduisit le tout sauf la dernière phrase qu’en raison de ses progrès dans la langue de Goethe il capta très bien :

Ich vermisse dich, Martin…

Hein ? Pourquoi diable disait-elle ça ? De sa vie, autant qu’il s’en souvienne, Martin Lescot n’avait rougi. Là, face à un aveu totalement involontaire, il devint tomate.

C’est... c’est très bien mais… je suis là. À trois, tu te réveilles. Un, deux, trois…

Que dire face à des mirettes si innocentes plantées dans les siennes ?

Tu... tu as été géniale… marrant que tu piges absolument tout quand je te parle anglais… tu vas bien ?

Une caresse sur la joue engage peu d’autant qu’Henry s’avoua satisfait mais aussi frustré.

*Remettre ça avec Nell ?*

Là, à la surprise générale, tout partit en vrille.
Pas besoin d’être un pro pour comprendre que Nell était terrorisée. Vite, il retraça ses cours et conclut :

*Trauma antérieur… *

Peu importe l’origine, le fait est que la petite paniquait à fond la caisse.

Stop, Nell. On ne te fera rien sans ton consentement. Calme-toi...

L’hystérie ne s’arrête en principe que par une paire de baffes à l’intéressé sauf injection de valium à portée. Le temps qu’il plonge la main dans sa trousse, Martin entendit la claque. Hélas, cela n’arrêta pas la disjonctée à qui on courut après dans le jardinet.
Tiens, il tenait la main de Toni ? En tout cas, tous aboyaient, chiens voisins compris :

Ne précipite rien, Nell ! Je ne te le ferai pas. Je…

Oh, oh… Le gars d’en face et sa tante au portillon ? Johnny retenait la folle, déjà ça. Chacun y alla de ses dires :

… C’est qu’une petite crise… non, elle n’est pas folle… non, pas de drogue… ? C’est vous qui êtes fous…

Les répliques fusèrent jusqu’à l’effondrement de Nell. Là, Dave prit les choses – enfin, la petite chose – en main et la ramena à l’intérieur.

… Laisse-moi l’examiner. Je suis toubib, nom de Dieu !

Quelques vérifications express plus tard, il déclara :

Etat de choc. Ça ira. On la couvre, faut du chaud.

Dave et lui coincèrent Nell entre eux. Tiens, Louise amenait du chocolat.

Bonne idée, merci. Bois Nell, doucement. Là, ça va aller… encore une gorgée…

La présence insistante des voisins dérangeait les quatre conscients, impossible de les mettre dehors pourtant, pas sans une explication crédible. Nell le comprit-elle en reprenant ses sens ? Elle ne délirait plus au moins. On pensa être quitte sauf que :

Et nos réservations, on fait quoi ?

Ne voilà-t-il pas que Majors intervienne, s’emmêle les pinceaux, et que Louise soupire…

*On n’est pas cuit, on est cramé…*

Sa pensée pessimiste n’égalait pas qui arriva ensuite car, d’un geste pleine de grâce, Mrs. Stark déposa sur la table une plaque très identifiable :

Bien, mes chers voisins...FBI...ce serait sympathique si on pouvait tirer quelques détails au clair…

Bordel… murmura Lescot, anéanti.

Des idées multiples durent secouer l’assistance. Le fait demeurait : ils avaient tous été dupés de main de maître mais, dans le fond, que craindre ? Martin s’interrogeait mentalement :

*Je ne connais rien aux lois fédérales américaines mais, en France, on ne pourrait nous accuser d’aucun crime ! On ne fait que des expériences un peu… différentes mais pas illégales, ni menaçantes pour la sûreté de l’État…*

Ses potes semblaient aussi sous le choc d’avoir retenu l’attention des investigations sauf Dave qui avait du mal à contenir un fou rire. Bon, s’il en riait, c’est que ce n’était pas si grave que ça.
Seul Henry s’était fermé. Sourcils froncés, on aurait presque pu entendre la mécanique de son cerveau en ébullition.

*Il râle, pauvre vieux…*

Louise se lança alors dans des explications renversantes. Chacun y réagit à sa façon surtout quand le mot complice fut lâché :

S’il y a complicité, elle n’est QUE bienveillante ! Dites compères, et vous serez plus proche sur notre degré de relations, insista Lescot.

Quoiqu’il en soit, il apparut bientôt clairement que le flair de l’agent vieillissante n’était pas émoussé. Elle avait suivi son instinct au départ de la disparition de Clayton, et ses conclusions prouvaient sa clairvoyance. De plus, elle n’en voulait à personne, s’excusait de ses mensonges, pliait doucement bagage :

… je fermerai le dossier, sans plus...le FBI oubliera Henry Warrington et ses agissements étranges...mais il faudra faire attention dans le futur...qui sait...

Était-ce une tactique pour les amadouer ? Martin hésitait à se prononcer. Souvent, il avait vu prêcher le faux pour connaître le vrai. Les manipulateurs, il en connaissait, en médecine du moins. Lors de stages en psychiatrie, il avait vu des gens à qui on aurait donné le bon Dieu sans confession se transformer en démon… Louise était-elle de ce type ?
Il se méfia d’autant plus quand l’agent embobina suffisamment Henry pour qu’il lui ouvre son bunker.

Dave, souffla-t-il à l’intéressé, on ne peut pas le laisser tout lui montrer !

Apparemment, l’écrivain partageait son avis, de même que les filles qui faisaient leur possible pour ralentir le train. Hélas, très galant, complètement sous le charme quoiqu’un poil encore réticent, Henri ouvrit le naos. Un silence religieux s’en suivit. La mâchoire de Johny Majors faillit se déboiter d’incrédulité face aux installations et écrans multiples. Puis, les yeux pétillants, il se mit à fureter dans les coins. Ensuite, il prit une mine sévère :

Ici, il y a de quoi espionner le globe dans son entièreté Vous aviez raison Mrs. Stark, ce sont des criminels !... Non ?... Comment ça pas le but ?

Comme frappé par une révélation divine, il parut capter :

Je vois ! Il s’agit de téléportation !! C’est ça, hein ? Cela expliquerait comment les demoiselles sont parties sans véhicules et revenues par la même voie. Mais il y a eu un souci, n’est-ce pas ?

En soupirant mais trop attendri par le doux regard insistant posé sur lui, Henry se lança dans son discours personnel.

*Revenue avant l’heure du départ ? Il déraille le vieux…* songea l’agent.

Cependant, tout l’attestait, même les dires des filles. Warrington dit avoir compris ce qui s’était passé, il était bien le seul.
Tandis qu’avec une fierté indiscutable, il dévoilait ses aspirations et réalisations à une Louise admirative autant que captivée, Martin s’approcha de ses potes :

Faut pas que ces deux-là touchent aux boîtiers. Ils sont capables de les réquisitionner… Toni, chipes-en un, juste derrière toi, sur ta gauche…

Discrète, la jeune Allemande subtilisa l’engin. Restait le second hélas trop éloigné d’eux. Ils se rapprochèrent d’Henri afin de le mettre en garde alors qu’il désignait justement le bidule.

Aaah, se réjouit Majors en prenant l’objet. C’est donc votre commande ? Là, on l’allume, là, on rappelle les voyageurs ?

Henri rugit, ordonnant de poser le truc. Penaud, Johnny allait le remettre en place quand, déboulant de l’étage à grand renfort d’aboiements surgit Oscar à la poursuite des chats. Les amis, Louise et Henri étaient pile à ce moment dans l’aire dégagée d’envol. Surpris par l’invasion, Majors tourna un bouton. Martin perçut un « Nooooooooon » mais trop tard…

Son effarement valut celui des autres. Le labo volatilisé, le groupe ébranlé s’entrechoqua sur… du sable fin.

Par tous les saints… où… est-on ? balbutia Martin, perdu.

Les filles paraissaient à la fois excitées et perplexes. Toni pointa des collines et Nell approuva. On s’entreregarda, dubitatifs. Louise, remise du choc initial, confirma : ce paysage correspondait à celui d’Hawaii, à quelques détails près…

Mais si c’est bien cet archipel, où sont les buildings ? s’énerva Martin.

Il y avait de quoi être paf. Où que leur regard se porte, aucun n’apparaissait...
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